Quelle place pour l’énergie nucléaire dans le mix des États-Unis ?

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reacteur nucléaire - ©EDF - QUEYREL DAVIDAvec 99 réacteurs en activité, les États-Unis possèdent le premier parc nucléaire au monde. Grâce à une puissance cumulée de 98,7 GW, le secteur nucléaire américain a généré 797 TWh d’électricité en 2014 : de quoi couvrir 19,5% des besoins en électricité du pays sans émissions de CO2. Depuis quelques années, l’énergie nucléaire fait cependant face à l’hégémonie des hydrocarbures non conventionnels. Présente en abondance dans les sous-sols américains, cette source d’énergie polluante permet à Washington de prétendre à l’indépendance énergétique. Alors que les experts estiment que 11% du parc nucléaire américain pourraient être mis en retraite dans les années à venir, quelles sont les perspectives d’évolution de l’énergie atomique aux États-Unis ?


 

La puissance nucléaire américaine devrait croitre d’ici 2020

Les États-Unis ont débuté le développement de leur parc nucléaire dans les années 60-70. Alors que les licences d’exploitation sont octroyées pour une durée de 40 ans, avec possibilité de reconduction de 20 ans, une majorité de réacteurs voient désormais arriver l’âge de la retraite.

En 4 ans, les États-Unis ont stoppé 5 réacteurs nucléaires et ont ainsi amputé leur puissance de production électrique de 6.000 MW. Et la tendance devrait se poursuivre. D’ici à 2019, ce ne sont pas moins de 2.000 MW de puissance nucléaire qui devraient cesser de produire. Les réacteurs historiques d’Oyster-Creek, dans le New Jersey, et de Pilgrim, dans le Massachusetts, devraient notamment tirer leur révérence.

Mais en dépit de ces fermetures planifiées, l’Agence d’Information sur l’Énergie (Energy Information Administration ou EIA) estime que la part de l’énergie nucléaire dans le mix électrique américain ne devrait pas pour autant décliner. En raison d’une puissance unitaire supérieure aux réacteurs qui sont sur le point de fermer, les projets nucléaires en cours de construction devraient même engendrer une croissance de la capacité nucléaire du pays dans les années à venir.

Dans une étude consacrée à l’évolution du parc nucléaire des États-Unis, l’EIA affirme que l’atome devrait croitre de 5.000 MW d’ici 2020. 5 nouveaux réacteurs nucléaires sont actuellement en cours de construction et certains chantiers ayant récemment accumulé du retard devraient être achevés dans les années à venir (centrale nucléaire de Vogtle en Géorgie, centrale de Virgil C. Summer en Caroline du Sud…).

Quelles place pour l’énergie nucléaire sur le long terme ?

Dans une étude publiée en début d’année, l’EIA affirmait également que la part de l’atome dans le mix électrique américain devrait se maintenir à son niveau actuel au cours des deux prochaines décennies. À l’horizon 2040 cependant, la part du nucléaire pourrait éventuellement entamer son déclin, et diminuer de 16%.

En raison de l’hégémonie du charbon (39% du mix électrique américain en 2014) et du gaz naturel (27%), les États-Unis ne font pas figure de bon élève en matière d’émissions polluantes à l’heure de la COP21. Le système de production américain actuel génère en moyenne 500 tonnes de CO2 pour chaque gigawattheure d’électricité produit.

Si la puissance nucléaire des États-Unis venait à être remplacée par des moyens de production au gaz naturel, ressource abondante sur le territoire américain et donc peu chère, les émissions polluantes du secteur énergétique augmenteraient de près de 15%.

Malgré le taux de croissance des sources énergétiques renouvelables intermittentes (solaire et éolien), les États-Unis cherchent leur indépendance énergétique du côté des matières fossiles polluantes. Notamment, depuis 2006 et la révolution du gaz de schiste, du côté des hydrocarbures non conventionnels. Les experts estiment que cette indépendance pourrait être atteinte d’ici à 2035. Mais à quel prix pour l’environnement ?

En savoir plus

→ États-Unis : quelles perspectives pour le plus grand parc nucléaire du monde ? (Connaissance des énergies)

→ US nuclear capacity on the rise despite plant closures (Business Green, en anglais)

→ EIA: Nuclear capacity set to rise despite recent shutdowns (Utility Drive, en anglais)

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