Djibouti signe des accords pour développer son potentiel géothermique

centrale géothermique - © EDF - ERANIAN PHILIPPELe continent africain possède un immense potentiel énergétique. Mais, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, 57% de la population (soit 590 millions de personnes) n’avait pas accès à l’électricité en 2010. Dans un contexte de forte croissance démographique, la situation devient urgente pour l’Afrique, qui doit développer des moyens de production d’électricité supplémentaires notamment grâce aux énergies vertes. Pour ce faire, la Banque africaine de développement a récemment annoncé qu’elle financerait à hauteur de 7,5 millions de dollars un projet d’exploration en géothermie de 50 MW à Djibouti. Ce pays peu peuplé est pour l’heure fortement dépendant de ses importations d’électricité en provenance d’Éthiopie, et souhaite développer son potentiel géothermique afin de devenir plus indépendant sur le plan énergétique.


 

 

Un fort potentiel à exploiter

Le gouvernement djiboutien a récemment lancé un vaste programme de développement énergétique, visant notamment à exploiter le potentiel géothermique du pays, estimé à 1.000 MW. Cette politique volontariste, déclare le ministre de l’Énergie Ali Yacoub, aura pour mission d’ “atteindre dans un avenir très proche l’indépendance énergétique” en s’appuyant sur le développement des énergies vertes.

Deux importants accords de coopération ont ainsi été signés par le gouvernement de Djibouti. Le premier avec le Mexique (la troisième puissance mondiale dans le domaine de la géothermie), mardi 8 octobre, permettra d’explorer les ressources du pays et de développer des solutions d’ingénierie en la matière (forages, optimisation de l’énergie électrique produite par les usines géothermiques…).

Le second accord a été signé lundi 15 octobre avec la Banque mondiale, qui financera l’exploitation des ressources volcaniques de Djibouti pour produire de l’énergie géothermique. Après l’OPEP, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement et le Fonds danois pour l’énergie durable, l’Agence internationale de développement, qui est l’institution de la Banque mondiale dont l’action est orientée vers les États en situation fragile, apportera un crédit de 6 millions de dollars – sur les 31 millions que représente le projet au total.

Une nouvelle stratégie en matière de politique énergétique

Pour Djibouti, l’exploitation des ressources géothermiques représente un tournant dans le domaine énergétique. Le pays a actuellement recours aux combustibles et à l’hydroélectricité importée du voisin éthiopien afin de s’alimenter en électricité. Or, les importations de fioul pèsent très lourd dans la balance commerciale du pays. Réduction des coûts et indépendance énergétique sont devenus les maîtres mots du gouvernement djiboutien, qui souhaite réduire de 70% les coûts de production de l’électricité.

Le discours du ministre de l’Énergie abonde dans ce sens et témoigne de la volonté de mener une transition énergétique qui soit aussi une transition écologique : “Notre pays qui utilise actuellement 65% d’énergie hydroélectrique en provenance de la ligne d’interconnexion avec l’Éthiopie voisine compte devenir à l’horizon 2020 la première nation africaine utilisant 100% d’énergie verte”.

En savoir plus

→ Djibouti et le Mexique signent un accord de coopération dans le domaine de la géothermie (Afriquinfos)

→ Djibouti et la Banque mondiale signent un accord pour le développement de la géothermie (Afriquinfos)

7,5 millions de dollars pour la géothermie à Djibouti

Guadeloupe.L’Afrique possède un potentiel énergétique immense mais, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, 57% du continent africain, soit 590 millions de personnes, n’avaient pas accès à l’électricité en 2010. Avec une population en forte croissance démographique, il est urgent que l’Afrique développe ses moyens de production d’électricité. Ainsi, la Banque africaine de développement (BAD) vient d’annoncer qu’elle financera, à hauteur de 7,5 millions de dollars (5,6 millions d’euros), le projet d’exploration géothermique djiboutien de 50 MW.


 

Un projet d’exploration pour produire 50 MW d’électricité géothermique

Le projet d’exploration géothermique, qui se situe dans la région du lac d’Assal, se déroulera en plusieurs phases. Grâce au financement de la BAD, le gouvernement djiboutien va d’abord construire quatre forages d’exploration pour « quantifier la faisabilité technique et financière de l’utilisation des ressources géothermiques du Rift d’Assal à des fins de production de masse d’électricité ».

Ensuite, des industriels privés réaliseront des forages de production et exploiteront la vapeur pour produire de l’électricité et la transporter. Ce projet devrait permettre de produire, dans un premier temps, 50 MW d’électricité.

« En finançant sur une base concessionnelle la phase d’exploration du projet qui inclue les activités à risque élevé principalement liées au forage, et en endossant ainsi la plupart des risques, la Banque africaine de développement ouvre la voie à l’investissement privé pour les phases rentables du projet », explique Youssef Arfaoui, spécialiste en chef des énergies renouvelables à la BAD.

L’aide financière versée à Djibouti par la BAD est constituée d’un prêt de 5,3 millions de dollars et d’un don de 0,4 millions de dollars, venant du Fonds africain de développement. De plus, 1,8 millions de dollars seront versés à Djibouti par le Fonds d’énergie durable pour l’Afrique.

La géothermie, « une source d’énergie fiable, renouvelable et à bon marché » pour Djibouti

Djibouti a actuellement recours aux combustibles et à l’hydroélectricité importée d’Ethiopie pour s’alimenter en électricité. Les importations de fioul pèsent lourd dans la balance commerciale du pays.

Ce projet géothermique « permettra à la population djiboutienne d’accéder à une source d’énergie fiable, renouvelable et à bon marché », souligne Alex Rugamba, directeur de la BAD chargé de l’Intégration régional.

La BAD précise également que ce projet mené à Djibouti permettra aux acteurs privés régionaux de renforcer leur compétence en géothermie, ce qui bénéficiera aux pays voisins tels que l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda qui possèdent un fort potentiel géothermique.

En savoir plus

La BAD lance un projet d’exploration géothermique dans la région du lac Assal à Djibouti (communiqué de presse de la BAD)

Résumé du plan de gestion environnementale et sociale du projet d’exploration géothermique de Djibouti (BAD)