L’OPEP et l’AIE prévoient une hausse de la demande de pétrole

Plateforme Leonis - EDFcopyright -BRANDSTROM SOPHIELes 12 et 14 mars 2014, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), et l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), ont publié leurs estimations respectives quant à la demande mondiale de pétrole en 2014. Les deux organisations prévoient une hausse de cette dernière, imputable à deux facteurs principaux : la reprise économique d’une part,  et la croissance des pays émergents d’autre part. A cette probable hausse de la demande devrait pouvoir répondre une production pétrolière également en augmentation.  


 

Une hausse anticipée de la demande mondiale de pétrole…

L’Agence Internationale de l’Energie, et l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, ont récemment revu à la hausse leurs estimations de la consommation pétrolière mondiale en 2014. C’est la deuxième fois consécutive pour l’OPEP, et la quatrième pour l’AIE.

En effet, dans un rapport publié mardi 12 mars, l’OPEP – organisation  qui représente aujourd’hui 35% de la production pétrolière au monde – prévoit que la demande en pétrole atteigne 91,14 millions de barils par jour (mbj) en 2014, soit 1,14mbj de plus qu’en 2013.

Ces anticipations diffèrent légèrement de celles de l’Agence Internationale de l’Energie, publiées deux jours plus tard. Mais le constat est le même : la demande de pétrole devrait augmenter cette année. L’AIE estime que celle-ci devrait connaître une hausse de 1,4mbj, et atteindre 92,7mbj.

… due à la reprise économique et à la croissance des pays émergents

Ce relèvement des estimations de la demande mondiale de pétrole en 2014 est imputable à deux facteurs. Le premier est un de type structurel : le développement des pays émergents, ou non membres de l’OCDE, entraîne une consommation pétrolière accrue. Selon les estimations de l’OPEP, ces derniers devraient être à l’origine d’une augmentation de la demande de pétrole de 0,82mbj en 2014.

Le second facteur est de type conjoncturel, lié à la reprise économique. Bien que l’OPEP ait constaté une baisse de 0,1mbj au sein des pays considérés comme « riches », il s’avère que cette contraction devrait être rapidement compensée par un meilleur contexte économique mondial.

Ces prévisions à la hausse viennent confirmer les anticipations de long terme de l’AIE, selon lesquelles la demande de pétrole devrait continuer d’augmenter d’ici les prochaines années, pour atteindre 96,68mbj d’ici 2018.

Une demande compensée par une augmentation de la production

Ces nouvelles estimations questionnent : la hausse de la demande va-t-elle créer des tensions sur le marché du pétrole ? Représente-t-elle un risque d’inflation ? Pour l’AIE et l’OPEP, il semblerait que non, au sens où l’offre pétrolière est en augmentation elle aussi. L’Agence Internationale de L’Energie estime ainsi que cette dernière atteindra 103 mbj d’ici 2018.

Et cela semble en effet bien parti… la production de pétrole des pays de l’OPEP est croissante : l’AIE souligne que l’Irak a atteint, en février 2014, son plus haut niveau de production depuis 1979. Une progression similaire a également été visible sur la même période, en Arabie Saoudite.

Cette production est en outre concurrencée par celle des pays non membres de l’OPEP, avec entre autres les Etats-Unis et le Canada : le pétrole de schiste et les sables bitumineux représentent des opportunités nouvelles d’extraction et de commercialisation.

Tout porte à croire, donc, qu’une demande pétrolière en hausse devrait pouvoir rencontrer une offre elle aussi en expansion. Mais cette probable absence de tension sur l’un des plus important marché des énergies fossiles, celui du pétrole, risque de ne pas être très favorable à un engagement accru en faveur du développement durable.

En savoir plus

→ Les estimations de l’OPEP (Challenges.fr)

→ Les estimations de l’AIE (Les Echos)

 

Le charbon, première source d’énergie mondiale en 2015 (AIE)

centrale charbon - ©EDF - JAMOT BERTRANDLe charbon redeviendra la première source d’énergie mondiale en 2015. C’est la conclusion d’un rapport de l’Agence Internationale de l’Énergie, publié le Lundi 16 décembre 2013. Le bas coût du charbon a conduit à son expansion comme source d’énergie primaire dans beaucoup de pays émergents. C’est le cas de la Chine, premier consommateur mondiale. Mais en Europe, des pays comme l’Allemagne ont récemment également augmenté leur consommation.


 

Consommation en hausse

Lundi, l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) a rendu son rapport annuel sur le charbon. Les conclusions sont sombres : le charbon, source d’énergie la moins respectueuse de l’environnement, redeviendra la première source d’énergie primaire du monde en 2015. La croissance du marché du charbon a été très rapide ces dernières décennies, même s’il semble qu’elle va se stabiliser après un dernier boom conjoncturel.

Le précédent rapport avait cité un taux de croissance annuelle de la demande mondiale de charbon de 2,6% d’ici à 2018. Le nouveau rapport a révisé cette prévision à la baisse à 2,3%. Ceci s’explique d’une part par les efforts environnementaux de la Chine, la progression du gaz aux Etats-Unis et la fin d’un rebond temporaire du marché en Europe.

Aux Etats-Unis, la consommation de charbon a chuté de 10,7% en 2012 à cause de la concurrence du gaz de schiste bon marché. Avec pour conséquence une hausse des exportations de charbon américain vers l’Europe. Ce phénomène conjoncturel se termine, et la consommation américaine devrait se stabiliser alors que celle de l’Europe devrait reprendre sa décrue, avec une baisse d’environ 1% par an.

Cependant cela ne suffit pas à enrayer la croissance de la demande mondiale en charbon, portée par la Chine. Entre 2007 et 2012 le taux de croissance annuel moyen mondial a été de 3,4%, et dépasse ceux du pétrole et du gaz.

La Chine, malgré des efforts pour limiter la pollution de l’air et diversifier son mix énergétique est responsable de presque 50% de la consommation mondiale de charbon. Elle a brûlé plus de charbon que toute l’Union Européenne en 2012.

Un problème environnemental majeur

Les tendances longues dominent donc. Selon Dominique Seux, chroniqueur économiste pour France Inter, l’équation est simple : « le charbon, ça n’est pas cher, il y en a beaucoup et il y en a un peu partout et facilement accessible. »

Le charbon, énergie la plus émettrice de gaz à effet de serre, représente toutefois un vrai problème pour l’environnement. Sa combustion dégage également des particules nocives pour la santé, qui saturent par exemple l’air de certaines villes chinoises.

L’AIE a rappelé que les trois cinquièmes de la hausse des émissions mondiales de CO2 enregistrée depuis 2000 proviennent de la combustion de charbon. L’année dernière 7,7 milliards de tonnes de charbon ont été brûlées dans le monde. A ce rythme-là, la hausse des températures mondiales pourrait être plus rapide et plus importante que prévue (4°C au lieu de 2°C d’ici à 2050).

Allemagne : un quart de renouvelable mais plus de 40% de charbon pour son électricité 

En Europe, la controverse bat son plein autour du mix énergétique allemand. Selon les Echos, c’est 41,5% de l’électricité qui est produite par la combustion du charbon en Allemagne, alors que 23% est produite par les énergies renouvelables. Avec la sortie progressive du nucléaire, le déficit de production a été en partie compensé par les centrales à charbon. Les bas prix du charbon américain ont accentué le phénomène.

Les deux partis politiques qui forment la coalition gouvernementale en Allemagne ont signé un programme commun stipulant que « les centrales conventionnelles (houille, lignite, gaz) font partie intégrante du bouquet énergétique et sont indispensables dans un horizon prévisible. » La fédération allemande des importateurs de charbon a annoncé une croissance des importations allemandes de charbon de 6,5 % sur l’année.

En Rhénanie du Nord Westphalie, le SPD en alliance avec les verts vient d’autoriser l’ouverture d’une nouvelle centrale à charbon. Dans cette même région allemande l’agrandissement d’une mine à ciel ouvert a été approuvé. 7.600 personnes vont être déplacées et des villages entiers seront rasés pour laisser place à une mine de charbon de la taille de la ville de Lyon.  Selon les Echos, la mine devrait produire 1,3 milliards de tonnes de charbon à destination des centrales allemandes d’ici 2045.

Il faut dire que le système de certificats d’émission de CO2 ne permet pas de limiter efficacement le recours au charbon en Europe. Un prix trop bas, 20 euros la tonne, ne constitue pas une incitation financière suffisante. Mais l’Allemagne et la Pologne se sont opposées à un gonflement des prix des certificats sur le marché.

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L’énergie tirée du charbon va continuer à progresser trop vite (La Presse)

Le charbon, première source d’énergie dans le monde (France Inter)

Energie : l’Allemagne ou l’illustration d’un paradoxe (Les Echos)

L’AIE coopère avec les pays émergents pour la sécurité énergétique

Centrale thermique au charbon dernière génération (supercritique) de Sanmenxia, province du Henan, en ChineLe 19 et 20 Novembre 2013 à Paris a eu lieu une conférence interministérielle de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Intitulée “Global Synergy for Tomorrow’s Energy”, la conférence préparait le quarantième anniversaire de l’agence qui sera célébrée l’année prochaine. Le point majeur de la conférence a été la signature d’une déclaration commune de coopération entre les 28 membres de l’agence et six pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Afrique du Sud, Inde et Indonésie). La demande énergétique de ces pays connait une croissance fulgurante et leur poids sur le marché énergétique mondial rend cette coopération essentielle.


 

L’Agence Internationale de l’Energie confrontée à de nouveaux enjeux

Depuis la création de l’agence en 1974, la situation énergétique mondiale a beaucoup changé. La mission de départ de l’AIE était de répondre au choc pétrolier de 1973. L’agence avait été créée comme un bras de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et son objectif principal était la constitution de stocks de pétrole mobilisables en cas de crise.

Depuis ses prérogatives ont évolué et se sont étendues. L’AIE est devenu une instance de dialogue entre les pays et de recherche en matière énergétique. Elle coordonne la politique énergétique de ses 28 membres selon les évolutions de la situation mondiale.

En 1974, les pays de l’OCDE étaient les principaux consommateurs d’énergie. Mais aujourd’hui leur part dans la consommation énergétique mondiale est réduite à 50%. Par comparaison, la consommation énergétique cumulée de la Chine, de la Russie, du Brésil, de l’Afrique du Sud, de l’Inde et de l’Indonésie représente désormais 40% de la consommation mondiale.

Six pays émergents et l’AIE s’engagent à coopérer pour la sécurité énergétique mondiale

Pour cette raison, l’AIE est en dialogue avec ces six Etats qui ont été les invités de la conférence tenue par l’agence les 19 et 20 Novembre, à Paris. Les représentants des ministères de l’énergie de tous les Etats présents ont signé une déclaration commune de coopération.

Les Etats ont affirmé leur volonté accroître le partage d’information et le dialogue en matière d’énergie. Ils ont déclaré avoir des intérêts communs en matière de sécurité énergétique, de technologies et de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Cette coopération deviendra d’autant plus stratégique que la croissance de la demande énergétique des pays émergents est de loin supérieure à celle des pays de l’OCDE. Les quarante prochaines années verront une hausse mondiale de la demande énergétique comprise en 27 et 61%. Les pays non membres de l’OCDE représenteront 90 % de cette croissance. Dès 2030, la Chine dépassera les États-Unis et deviendra le premier importateur mondial de brut.

Deux grandes premières pour l’Agence Internationale de l’Energie

La conférence a également mené à l’acceptation de la candidature d’un 29e membre par l’AIE. L’Estonie remplit tous les critères requis par l’agence, notamment en matière de réserves pétrolières d’urgence (l’équivalent de 90 jours d’importations). Le ministre estonien a déclaré que le pays commencerait la procédure d’adhésion aussi tôt que possible.

Pour la première fois, les 28 pays de l’agence ont émis une déclaration commune sur le changement climatique. Elle rappelle que le secteur énergétique est responsable d’environ deux tiers des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Ils ont réaffirmé leur engagement à soutenir le développement des technologies sûres et durables à bas carbone. Pour l’agence, les quatre mesures les plus efficaces et économiquement avantageuses sont aujourd’hui l’efficacité énergétique du bâtiment, l’amélioration des performances des centrales à charbon pour minimiser les rejets, réduire les émissions de méthane issues de l’exploitation du gaz et du pétrole, et réduire les subventions aux énergies fossiles.

On peut espérer que la nouvelle coopération entre l’AIE et les pays émergents, particulièrement concernés par ces problèmes, pourra mener à des améliorations dans ces domaines.

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L’AIE renforce sa coopération avec six pays émergents (La Presse)

Communiqué de Presse de l’Agence Internationale de l’Energie (en Anglais)

Pour l’AIE, l’efficacité énergétique est “le premier carburant au monde”

ampoule_efficacité_énergétiqueDans son dernier rapport “From hidden fuel to world’s first fuel?” (“D’un carburant caché au premier carburant au monde”), publié mercredi 16 octobre, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) souligne la prééminence du secteur de l’efficacité énergétique : elle va même jusqu’à estimer que celui-ci constitue désormais une source d’énergie à part entière, en plus d’être l’un des principaux facteurs de réduction des émissions de CO2 dans le monde. Dans ce rapport, l’AIE calcule pour la première fois l’importance de ce marché, ses enjeux et les efforts à effectuer en la matière.


 

Un marché en pleine croissance

300 milliards de dollars. C’est le montant qu’a représenté, en 2011, le marché mondial de l’efficacité énergétique, selon l’AIE, qui recouvre une constellation d’initiatives dont l’objectif est de consommer moins d’énergie pour un service rendu identique et à niveau égal de qualité de vie.

L’AIE estime que la croissance du marché de l’efficacité énergétique est essentiellement due à deux facteurs : des politiques publiques ambitieuses d’une part, et le prix croissant de l’énergie d’autre part. “L’échelle des investissements dans l’efficacité énergétique et leur contribution à l’approvisionnement en énergie est tout aussi importante que celles d’autres sources d’énergie établies”, souligne le rapport.

Le premier carburant au monde ?

Depuis 1973, les investissements effectués dans le domaine de l’efficacité énergétique auraient permis d’économiser 32 tonnes d’équivalent pétrole dans 11 pays membres de l’AIE (Allemagne, Australie, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède). Et pour la période 2005-2010, ces investissements ont permis d’économiser l’équivalent de 420 milliards de dollars de pétrole.

Forte de ces constatations, la directrice exécutive de l’AIE, Maria van der Hoeven, se montre catégorique : “le degré d’investissement global en efficacité énergétique et les économies d’énergie qui en résultent sont si massives qu’elles soulèvent la remarque suivante : l’efficacité énergétique ne serait donc pas seulement un carburant caché, mais le premier carburant au monde”.

Des efforts à effectuer dans les années à venir

L’AIE estime toutefois que des freins persistent en matière de développement du secteur de l’efficacité énergétique : entre autres, un manque d’information et un manque de subventions. Les investissements en matière d’efficacité énergétique ne représentent que deux tiers de ceux qui sont effectués dans le domaine des énergies fossiles. Comme l’indique le rapport :

“Le marché de l’efficacité énergétique devrait croître partout dans le monde. La croissance sera essentiellement portée par les prix et les politiques publiques. Une grande part de cette croissance devrait provenir des investissements privés soutenus par les politiques gouvernementales, plutôt que par des investissements publics directs”.

In fine, le rapport pose la question de la maturité du marché de l’efficacité énergétique, concluant que “nous avons beaucoup de travail à effectuer avant de pouvoir effectivement parler de durabilité du marché de l’efficacité énergétique”.

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Le rapport sur l’efficacité énergétique de l’AIE (en anglais)

La demande de pétrole devrait atteindre un niveau record en 2014 (AIE)

plateforme_pétrolière - EDF-Sophie-BrandstromL’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier ses premières prévisions de la demande mondiale de pétrole pour 2014. Selon l’AIE, la demande mondiale de pétrole va atteindre un niveau record l’année prochaine avec l’amélioration de la conjecture économique. Une hausse de la demande un peu moins importante devrait être enregistrée dès cette année, et ce pour une tout autre raison : les températures exceptionnellement froides enregistrées au deuxième trimestre dans de nombreux pays de l’OCDE ont soutenu la demande à une période où elle est normalement au plus bas.  


 

 

2013 : la demande soutenue pour le froid inhabituel

Cette année devrait être marquée par une hausse significative de la demande de pétrole, en dépit d’une situation économique plutôt défavorable.

« Une météo inhabituellement froide pour la saison dans l’OCDE a déclenché une demande surprise, à un moment de l’année, le deuxième trimestre, où la demande atteint normalement son point bas ».  Au cours du deuxième semestre, le seul froid aurait engendré une hausse de la demande de 645.000 barils par jours.

En juillet, l’AIE a donc revu à la hausse la demande de pétrole pour l’année 2013. La demande devrait atteindre 90,8 millions de barils par jour, soit une croissance de 930.000 barils par jour. Au deuxième trimestre, le seul froid serait responsable d’une croissance de la demande de 645.000 barils par jour selon l’agence basée à Paris.

2014 : vers un nouveau record grâce à la croissance économique mondiale

Dans sa première prévision de la demande de pétrole pour 2014, l’AIE pense que la demande va continuer de s’accélérer l’an prochain grâce à l’amélioration de la situation économique mondiale.

La hausse attendue de la consommation est estimée à 1,2 million de barils par jour par l’agence basée à Paris. Si ces prévisions se confirment, la demande mondiale de pétrole atteindrait un nouveau record, à 92 millions de barils consommés par jour.

Cette croissance de la demande, qui devrait être la plus forte depuis 2010, sera en grande partie soutenue par les pays émergents. Le seule Chine devrait consommer 385.000 barils par jour de plus l’an prochain.

Les estimations de l’AIE ne prennent toutefois pas en compte la légère révision à la baisse (-0,2%) de la croissance économique mondiale du Fonds monétaire international (FMI). Le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,8 % en 2014, et de 3,1% en 2013.

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Pétrole : l’AIE voit la demande s’accélérer en 2014 rester sage (Connaissance des Énergies)

 

L’AIE appelle à transformer les systèmes de transport urbains

périphérique de Pékin ©EDF - Samuel BollendorffSelon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), le transport représente aujourd’hui la moitié de la consommation mondiale de pétrole et environ 20% de l’énergie consommée à l’échelle de la planète. 40% de cette consommation énergétique liée au transport urbain. Sachant que la proportion de personnes vivant en ville devrait passer de 50% aujourd’hui à 70% en 2050, les besoins et la facture énergétiques du transport urbain devraient donc continuer à augmenter. Mais des économies considérables peuvent être réalisées en modifiant les systèmes de transport urbain. Dans son rapport « A Tale of Renewed Cities », l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) estime que l’amélioration de l’efficacité énergétique des systèmes de transport urbain permettrait de réaliser 70 milles milliards de dollars (53,5 milles milliards d’euros) d’économies.


 

Des bénéfices financiers, écologiques et sanitaires

Pour réaliser ce rapport, l’AIE a observé plus de 30 villes à travers le monde qui ont mené différentes politiques en matière de transport. L’AIE préconise avant tout un aménagement urbain plus performant et une meilleure gestion de la demande en transports. D’après l’agence, 70 milles milliards de dollars d’ici à 2050 pourront être économisés grâce à la mise en place de systèmes de transport urbain plus efficaces énergétiquement.

Au sein de l’Union européenne, le système de transport dépend à 94% du pétrole, dont le cours a atteint des niveaux records. L’Europe importe 84% de ce pétrole, pour un coût s’élevant à 1 milliard d’euros par jour.

De plus, les embouteillages qui coûtent des milliards de dollars à cause du carburant dépensé et du temps perdu, affectent l’environnement et la santé. En plus des économies financières réalisables, ces politiques permettaient donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’augmenter la qualité de vie en milieu urbain.

Lors de la présentation du rapport « A Tale of Renewed Citie », la directrice exécutive de l’AIE, Maria van der Hoeven, a souligné qu’il est impératif de transformer dès maintenant les systèmes de transport urbain :

« Des actions urgentes pour améliorer l’efficacité énergétique des systèmes de transports urbains sont nécessaires non seulement pour des raisons de sécurité énergétique mais aussi pour atténuer les nombreux impacts négatifs d’une augmentation du volume du transport urbain sur le climat, le bruit, la pollution de l’air, la congestion des villes et l’économie. »

Trois politiques pour améliorer l’efficacité énergétique des transports urbains

Le rapport de l’AIE s’organise autour de trois politiques directrices destinées aux responsables politiques. La première politique proposée par l’AIE est de minimiser les besoins en déplacements des individus. En aménageant la ville de manière plus intelligente, avec une accessibilité renforcée aux divers services, et en favorisant le télétravail, il est possible selon l’AIE de réduire le nombre de déplacements.

Ensuite, les modes de transports utilisés actuellement sont à changer. La part des voitures, motos, et camions devrait être réduite au profit de moyens de transports plus efficace énergétiquement comment les transports en commun, le vélo, la marche et le fret ferroviaire. L’AIE met en avant le fait qu’une augmentation des moyens de transports publics à la fois intégrés, peu chers et fréquents permet de diminuer les embouteillages.

L’AIE, consciente que la voiture reste parfois le seul mode de transport possible, préconise pour sa troisième politique l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules motorisés et des carburants qui les alimentent.

Des politiques de transport urbain clés en main

Les réalités du transport urbain étant différentes pour chacune des villes du monde (transports en commun inexistants, embouteillages très fréquents…), l’AIE a établi des conseils adaptés à chaque type de ville.

L’AIE propose donc à travers son rapport un guide à destination des responsables politiques pour mettre en œuvre ces politiques. Leur mise en place se fait en dix étapes réparties en quatre phases : planification, mise en place, observation et évaluation.

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L’AIE montre les avantages de l’amélioration de l’efficacité énergétique des systèmes de transport (résumé du rapport de l’AIE, en anglais)