L’Alliance solaire internationale, un projet ambitieux pour les pays du Sud

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installation de panneaux solaires dans le Meknès - EDFcopyright -ERANIAN PHILIPPESi la conclusion d’un accord climatique reste toujours incertaine à la veille de la clôture des débats au Bourget, ce vendredi 11 décembre, la conférence COP21 de Paris n’aura pas été vaine et a déjà permis l’annonce de plusieurs engagements forts en faveur des énergies renouvelables. L’Inde, notamment, a profité de l’occasion pour officialiser la semaine dernière la création de l’Alliance solaire internationale, regroupant plus d’une centaine de pays dans un seul but : exploiter le potentiel photovoltaïque des pays du Sud.


 

L’énergie solaire, un objectif de développement

Souvent critiquée pour sa forte consommation d’énergie fossile, l’Inde s’engage résolument dans la lutte contre le changement climatique et le développement des énergies renouvelables. Le gouvernement indien s’est fixé au printemps dernier un objectif national ambitieux de 100 gigawatts d’énergie solaire d’ici 2022 et entend faire jouer pour cela la coopération internationale dans le cadre d’un mouvement de démocratisation des technologiques photovoltaïques dans les pays du Sud.

L’Inde propose de constituer une alliance de pays du Nord et du Sud désireux de coopérer pour développer leur potentiel dans le secteur de l’énergie solaire. Narendra Modi souhaite par ce biais réduire le coût du solaire pour donner accès à tous à cette énergie renouvelable (potentiellement abondante dans les pays du Sud), leur permettant ainsi de se développer de manière indépendante, décentralisée et durable. Une initiative qui semble trouver écho dans de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique du Sud en proie à des pénuries d’électricité récurrentes.

L’objectif de cette alliance “est de faire du solaire une partie intégrante de notre vie et de l’amener dans les villages et les communautés qui ne sont pas connectés“, a déclaré le Premier ministre indien lors de la COP21.

Réunissant déjà plus de 120 pays dont la France, cette coopération internationale accrue permettra en parallèle de développer de nouveaux marchés pour les membres de l’Alliance via la création d’opportunités supplémentaires de projets et d’applications pour les entreprises du secteur.

Une plateforme de coopération financière et technologique

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) évalue dans son dernier rapport, pour la seule énergie solaire, à plus de 1.200 milliards de dollars les investissements nécessaires d’ici à 2030. Les besoins d’investissements dans les pays du sud sont donc considérables et nécessiteront une forte coopération financière.

Le projet d’alliance qui prendra à terme la forme d’une agence intergouvernementale (l’Agence internationale pour la promotion des technologies solaires et leurs applications) mise pour cela sur un effet de masse afin de faire baisser le prix du matériel solaire et d’attirer de nouveaux investisseurs étrangers dans les technologies et applications photovoltaïques.

Les pays développés doivent partager leurs technologies propres et fournir une assistance financière aux pays en développement pour combattre le changement climatique“, a ajouté Narendra Modi.

L’alliance planchera notamment sur des mécanismes de financement innovants, et l’Inde s’est déjà engagée à contribuer à hauteur de 62 millions de dollars. Une partie du Fonds vert devrait également y être consacrée selon les déclarations du Président François Hollande.

Sur le plan technologique, elle permettra aux pays développés d’élargir leur programme de collaboration et de soutenir les synergies et l’innovation dans les domaines connectés au réseau, mais pas seulement. Dans les régions souffrant d’un taux d’électrification très faible, l’alliance pourra concentrer ses recherches sur l’émergence d’applications déconnectées et décentralisées plus adaptées (électrification de villages et mini-réseaux, lanternes solaires, chargeurs de téléphones, pompes, etc.).

L’alliance pourra également conduire des projets de recherche et développement, et concevoir des démonstrateurs pré-industriels, diffuser les bonnes pratiques et partager les expériences. Des groupes de travail pourront être créés pour développer des standards communs et des programmes d’expérimentation.

En savoir plus

→ L’Alliance solaire, réponse indienne au réchauffement climatique (RFI)

→ L’Inde lance une alliance pour (enfin) exploiter l’énergie solaire des pays du Sud (Actu-Environnement)

→ COP21 : Constitution d’une alliance solaire internationale (Enerzine)

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