Du petit-lait au kWh : quand le fromage devient source d’énergie

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illustration fromage - ©EDF - LOUBATON SOPHIELa méthanisation est une technologie qui permet de valoriser la matière organique en énergie (biogaz) grâce à l’action naturelle de micro-organismes bactériens. Elle permet donc de produire de l’électricité de manière respectueuse de l’environnement, sans émissions de gaz à effet de serre, et est à ce titre considérée comme un véritable atout pour la transition énergétique française. Le ministère de l’Écologie prévoit d’ailleurs le développement de près de 1.500 unités de méthanisation dans l’Hexagone au cours des prochaines années. En Savoie, c’est le petit-lait issu de la fabrication du beaufort qui permet aujourd’hui de générer de l’électricité. Zoom sur une unité de méthanisation qui a du caractère.


 

Le petit-lait de Savoie, source d’énergie

Produit phare de la cuisine savoyarde, le beaufort est un fromage d’appellation d’origine contrôlée obtenu à partir du lait cru de vache. Sa fabrication génère un résidu liquide, le lactosérum, également appelé “petit-lait”. Issu de la coagulation du lait, ce liquide sert à la fabrication de la ricotta et du beurre de baratte. Désormais, il représente une véritable source d’énergie pour les coopératives fromagères de Savoie.

Pendant longtemps, les restes de petit-lait étaient revendus aux éleveurs de cochons de la région ; plus récemment, ils étaient utilisés pour la mise au point de compléments alimentaires dans une usine de la Meuse. Problème : le lactosérum devait parcourir près de 800.000 kilomètres en camion-citerne, un trajet polluant en raison des émissions de dioxyde de carbone qu’il génère.

Dorénavant, le petit-lait issu de la fabrication du beaufort savoyard restera dans son pays de naissance : il reliera en effet la proche vallée de la Tarentaise où il alimentera une unité de méthanisation, inaugurée en octobre dernier à Albertville.

Un procédé de transformation similaire à celui qui se déroule dans l’estomac des vaches

Cette usine de méthanisation de 800 mètres carrés, développée par la société toulousaine Valbio, a nécessité un investissement de quelque 5 millions d’euros de la part de l’Union des producteurs de beaufort. Cette coopérative de 600 agriculteurs locaux va donc désormais pouvoir traiter elle-même les 100.000 litres de petit-lait générés quotidiennement par la fabrication du beaufort.

Grâce à un procédé de fermentation identique à celui qui se déroule dans l’estomac d’une vache, l’unité de méthanisation d’Albertville va permettre de valoriser le lactosérum en biogaz. Des bactéries vont se nourrir du sucre et des sels minéraux qui composent le petit-lait et ainsi générer du biogaz par fermentation. Ce biogaz est ensuite utilisé pour produire de l’eau chaude et de l’électricité.

Selon Valbio, cette unité de production devrait permettre de produire près de 3 millions de kWh d’électricité chaque année. Revendu à EDF, cette énergie électrique permettra de répondre aux besoins de 1.500 foyers français.

Spécialisée dans la valorisation énergétique des déchets agricoles et viticoles, la société Valbio a déjà installé une unité de méthanisation en Savoie. À quelques kilomètres d’Albertville, les moines cisterciens de l’abbaye de Tamié produisent de l’eau chaude depuis une dizaine d’année grâce au recyclage du petit-lait issu de leur production de… reblochon.

En savoir plus

→ De l’électricité produite… avec du fromage (Le Parisien)

→ Savoie : une usine transforme le fromage en électricité (RTL)

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