La stat-up française Deinove met les bactéries au service des biocarburants

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Tout comme la mobilité électrique, les biocarburants semblent une solution possible pour remplacer les carburants dérivés du pétrole dans le secteur des transports. Cependant, l’impact environnemental des biocarburants de première génération issus de culture alimentaire est souvent loin d’être négligeable. De nombreuses ressources sont toutefois mobilisées pour améliorer l’efficacité des biocarburants de deuxième génération, qui sont quant à eux sans répercussion sur l’environnement et l’alimentation. De nombreux laboratoires se concentrent donc sur l’amélioration des moyens de fabrication, à l’image de la start-up d’écotechnologie française, Deinove : elle vient de passer au premier rang de la compétition en mettant au point un biocarburant obtenu via des bactéries. L’exploitation industrielle est attendue pour 2015.


 

Les biocarburants bon ou mauvais pour l’environnement ? 

Un biocarburant est un carburant fabriqué à partir de matières organiques, donc renouvelables et non fossiles. Mais ce carburant « propre » comporte malheureusement parfois quelques inconvénients de taille.

Les biocarburants de première génération sont produits à partir de cultures agricoles qui nécessitent de très grands espaces. Ils empiètent donc forcément sur les terres autrement vouées à l’alimentaire, voire favorise la déforestation. De fait, leur bilan environnemental est souvent loin d’être satisfaisant, et leur production en France est limitée.

Mais il est possible de développer des biocarburants à partir de produits ne concurrençant pas l’alimentation, comme le bois ou les résidus végétaux. On peut transformer la lignine et la cellulose des végétaux en alcool ou en biogaz par des procédés tels que la fermentation chimique ou la gazéification.

Les recherches se concentrent également sur les bactéries ou les micro algues qui pourraient produire des biocarburants offrant un rendement 10 à 100 fois supérieurs aux biocarburants traditionnels. Plus économiquement et écologiquement acceptables, ces biocarburants pourraient constituées la solution recherchée.

Une bactérie parfaite pour la production de bioéthanol

En 2012, la start-up française Deinove revendique une première mondiale : la production de biocarburants à base d’éthanol grâce à l’exploitation des bactéries Déinocoques.

L’éthanol, plus communément connu sous le nom d’alcool, est un carburant qui se substitue à l’essence. Il peut être obtenu à partir de la fermentation de sucre de canne, de maïs ou encore de betteraves, mais non sans répercussions écologiques. En utilisant des bactéries, il est possible d’en produire en grande quantité sur une petite surface tout en minimisant l’impact environnemental.

Deinococcus a l’avantage d’être très peu exigeante. C’est une bactérie stable et particulièrement résistante, qui peut prospérer dans un milieu purement minéral et relativement pauvre en nutriments, ce qui correspond bien au monde industriel.

Elle a le mérite de pouvoir effectuer conjointement l’hydrolyse et la fermentation, les deux procédés nécessaire à la production de l’éthanol. Elle est aussi capable de fermenter différents types de sucres simultanément, ce qui augmente le rendement final de la réaction. La fermentation génère de la chaleur, ce qui en temps normal tue les bactéries… mais pas les Déinocoques, qui sont thermophiles, travaillant à haute température. Ces bactéries semblent donc parfaitement adaptées à la production de bioéthanol.

« C’est une véritable prouesse technologique !» s’exclame le Prof Rothstein,  administrateur de Deinove et Professeur de Génétique et Développement. « Aucun autre micro-organisme n’allie un tel titre en matière de production d’éthanol avec la capacité à dégrader la biomasse non alimentaire, deux verrous technologiques fondamentaux dans le développement des biocarburants de 2ème génération.»

Des bactéries qui produisent un biocarburant à 9% éthanol

Les laboratoires Deinove ont réussi à modifier aisément le génome des Déinocoques pour améliorer au maximum leur rendement. Ils sont ainsi parvenus à tripler en 18 mois la concentration d’éthanol dans leur biocarburant, passant de 3 à 9%.

« À notre connaissance, aucun autre procédé bactérien de fermentation n’a démontré de telles capacités à ce jour : un titre élevé mais également un rendement et une productivité importants, clés de la performance industrielle. Ce procédé innovant, devenu réalité, pourrait apporter une solution industriellement rentable et écologiquement durable pour passer à l’après pétrole », annonce Jacqueline Lecourtier, ancienne Directrice scientifique de l’Institut srançais du pétrole qui a récemment pris la présidence du conseil scientifique de Deinove.

Ces données confortent le potentiel industriel, économique et technologique de ce procédé unique développé par cette start-up. “Ces résultats placent Deinove au premier rang de la compétition internationale sur les biocarburants de deuxième génération, issus de la biomasse non alimentaire”, se réjouit la société.

Le passage au stade industriel d’ici 2015

Selon le directeur général de Déinove, le rendement obtenue dans la fabrication de bioéthanol dépasse très largement le seuil « permettant d’envisager une exploitation industrielle du procédé » qui est de 5%.

Cependant, deux étapes restent encore à valider avant le passage au stade industriel prévu pour 2015. D’abord, une campagne d’essais de bioréacteurs de 300 litres, 15 fois plus grand que ceux testés dans les laboratoires. Les essais se rapprocheront au maximum des conditions industrielles. Les résultats seront connus dès cet été.

En savoir plus: 

→Net progrès pour un biocarburant français obtenu via des bactéries (Sciences et Avenir)

→DEINOVE produit de l’éthanol à 9% avec son Deinocoque (BFM tv)

→Montpellier : Deinove met au point un biocarburant grâce à des bactéries (Midi libre)

→Net progrès pour un biocarburant français obtenu via des bactéries (L’Express)

→Deinove produit de l’éthanol à 9% avec ses bactéries Deinocoques (Enerzine)

 

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