Une Rivière, Un Territoire : EDF inaugure une nouvelle agence en Savoie

LES AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES DU BEAUFORTAINAujourd’hui, la filière hydroélectrique française n’affiche plus un grand potentiel en termes de développement d’infrastructures, hormis pour des ouvrages de moyenne et petite tailles. Cependant, l’entretien et la modernisation du parc hydraulique continuent d’offrir des opportunités pour le tissu économique des régions où cette énergie occupe une place significative. En 2012, EDF, premier producteur hydraulique de l’Union européenne (avec plus de 20.000 MW de puissance installée en France), a mis en place un programme baptisé “Une Rivière, Un Territoire” afin de valoriser de façon optimale ce potentiel. 


 

Une Rivière, Un Territoire : quels moyens et quels objectifs ?

Energie d’avenir, l’hydroélectricité doit favoriser le développement socio-économique des territoires. Or, chacun de ces territoires a sa réalité propre. C’est de ce constat qu’est né le programme “Une Rivière, Un Territoire” qui, à travers l’implantation d’un réseau d’agences dans les les régions concernées, vise à accompagner leur développement économique en soutenant des projets adaptés à leurs spécificités et en favorisant l’appel aux compétences des artisans locaux.

Le programme mis en place par EDF a vocation à apporter une expertise, un soutien et un financement pour contribuer à la création de valeur et d’emploi, en favorisant l’émergence de projets innovants et d’activités économiques d’avenir dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de l’environnement. Au total, EDF envisage d’investir 1 milliard d’euros pour optimiser et moderniser le patrimoine industriel que représente la filière hydraulique d’ici 2015.

Une quatrième agence de développement territorial inaugurée en Savoie

La dernière agence “Une Rivière, Un Territoire” a récemment été inaugurée par le directeur délégué de la Division production ingénierie hydraulique d’EDF, Xavier Ursat, sur la zone Alpespace, à Francin en Savoie. Il s’agit de la quatrième agence créée par EDF en France, après celles de Rodez, Tulle et Foix.

D’ici 2020, EDF investira environ 300 millions d’euros dans la région. Trois grands projets feront l’objet d’un accompagnement privilégié : le chantier de développement hydroélectrique de la Coche (150 millions d’euros), celui de La Bâthie (50 millions), ainsi que le chantier de maintenance et de modernisation de Tignes Malgovert (80 millions). Pour ce faire, l’agence travaillera en partenariat avec de nombreux acteurs locaux – réseaux privés (Business Savoie Angels, Réseau Entreprendres) et établissements publics (Chambre de commerce et d’industrie).

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→ Une Rivière, Un Territoire en détails (PDF)

Le Centre d’Ingénierie Hydraulique d’EDF fête ses 25 années d’existence

Logo EDFEn France, l’énergie hydroélectrique est la seconde source de production d’électricité, derrière le nucléaire ; avec une part de 11,8% du mix électrique hexagonal, l’hydroélectricité est donc la première énergie renouvelable. Si la construction de très grands barrages n’est plus d’actualité, l’hydroélectricité conserve un potentiel de développement significatif. Pour cette raison, EDF investit, depuis longtemps, pour la recherche et le développement dans cette filière. Situé en Savoie, le Centre d’Ingénierie Hydraulique (CIH) d’EDF, toujours à la pointe de l’innovation, vient de fêter ses 25 ans. 


 

Le “cerveau” de l’hydraulique d’EDF

Présent depuis maintenant 25 ans sur le pôle d’excellence Energie et Réseaux au Bourget du Lac (baptisé Savoie Technolac), le CIH a pour mission d’effectuer des travaux d’ingénierie portant sur la réhabilitation, la modernisation des infrastructures existantes et la maintenance du parc hydraulique du groupe EDF. Le “cerveau” de l’hydraulique d’EDF compte par ailleurs 6 autres sites permanents disséminés dans l’Hexagone (Brive-la-Gaillarde, Grenoble, Lyon, Marseille, Mulhouse, Toulouse).

En Savoie, le CIH compte environ 450 spécialistes de l’énergie hydraulique, lesquels conçoivent en amont la construction et la maintenance des 622 barrages et 435 centrales que compte la France. Pas moins de 400 millions d’euros par an sont ainsi dédiés par EDF à la maintenance de son patrimoine hydraulique, à l’instar du récent réaménagement du barrage de Romanche-Gavet en Isère.

En tout et pour tout, les activités du CIH génèrent des commandes annuelles de 432 millions d’euros et créent de nombreux emplois. Pas moins de 2.000 salariés d’entreprises prestataires nationales et locales sont constamment présents sur les chantiers hydrauliques, en France mais aussi à l’international, grâce à une intensive politique partenariale.

Un leitmotiv : l’innovation

Le CIH d’EDF dispose d’une expertise sur 4 points cardinaux : le développement durable ; le génie civil ; l’automatisme et l’informatique industrielle ; la mécanique et électrotechnique. Cette expertise permet au groupe EDF de concevoir et réaliser divers aménagements hydrauliques (barrages, canaux, galeries), mais également des hydroliennes, des usines marémotrices et des stations de transfert d’eau par pompage.

Pour chacun de ces domaines d’intervention, le leitmotiv demeure le même : l’innovation. Les propos du directeur Jean-David Méchali, le directeur du CIH, vont dans ce sens : “L’innovation permanente, au cœur des réalisations de l’ingénierie hydraulique d’EDF, est une valeur partagée avec Savoie Technolac, avec lequel se poursuit notre partenariat. Partenariat au service du développement des énergies de demain au sein desquelles l’hydraulique occupe une place majeure”.

Pour mieux répondre aux défis énergétiques de demain, telle que la mise en adéquation de la production et de la consommation de l’électricité, le CIH d’EDF bénéficie des savoirs et savoir-faire des autres acteurs réunis sur le technopôle du Bourget du Lac, que ce soit en matière d’énergies renouvelables ou de gestion intelligente des réseaux.

Les gaz de schiste au cœur du débat national sur la transition énergétique

forage exploratoire stockage gaz salins - © EDF - Bruno ContyPour la première fois, pro et anti gaz de schiste ont eu l’occasion de confronter leurs points de vue, mercredi soir, dans le cadre du débat national sur la transition énergétique (DNTE). Malgré le changement qui a été opéré cette semaine au Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, où Philippe Martin a succédé à Delphine Batho, les prochains rendez-vous prévus au calendrier sont maintenus : un séminaire sur les débats menés dans les régions le 8 juillet, une réunion plénière le 18 et, enfin, la Conférence environnementale, les 20 et 21 septembre, à l’issue de laquelle seront remises au gouvernement les recommandations finales du Conseil national sur la transition énergétique.


 

Quelques points de consensus

Le débat sur les gaz de schiste s’est tenu à l’initiative d’Alain Grandjean, président du groupe des experts du DNTE, qui a réuni un panel de six intervenants ayant des opinions tranchées sur le sujet : un représentant du groupe Total plaidant pour l’exploitation des gaz de schiste en France, un économiste qui y est fermement opposé, et d’autres intervenants aux avis plus contrastés (banquiers et experts de l’Agence internationale de l’énergie et du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Malgré la diversité des institutions représentées et des points de vue avancés, à plusieurs reprises un certain consensus a pu émerger parmi les intervenants.

En premier lieu, tous les experts conviés à débattre ont convenu que les nombreuses différences géologiques et culturelles entre la France et les Etats-Unis rendent la comparaison difficile entre ces deux pays. Aux Etats-Unis, les gaz de schiste ont connu un extraordinaire développement depuis le milieu des années 2000 et constituent aujourd’hui près de 60% de la production américaine de gaz, à tel point que des chercheurs évoquent une « révolution énergétique ».

Facteur de réindustrialisation outre-Atlantique, l’exploitation des gaz de schiste aurait sans doute des retombées plus modestes en matière de création d’emplois en France, eu égard notamment des incertitudes relatives aux réserves enfouies dans les sous-sols du pays : les estimations oscillent entre 2.000 et 10.000 emplois, ce qui n’est pas négligeable en période de crise, comme le rappelle le directeur de Total Gas Shale Europe Bruno Courme.

En second lieu, les intervenants partagent leur scepticisme sur les techniques utilisées pour l’extraction des gaz de schiste. Pour rappel, la fracturation hydraulique a été interdite en France par la loi du 13 juillet 2011. Quant aux forages, ils produiraient des fuites de méthane et auraient par conséquent un effet négatif sur le niveau d’émissions de gaz à effet de serre.

Un sujet polémique

Dans l’ensemble, les intervenants n’ont pas hésité à prendre clairement position dans le débat et à afficher leurs différences de point de vue.

Nuançant la portée des risques environnementaux liés aux techniques d’exploitation des gaz de schiste, Bruno Courme estime qu’ « il n’y a pas d’autres raisons qu’idéologiques pour ne pas explorer » les gisements de gaz de schiste en France. L’économiste Jean-Marie Chevalier rejoint le représentant de Total et juge qu’il faut « en passer » par une phase d’exploration.

En revanche, son confrère Thomas Porcher insiste sur la nécessité d’effectuer au préalable « une évaluation économique sérieuse », condition sine qua non pour évaluer les gains économiques potentiels et « dissiper le mirage des gaz de schiste ». L’économiste a fait part de ses doutes quant aux impacts d’une exploitation des gaz de schiste en termes de création d’emplois et de prix du gaz en France et en Europe : selon lui, elle serait incompatible avec une véritable transition énergétique.

L’argument de la compétitivité est revenu à de nombreuses reprises dans le débat. Eric Besson, analyste à l’AIE, a déclaré que « si on n’exporte pas les gaz de schiste, on redonne la main aux grands pays exportateurs traditionnels et on laisse la place à des prix plus élevés ». Dans la salle, le sénateur UMP de l’Orne, Jean-Claude Lenoir, a qualifié la loi qui interdit la fracturation hydraulique de « stupide », alors qu’un représentant de l’industrie chimique dénonçait « l’inaction » autour des gaz de schiste, qui entraîne une perte de compétitivité.

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Transition énergétique : enfin le gaz de schiste ! (L’Usine nouvelle)

Les sources de production d’électricité en France (Infographie)

Mis en avant

Le mix électrique français est composé à 75 % d’énergie nucléaire et à 15 % d’énergies renouvelables, soit à 90 % d’énergies non fossiles, non émettrices de CO2. L’énergie thermique, fossile et émettrice de CO2, représentant 10 % du mix.


 

Le coût complet de l’électricité produite  varie en fonction du type d’énergie et de la nature des installations, des efforts d’innovation engagés, de la maintenance, du coût des matières premières…
Le nucléaire existant (avec un coût de production à 50€/MWh) est le socle de compétitivité de l’électricité en France, ce qui permet notamment de poursuivre les efforts d’investissements en faveur des énergies renouvelables qui n’ont pas toutes atteint leur seuil de compétitivité.

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→ Infographie sur les sources de la production électrique française (PDF)

Le mix électrique de la Réunion

SEI Réunion : Vues aériennes des sites de production de l'Ile de La RéunionEn France, les territoires insulaires ne bénéficient pas d’interconnexion à un réseau électrique continental ou alors de façon limitée. Qualifiées de « petits systèmes isolés » ou encore de « systèmes électriques insulaires » (SEI), ces régions doivent produire sur place leur propre électricité à partir des ressources locales. Dans le cas de la Réunion, l’île s’appuie sur un mix électrique marqué par de fortes capacités hydroélectriques ainsi que par une exploitation de la biomasse locale (bagasse) importante.


 

37% d’énergies renouvelables

La production d’électricité sur l’île repose pour une part importante sur les énergies renouvelables (37%), notamment l’hydraulique et la bagasse, qui assurent un tiers des besoins en énergie de La Réunion.

Le développement de ces deux sources de production électrique est dû aux caractéristiques intrinsèques de l’île : son relief et la forte pluviométrie de certaines zones (pour l’hydraulique) et la culture de la canne à sucre (pour la bagasse).

Deux centrales hydrauliques, à Sainte-Rose et à la centrale de Takamaka, procurent au territoire une énergie renouvelable et fiable qui permet de répondre aux besoins de la population notamment en période de pointe.

L’éolien et le photovoltaïque se développent également très fortement ces cinq dernières années. Depuis fin 2010, 80 MW provenant de panneaux solaires sont en service (12% de la puissance installée sur l’île) couvrant environ 4% des besoins.

Le caractère décentralisé et intermittent (dépendant des aléas climatique) de ce type de production amène des risques d’instabilité et de pannes générales sur le réseau.

EDF travaille ainsi sur des moyens de garantir partiellement ces productions renouvelables en expérimentant un stockage de haute technologie (la batterie NaS, sodium-soufre, de 1 MW installée à Saint André depuis novembre 2009).

Un territoire d’innovation

D’autres énergies renouvelables innovantes et moins intermittentes sont amenées à se développer dans l’île comme le biogaz issu de la méthanisation des déchets et les énergies marines liées au mouvement des marées.

Depuis 2008, l’usine de méthanisation la Rivière Saint Etienne transforme ainsi les déchets en biogaz qui sera à son tour transformé en électricité (2MW).

De nombreux démonstrateurs industriels d’énergies marines sont également en cours : projets Pelamis et Ceto (énergie de la houle à Saint-Pierre), projet Swac à Saint-Denis et Sainte-Marie (climatisation par l’eau de mer des profondeurs) et énergie thermique des mers au Port et à Saint-Pierre.

La Réunion est ainsi un territoire d’expérimentation et de test, notamment pour intégrer des innovations environnementales liées à l’énergie, l’urbanisme, la construction voire la mobilité (projets d’infrastructures pour les véhicules électriques).

Des centrales thermiques en rénovation

Sur l’île de La Réunion, les centrales thermiques fonctionnent, classiquement, au charbon mais également, selon les saisons, grâce à la « bagasse » (résidus de canne à sucre). L’île est l’un des rares territoires en France, avec la Guadeloupe, à posséder ainsi des centrales bagasse-charbon.

Les centrales thermiques restent nécessaires sur l’île qui, malgré une politique volontariste de maîtrise de la demande d’énergie, voit ses besoins d’électricité croître d’année en année.

EDF s’est ainsi engagé à moderniser le parc insulaire en renouvelant six des sept centrales diesels (équivalent de 1 000 MW). Les centrales thermiques à moteurs Diesel constituent, dans les systèmes insulaires, l’un des moyens les plus efficaces pour faire face aux variations de consommation d’électricité, et notamment aux augmentations fortes et soudaines de la demande.

Une nouvelle centrale à Port-Est est également en cours de construction : elle sera équipée de 12 moteurs Diesel de 18.3 MW chacun pour une puissance installée d’environ 220 MW.

 

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→ Développer les énergies renouvelables

→ Dossier Centrale de Port Est

Les sites de production de La Réunion

Rodez : 1ère agence de développement territorial de l’électricité

PORTRAITS D'AGENTS GU DU CHASSEZAC, GEH LOIRE ARDECHEL’un des enjeux de l’efficacité énergétique est de développer et de concrétiser le potentiel d’économies d’énergie à la maille territoriale. Plusieurs projets visent à venir en aide aux collectivités et aux régions pour les accompagner dans le développement de solutions énergétiques optimisées en fonction des ressources locales. Le programme « Une rivière, un territoire » d’EDF vise ainsi à apporter une expertise, un soutien et un financement aux acteurs locaux de la région aveyronnaise, dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de l’environnement. La première agence de ce type en France a ouvert ses portes en 2012 à Rodez, dans l’Aveyron.


 

Une région riche en hydraulique

Premier département en termes d’énergies renouvelables, l’Aveyron (à cheval sur les vallées du Lot, de la Truyère et du Tarn) est une région qui dispose de ressources conséquentes, notamment hydrauliques.

Le territoire, dont le tissu économique est constitué essentiellement de TPE et de PME, connait cependant un ralentissement de la création d’entreprises. L’insuffisance de moyens financiers et humains, notamment d’un personnel formé et doté d’une expertise spécifique sur les énergies renouvelables et sur l’électricité hydraulique est le principal frein à la création.

Une agence dédiée

L’agence « Une rivière, un territoire » qui a ouvert ses portes en avril 2012 à Rodez, a pour but d’accompagner les acteurs locaux pour répondre à ces besoins.

Son objectif est double : stimuler l’émergence et le développement de projets innovants et développer l’appel aux compétences des industriels et artisans locaux.

Ce développement territorial s’appuie sur la mise en place de groupes d’animation locaux pour rassembler les acteurs du territoire et faire émerger de nouveaux projets, sur l’organisation d’ateliers d’innovation et d’atelier de savoir-faire, et sur l’accès à des outils financiers pouvant répondre aux différents besoins de financement des projets.

« Une rivière, un territoire », première agence de ce type en France, sert de modèle et permet à d’autres programmes similaires de se développer ailleurs pour permettre de s’appuyer plus fortement sur les potentiels naturels, techniques et économiques des territoires et répondre ainsi à un objectif d’efficacité énergétique.

Une seconde agence « Une rivière, un territoire » a récemment ouvert ses portes à Tulle, en Corrèze, et l’ouverture d’une troisième agence est prévue pour la fin de l’année à Foix, dans l’Ariège.

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→ Le programme Une rivière, un territoire 

→ L’agence de Rodez 

→ La carte interactive