Ségolène Royal en tournée pour le climat en Afrique australe

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Temasol : l'accÈs ‡ l'Ènergie pour les populations dispersÈes du Maroc.La ministre française de l’Écologie a entamé au début du mois d’août une tournée africaine pour préparer la Conférence sur le climat COP21 qui se déroulera au mois de décembre à Paris. Partant à la rencontre des dirigeants africains dans des pays à la fois peu émetteurs de CO2 et déjà fortement touchés par le réchauffement climatique, Ségolène Royal souhaite ici redonner du poids à ces pays en développement et s’assurer de leur soutien lors des négociations climatiques à venir.


 

Pour une meilleure prise en compte du continent africain

Alors que l’Afrique est l’une des premières victimes du réchauffement de la planète, elle est trop souvent négligée dans les négociations internationales sur le changement climatique et doit aujourd’hui y être mieux intégrée. Le gouvernement français, organisateur de la prochaine conférence COP21 entend bien faire de se rendez-vous un événement universel et solidaire, associant l’ensemble des puissances africaines aux grandes puissances mondiales.

Lors de la conférence sur le climat de Copenhague et celle de Lima, j’ai été frappée par le peu de prise en compte du continent africain. L’Europe est trop tournée sur elle-même, elle ne regarde pas assez les pays en développement alors qu’ils subissent l’impact du réchauffement et qu’ils ont des solutions à proposer“, explique au Monde Ségolène Royal.

Dans ce cadre, la ministre de l’environnement a pris la tête d’une délégation française pour le climat, l’énergie et la biodiversité, destinée à rassurer et fédérer ces pays africains autour de la France lors des négociations de décembre. Elle a entamé, le 2 août dernier, une tournée de douze jours qui la mena successivement en Namibie, en Zambie, au Botswana, au Mozambique, et en Tanzanie, avant une dernière étape au Ghana.

L’Afrique, première victime du réchauffement climatique

Les pays africains sont particulièrement touchés par le réchauffement climatique du fait de leur vulnérabilité aux événements extrêmes comme les sécheresses, les inondations ou l’élévation du niveau de la mer, et la faiblesse des moyens financiers et politiques mis en place pour y faire face.

Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, une pluviométrie bouleversée et une saison sèche prolongée, premières causes du réchauffement, affectent durablement les cultures, et certaines variétés de mil ou de manioc à cycle long (indispensables à la sécurité alimentaire de ces populations) disparaissent tout simplement.

En Namibie ou en Zambie par exemple, les épisodes de sécheresse réguliers depuis 2013 ont considérablement affaibli les récoltes. Comme l’explique Justine Braby, membre de l’ONG Namibia Nature Foundation (NNF), “ces phénomènes alternent avec des pluies violentes qui mettent à mal l’agriculture et l’élevage extensif, l’une des ressources du pays avec l’extraction minière, la pêche et le tourisme“.

D’un point de vue énergétique, ce réchauffement fait également peser le risque de pénurie dans des pays largement dépendants de l’énergie hydraulique. La désertification croissante et la baisse du niveau des fleuves entraînent logiquement une diminution du rendement de l’énergie hydraulique et certaines installations, comme le barrage de Ruacana (qui comble aujourd’hui la majeure partie de la demande namibienne) ne fonctionnent plus que pendant la saison des pluies.

Un potentiel énergétique inexploité faute de financements

Le potentiel énergétique de ces pays africains est pourtant considérable. L’Afrique australe, pour ne parler que d’elle, présente des conditions climatiques idéales au développement des énergies renouvelables éolienne ou solaire et multiplie les projets.

L’entreprise franco-namibienne Innosun a inauguré en mai dernier une centrale solaire de 33.000 panneaux d’une capacité de 4,5 mégawatts et d’autres projets pourraient voir le jour rapidement comme un parc de 100 éoliennes et d’une capacité de 500 mégawatts à Lüderitz, sur la côte sud-ouest, .

Les vents y sont très forts et bien établis, les conditions sont idéales. Avec les énergies renouvelables, la Namibie pourrait être rapidement indépendante à 100 % et compétitive“, souligne Thomas Verhaeghe, le dirigeant français d’Innosun.

Une perspective prometteuse mais qui se heurte pourtant à d’importants problèmes de financements. Les fonds verts promis par la communauté internationale tardent à se concrétiser et l’obtention de prêts à taux avantageux sont aujourd’hui très difficiles à obtenir alors même que les besoins d’investissements sont considérables.

En savoir plus

→ Ségolène Royal: l’Afrique, «victime du dérèglement climatique» (RFI)

→ Climat : Ségolène Royal cherche alliés africains (Jeune Afrique)

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