Climat : la COP21 s’achève sur un accord historique, universel et contraignant

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Après plusieurs nuits d’intenses négociations et un léger retard sur le calendrier prévu de la COP21, les 195 parties auront finalement adopté à l’unisson l’accord universel pour le climat présenté par Laurent Fabius ce samedi 12 décembre vers midi. Un accord historique qui devrait permettre de faire oublier l’échec de Copenhague, et constitue d’ores et déjà une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement de la planète.


 

L’accord de Paris, un tournant dans la lutte contre le changement climatique

L’accord est différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant […] et constitue le meilleur équilibre possible, un équilibre à la fois puissant et délicat, qui permettra à chaque délégation de rentrer chez elle la tête haute, avec des acquis importants“, a déclaré avec enthousiasme et émotion le président de la COP21, Laurent Fabius, lors de la présentation du texte final.

Un enthousiasme justifié par un texte d’accord qui se veut plus ambitieux que l’objectif initial de la COP21 et vise désormais à contenir le réchauffement “bien en deçà de 2°C” tout en appelant à “poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°“, par rapport à l’ère pré-industrielle.

La mention du seuil de 1,5 °C était une revendication portée par les petits Etats insulaires menacés de submersion par la montée des mers, et a surtout une portée symbolique et politique. Car si les engagements pris par les Etats ne permettent pas à l’heure actuelle d’atteindre une telle limitation, elle dénote toutefois une réelle volonté collective d’y parvenir à moyen terme.

Un mécanisme de révision des engagements garanti

Les 190 pays sur 195 ayant remis leur contribution, mettent à ce jour la planète sur une trajectoire toujours insuffisante de réchauffement d’environ 3 °C. Il était donc impératif pour le gouvernement français d’accorder l’ensemble des parties sur l’instauration d’un mécanisme de révision des engagements permettant une augmentation progressive des contributions déterminées au niveau national.

Le texte prévoit ainsi la soumission ou l’actualisation tous les cinq ans des contributions nationales en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement de la planète. La révision de ces contributions ne pourra se faire qu’à la hausse et interviendra théoriquement à partir de 2025, l’accord global devant entrer en vigueur en 2020.

En attendant, l’Union européenne, les Etats-Unis, le Brésil et quelque 80 pays en développement, réunis au sein d’une Coalition pour une haute ambition, qui s’est constituée durant la COP, envisageaient déjà de prendre les devants en s’engageant à une première révision avant 2020. Un “dialogue facilitateur” entre les parties signataires doit être engagé dès 2018 sur ce sujet.

Responsabilité différenciée et financement des politiques climatiques

Point essentiel pour l’ensemble des pays du Sud, l’Inde en tête, l’accord pour le climat se devait également d’évoquer et de prendre en compte la plus grande responsabilité des pays développés dans le réchauffement climatique en cours depuis le 19ème siècle.

Comme l’a expliqué Laurent Fabius, le texte “reconnait la notion de justice climatique et tient compte des responsabilités différenciées des pays“. Il stipule que les efforts doivent être accomplis “sur la base de l’équité“, et acte que “les pays développés continuent de montrer la voie en assumant des objectifs de réduction des émissions en chiffres absolus“.

De leur côté, les pays en développement “devraient continuer d’accroître leurs efforts d’atténuation (…) eu égard aux contextes nationaux différents“, formulation qui ouvre à une meilleure prise en compte des niveaux de développement.

Autre sujet sensible, le financement des politiques climatiques cristallisait depuis plusieurs mois les tensions entre pays en développement et pays développés. Pour rappel, les pays du Nord avaient promis lors de la conférence de Copenhague en 2009, de financer à hauteur de 100 milliards de dollars annuels un fonds vert pour le climat destiné aux pays du Sud d’ici à 2020. Les pays les plus pauvres exigeaient toutefois que les fonds alloués soient garantis et revus à la hausse à partir de 2020 afin de prendre en compte les politiques d’atténuation et d’adaptation aux impacts du dérèglement climatique (sécheresses, inondations, cyclones et montée des eaux).

Si le texte n’explicite pas réellement cette augmentation, il fait tout de même des 100 milliards “un plancher” amené à être relevé, et impose la présentation “d’un nouvel objectif chiffré collectif” d’aide financière “avant 2025“.

En savoir plus

→ COP21 : les points clés de l’accord universel sur le climat  (Le Monde)

→ COP21: un accord historique pour sauver la planète (L’Express)

→ COP21 : les principaux points de l’accord (France Info)

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