COP21 : une ébauche d’accord sur le climat adoptée par les négociateurs

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transition energetique en debat - ©EDF - JAYET STEPHANIEAprès plus d’une semaine de négociations entre les délégués des 195 pays présents à la COP21, une première étape semble avoir été franchie. Un texte de négociations a été remis le samedi 5 décembre en assemblée plénière et devrait servir de base à l’adoption d’un accord global contre le réchauffement climatique.


 

Une nouvelle base de négociations

Une première mouture de ce qui pourrait être le futur accord international sur le climat a été remise le samedi 5 décembre à midi par les délégués, respectant ainsi les délais imposés par la présidence de la COP21 pour la première phase des négociations.

Ce texte de 48 pages reprend dans une première partie l’ensemble des propositions de compromis de chaque groupe thématique de négociations (atténuation, adaptation, financement, etc.), et précise dans une seconde partie les notes de réflexion relatant les derniers débats sur les sujets les plus sensibles.

Nous disposons d’une nouvelle base de négociations acceptée par tous (…). Il s’agit d’écrire la suite“, a déclaré avec satisfaction la négociatrice française Laurence Tubiana.

De son côté, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et président de la COP21, a salué les progrès réalisés tout en rappelant les nombreux points qu’il reste à “approfondir et concrétiser“. Selon le calendrier prévu, l’accord final doit être finalisé ce jeudi afin de permettre un vote d’adoption général le vendredi 11 décembre à 18 heures.

De nombreux points en suspens

Malgré cette avancée positive des travaux, les négociations sont encore loin d’être terminées et la COP21 entre en ce lundi 7 décembre dans sa phase décisive. Le brouillon d’accord comporte près de 900 “crochets” qui correspondent aux différentes options que les ministres devront trancher dès aujourd’hui pour espérer aboutir à l’adoption d’un pacte universel.

Parmi les sujets toujours en suspens, le premier point de blocage concerne la limitation de la hausse des températures à 2°C maximum. Une limite jugée encore insuffisante pour plus de 113 pays très vulnérables aux effets du changement climatique, et qui plaident aujourd’hui pour une limitation plus stricte à 1,5°C.

L’autre point d’achoppement principal concerne le financement de la solidarité climatique et la participation éventuelle des pays émergents au fonds vert pour le climat. Les pays développés souhaiteraient en effet convaincre les grands pays émergents et gros pollueurs comme le Brésil, l’Inde ou la Chine de participer activement au financement des politiques climatiques dans les pays du Sud. Une hypothèse rejetée en bloc par les pays concernés au nom du principe de responsabilité différenciée.

Dernier point de discorde : la mise en place d’un mécanisme de révision des engagements des pays avant 2020, date prévue pour l’entrée en vigueur de cet éventuel accord mais qui reste elle aussi encore incertaine. Elle conditionnera en tout cas la portée concrète de cet accord global.

Les ministres entrent en action

Après une semaine de discussions techniques, la majeure partie des sujets politiques n’ont donc pas été tranchés. “Le travail n’est pas fini, des questions politiques majeures restent à trancher. Il nous faudra toute notre énergie, notre intelligence, et notre capacité de compromis, pour pouvoir arriver à un résultat“, a rappelé dans ce cadre Laurence Tubiana.

Les ministres arrivés sur place ce dimanche, prendront le relais des délégués afin d’aborder ce volet politique et devront rapidement afficher leur position. Ces derniers seront répartis tout au long de la semaine en quatre groupes thématiques présidés par des binômes de ministres du Nord et du Sud, et consacrés aux moyens de mise en œuvre (finances, transferts de technologie, etc.), à la différenciation (atténuation, financement, et transparence), aux ambitions post-2020 (objectif de long, mécanisme de révision), et aux actions pré-2020.

En parallèle, un “comité de Paris”, sous la présidence de Laurent Fabius, pilotera les débats. Cette “instance unique ouverte à tous“, selon les mots du ministre, se réunira au moins une fois par jour et retransmettra ses travaux publiquement.

En savoir plus

→ COP21 : deuxième semaine décisive en vue d’un accord sur le climat (Le Point)

→ COP21 : les négociateurs adoptent une ébauche d’accord sur le climat (Le Monde)

→ COP21 : une ébauche d’accord remise à Laurent Fabius (Francetvinfo)

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