Engagements climatiques : quels sont les pays récalcitrants ?

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Cheminées de la centrale de Krakow (Pologne)Alors que les négociations climatiques, dans le cadre de la COP21, ont débuté ce lundi 30 novembre à Paris, plusieurs contributions nationales (IDNC) n’étaient toujours pas arrivées sur le bureau de la convention cadre des Nations unies contre le changement climatique. Sur les 196 contributions attendues, douze pays n’avaient pas répondu à l’appel de la communauté internationale avant le début des débats, refusant ainsi de s’engager sur des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre.


 

2,2% des émissions mondiales

Si les 195 parties de l’ONU s’étaient bel et bien engagées lors de la conférence de Varsovie en 2013 à publier leur “contribution prévue déterminée au niveau national” (en anglais intended nationally determined contribution) avant la fin du mois de mars 2015, beaucoup auront dépassé ce délai. Pire encore, certaines n’auront tout simplement pas pris d’engagements.

C’est le cas de douze pays : le Sultanat de Brunei, la Corée du Nord, la Libye, le Népal, le Nicaragua, le Panama, Saint-Christophe-et-Niévès, la Syrie, le Timor-Oriental, les Tonga, l’Ouzbékistan et le Venezuela. Des nations qui, réunies, ne pèsent que 2,2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et n’ont donc qu’un impact limité sur les négociations.

Impossibilité politique ou simple retard, ces défauts d’engagements sont pour la plupart largement justifiés. Ces pays sont pour certains en guerre, à l’instar de la Libye et de la Syrie, pour d’autres politiquement instables, comme le Timor-Oriental, rendant l‘édition d’une contribution difficile à coordonner, voire non prioritaire.

De son côté, la Corée du Nord, toujours coupée de la communauté internationale, n’a jamais eu l’intention d’y participer tandis que d’autres pays comme le Népal ou les Tonga, n’ont toujours rien publié pour cause de désorganisation ou d’extrême pauvreté. Le Nicaragua, présent à Paris, a fait connaître une position officielle lundi matin réclamant une “justice climatique” avec l’appui d’autres pays d’Amérique Latine et de l’Inde, et cela même si sa contribution n’a pas encore été officiellement déposée.

Au final, seul le Venezuela (0,83% des émissions) semble avoir fait preuve ici d’une véritable volonté d’opposition au mouvement climatique international. Le pays de Nicolas Maduro, fortement dépendant de ses importations d’hydrocarbures et membre fondateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) estime en effet comme illégitime la demande des pays développés de partager la responsabilité (même différenciée) du réchauffement climatique.

Des engagements flous pour les pays pétroliers

Outre l’exemple du Venezuela, plusieurs puissances pétrolières, dont l’Arabie saoudite, l’Iran, le Qatar, le Nigeria ou l’Angola, ont été parmi les dernières à rendre leur contribution et n’ont pas souhaité s’engager sur des objectifs chiffrés.

L’Arabie saoudite par exemple, dans sa contribution déposée le 10 novembre dernier, prévoit d’éviter l’émission de 130 millions de tonnes équivalent CO2 d’ici à 2030, mais sans indiquer toutefois par rapport à quel niveau de production et en précisant qu’elle comptera toujours sur “une solide contribution des revenus de l’exportation de pétrole à l’économie nationale“.

Les autres grands producteurs d‘énergie fossile, pétrole, gaz ou charbon, se sont également peu engagés. La Russie, où les hydrocarbures représentent plus de la moitié des ressources budgétaires, a publié des engagements peu contraignants, avec une stagnation des émissions par rapport à aujourd’hui.

Un taux de contribution très satisfaisant

Cela étant, avec 183 contributions publiées avant l’ouverture de la COP21, le gouvernement français peu s’estimer satisfait. “C’est un succès considérable“, se réjouit Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.

Ce sont “près de 95% des émissions mondiales qui sont couvertes par ces engagements en faveur du climat […] et ces contributions nous éloignent du risque des 5 ou 6 degrés et de conséquences cataclysmiques pour notre environnement“, ajoute-t-il. Reste à savoir si ces 183 parties arriveront à s’entendre d’ici le 11 décembre prochain dans le cadre d’un accord global et contraignant favorisant la concrétisation de ces nombreux engagements.

En savoir plus

→ Douze Etats n’ont pris aucun engagement de réduction de leurs émissions (Le Monde)

→ COP21: 12 pays se sont soustraits à tout engagement pour le climat (BFM TV)

→ COP21 : quels pays n’ont toujours pas publié leurs objectifs ? (Euronews)

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