A Chamonix, une centrale hydroélectrique unique en France

LE CENTRALE HYDRAULIQUE DE KEMBS SUR LE RHINLa centrale des Bois est l’une des seules centrales hydroélectriques au monde qui exploite les torrents souterrains issus de la fonte des glaces. Ce site, enfoui sous la Mer de Glace de Chamonix, permet de produire assez d’électricité pour 50.000 habitants. Mais le recul du glacier pose la question de l’avenir du site, qui pourrait cesser son activité d’ici vingt ans au rythme de fonte actuel.


 

Une centrale dans les profondeurs de la montagne

La Mer de Glace à Chamonix est le plus grand glacier de France. Long de 10 kilomètres et s’étendant sur 35 km2, il contient 4 milliards de m3 de glaces. A la belle saison, la fonte de la glace libère de grandes quantités d’eau. Pour utiliser cette ressource et alimenter en électricité la station de Chamonix et ses centaines de milliers de touristes, EDF a mis en place une installation unique en France.

Sous la Mer de Glace, totalement invisible depuis la surface, un ensemble de tunnels captent l’eau de la fonte des glaces pour faire tourner des turbines. « On court-circuite l’eau de fonte du glacier sur quelques kilomètres pour capter son énergie puis l’eau retourne ensuite dans la rivière un peu plus loin sans avoir été transformée » a expliqué François- Régis Chevreau, responsable de l’équipe d’exploitation, au journal Le Parisien.

Le débit de la rivière sous la montagne est impressionnant: jusqu’à 15 tonnes d’eau à la seconde qui se déversent à 290 km/h sur les turbines génératrices de courant. A cette vitesse un mètre cube d’eau peut générer assez d’électricité pour faire fonctionner un radiateur pendant une heure. 

Cette centrale souterraine, creusée au cœur de la montagne, ne fonctionne que de mai à octobre. Mais elle produit 115 MWh par an, soit la consommation de 50.000 habitants. L’hiver, la centrale est en maintenance. Les équipes doivent en effet lutter contre la glace qui tend à remplir la grotte et à bloquer les systèmes de captage.

Un défi technologique

La centrale des Bois, construite au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, demande un entretien important. L’eau de fonte du glacier charrie avec elle beaucoup de sables, graviers et roches. Même si elle est filtrée, ces matières solides endommagent rapidement les turbines, qui doivent être changées tous les ans.

Le principal défi technologique est cependant posé par le réchauffement climatique lui-même. Le glacier fond plus vite qu’il ne se reconstitue. Déjà, en 2011, EDF a été obligé de lancer de grands travaux pour remonter les puits de captage de près d’un kilomètre, car les premiers, plus en aval, s’étaient retrouvés à l’air libre.

Entre 2003 et 2009, la Mer de Glace  a reculé de près de 30 mètres par an. Le site des Bois, recouvert à l’origine par des dizaines de mètres de glace, commençait alors à manquer d’eau. EDF a donc investi 25 millions d’euros pour creuser une nouvelle galerie de captage, située 800m plus en amont, sous 100 mètres de glace.

L’opération a été délicate puisqu’il a d’abord fallu localiser le torrent souterrain dans lequel se déversent les eaux du glacier. La recherche a pris un an et demi : « On a utilisé des mesures sismiques, des radars, des colorants traceurs pour suivre le cheminement des eaux de fonte, et même des sourciers ! » témoigne un responsable de l’opération.

De l’électricité à 2 centimes le kWh pour Chamonix

Les travaux ont été effectués en 2011 et devraient garantir la production hydroélectrique pour encore vingt ans. Mais le recul de la Mer des Glaces est une réalité, et l’avenir de la centrale n’est pas assuré au delà…

Pour l’instant la production continue, à l’avantage du consommateur. En effet, même si les coûts de maintenance sont élevés, le kilowattheure de la centrale des Bois est bon marché (environ 2 centimes d’euro). Et ce sans aucune gène pour les visiteurs ni dégradation de l’environnement puisque le site est totalement enfoui.

En règle générale, l’hydroélectricité est une énergie très compétitive, ce qui, combiné avec ses qualités environnementales, en fait un atout certain pour la transition énergétique. C’est la raison pour laquelle la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royale, souhaite renforcer les capacités de production hydroélectriques, notamment via la construction ou la réhabilitation de petites unités de production.

En savoir plus

Une centrale… sous la glace (Le Parisien)

Sous la glace, la lumière… (Le JDD)

La fonte des glaces contraint EDF à de grands travaux à Chamonix (Les Echos)

Toulouse : le Centre de Conduite Hydraulique fête ses 10 ans

Lâchers d'eau à Serre-Ponçon vers les ouvrages de la Durance - @EDF - DIAS JEAN-LIONELOn ne soupçonne pas toujours leur existence mais ils sont pourtant indispensables pour réguler la production d’électricité : les hommes et les femmes du Centre de Conduite Hydraulique (CCH) de Toulouse surveillent et pilotent en permanence les installations hydroélectriques des Pyrénées et du Massif Central. Au total, ce ne sont pas moins de 39 centrales hydroélectriques et 4.320 MW de puissance qui sont gérés depuis le CCH de Toulouse. Immersion dans ce centre qui vient de fêter ses 10 ans.


 

Un CCH à quoi ça sert ?

Malgré la recherche et les progrès considérables effectués ces dernières années en matière de stockage de l’énergie, l’électricité produite ne peut être stockée, sauf exceptions (les STEP en sont une, dans les régions qui présentent des dénivelés importants). Par conséquent, il est nécessaire d’anticiper et d’adapter en temps réel la production électrique nationale à la consommation du pays.

En hiver par exemple, la consommation d’électricité est environ 40% supérieure à celle de l’été, ce qui nécessite notamment de solliciter une puissance de 20 GW de plus. A cela s’ajoutent par ailleurs les fluctuations de la consommation durant la journée, avec des pics vers 8h et 19h en hiver.

EDF s’est donc dotée de plusieurs Centres de Conduite Hydraulique (CCH) en France pour superviser les installations hydroélectriques et les piloter afin d’assurer un niveau de production d’électricité au plus proche de la demande instantanée. En effet, la production issue des barrages est, avec celle des centrales thermiques, la plus facile à moduler, grâce aux lâchers d’eau. Ces CCH sont situés à Toulouse pour le Massif Central et les Pyrénées, Lyon pour les Alpes, Sainte-Tulle pour le Sud-Est et Kembs pour le Rhin.

En plus de faire fluctuer à distance la production, ces centres de contrôle hydrauliques permettent de maîtriser et de coordonner le débit de l’eau dans les différentes vallées. Enfin, une autre mission de ces CCH est de veiller au bon fonctionnement des centrales et des barrages.

16 opérateurs pour réguler la production des centrales hydroélectriques des Pyrénées et du Massif Central

C’est pour ajuster la production aux variations de la demande sur le marché de l’électricité que le CCH de Toulouse pilote 24h sur 24 et 7 jours sur 7 les barrages et les centrales hydroélectriques du Sud-Ouest et du Massif Central. Aujourd’hui ce centre gère 4 320 MW de puissance répartie entre 39 centrales hydroélectriques situées dans 9 vallées différentes.

L’action de ce centre permet de valoriser la ressource en ne produisant que l’électricité nécessaire pour répondre à la demande, permettant ainsi de réduire les pertes. Une action au quotidien, donc, mais aussi en temps de crise : le CCH de Toulouse a par exemple contribué en juin 2013 à réguler les crues exceptionnelles qui ont touché les Pyrénées.

Les missions du CCH de Toulouse requièrent à la fois une connaissance parfaite de la gestion de l’eau et du fonctionnement des équipements hydrauliques d’EDF sur l’ensemble du territoire d’intervention, mais aussi une capacité de réactivité et de coordination importante. Les 16 opérateurs du CCH agissent depuis Toulouse grâce à des moyens informatiques et de télécommunication sécurisés.

Initialement, plusieurs CCH se partageaient la gestion de la ressource hydroélectrique du Sud-Ouest : Brive pour la Dordogne et la Truyère, Le Pouget pour le Tarn et l’Orb et Sabart pour les Pyrénées. Ces trois centres ont été regroupés en un seul il y a 10 ans pour former l’actuel CCH de Toulouse.

En savoir plus

→ Le CCH de Toulouse : les Hommes de l’ombre au cœur de l’action (EDF Vie des Sites)

→ Centre de Conduite Hydraulique de Toulouse (EDF)

→ Le CCH de Toulouse (EDF)

→ Plaquette Unité de Production Sud-Ouest (EDF)

L’hydroélectricité, une fillière importante pour l’économie des Pyrénées

AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES ISERE : PIZANCON, LA VANELLE, BEAUMONT-MONTEUXL’hydroélectricité représente un vivier d’emplois et de développement économique important pour les territoires. Les collectivités locales des Pyrénées, où sont produits un cinquième de l’hydroélectricité française, sont conscientes de cet enjeu : elles ont organisé l’Hydromeeting pour mettre en relation les acteurs de la filière et préparer l’avenir. La transition énergétique s’appuie sur l’énergie hydraulique, en tant que source de production propre et seule option de stockage électrique à grande échelle pour stabiliser les réseaux.


 

Les chiffres de l’hydroélectricité rappelés à l’Hydromeeting

Le jeudi 11 décembre 2014 s’est tenu à Tarbes la deuxième édition de l’Hydromeeting. Organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie, ce rassemblement des acteurs de la filière de l’hydroélectricité en région Midi-Pyrénées a été l’occasion de revenir sur la place stratégique de l’énergie hydraulique dans le mix électrique français. 65 producteurs et 115 entreprises prestataires étaient présents à cette réunion, les Pyrénées représentant une région clé pour la production hydroélectrique.

Plus de 25.000 GW de centrales hydrauliques sont installés en France. Ils permettent de produire près de 65.000 GWh d’électricité, dont 20% dans les Pyrénées. Au niveau national, le secteur hydroélectrique représente plus de 10.000 emplois directs et 7.000 emplois induits. Son chiffre d’affaires total dépasse 4 milliards d’euros, dont 1,1 milliard est reversé à l’Etat (721 millions en 2012) et aux collectivités territoriales (380 millions en 2012). 

L’hydroélectricité est donc un vivier d’emplois et une opportunité de développement économique pour les territoires. Dans les Pyrénées, les 80 producteurs du secteur font vivre 300 entreprises fournisseurs et prestataires de services. Ces emplois ne sont pas délocalisables, car ancrés dans les territoires par les richesses naturelles. Ils permettent de maintenir l’activité dans les vallées, notamment les plus reculées.

Un secteur pilier pour la transition énergétique

Dans les Pyrénées, EDF exploite 133 ouvrages. D’une capacité de production de 800 MW, ces installations couvrent l’équivalent de la consommation d’un million de ménages. 500 agents sont mobilisés pour entretenir et faire fonctionner ces installations. Les barrages ne servent pas seulement à produire de l’électricité mais contribuent à l’irrigation des cultures, au tourisme et à la stabilité du débit d’eau, qu’il s’agisse de sécurité anti-inondation en cas de pluies intenses ou de soutien à l’étiage en cas de sécheresse.

« L’hydroélectricité s’inscrit dans la très longue histoire des énergies renouvelables, avec d’excellents rendements. C’est l’énergie la plus abondante et la seule que l’on soit capable de stocker, ce qui permet de soutenir l’ensemble du réseau électrique lors des pics de consommation » a expliqué Christian Caussidery, directeur d’agence chez EDF, lors de l’Hydromeeting.

Utilisant simplement la force motrice de l’eau, la production hydroélectrique utilise une énergie qui se renouvèle en continue, au fil des pluies et de la fonte des neiges, et qui n’émet pas de CO2. Les lacs de barrage et les STEP peuvent stocker l’eau et faire varier la production électrique en fonction des besoins. A l’heure où les réseaux électriques doivent compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien, l’hydroélectricité fournit une solution propre et complémentaire.

Conscients de cette réalité, les pouvoirs publics ont misé sur l’énergie hydraulique. Les capacités de production doivent être augmentées de 3.000 MW à l’horizon 2020 par rapport à 2006. Le secteur de l’hydroélectricité possède un véritable potentiel de développement économique pour les territoires, notamment grâce aux programmes de rénovation des installations existantes.

EDF investit 100 millions d’euros dans les Hautes-Pyrénées 

Le cadre législatif a changé et est devenu plus stricte du point de vue écologique. Si cela veut dire que la création de nouveaux ouvrages va être limitée, cela signifie également que les anciens ouvrages doivent être mis en conformité et rénovés pour une production plus efficace et plus respectueuse de l’environnement. Sur la période 2013-2018, l’agence de l’eau a estimé que 540 ouvrages devront subir des travaux.

Dans ce contexte, les opérateurs ont déjà commencé à investir. La Société Hydro-Electrique du Midi prévoit 30 millions d’euros d’investissement en 2015. EDF pour sa part a programmé 100 millions d’euros de travaux dans les Hautes-Pyrénées jusqu’en 2019. Cette manne va profiter grandement aux territoires puisque les travaux mobilisent de nombreuses entreprises locales.

Pour s’assurer que les contrats bénéficient bien aux acteurs locaux, EDF a créé le programme Une Rivière, Un Territoire. Ce programme aide au développement économique de proximité avec un apport d’expertise et de soutien, pour faire émerger des projets innovants et valoriser les compétences locales. Il dispose d’un fonds de financement qui peut allouer des prêts participatifs ou investir dans des entreprises locales pour permettre la réalisation des projets.

En savoir plus

→ L’hydroélectricité, moteur de l’économie locale (La Dépêche)

→ CCI : 2ème édition de Hydromeeting, les rencontres d’affaires de l’hydroélectricité pyrénéenne (tarbes-info.com)

Le Pogramme Une Rivière, Un Territoire (energie.edf.com)

Hydroélectricité : 2014, une « année exceptionnelle » en Ariège

AMENAGEMENT HYDRAULIQUE DE LAPARAN, ARIEGE - @EDF - CONTY BRUNOL’année 2014 a constitué, pour reprendre les termes de Stéphane Lemasson, directeur EDF Hydraulique Aude-Ariège, une « année exceptionnelle ». En effet, ce ne sont pas moins de 10 millions d’euros qui ont été investis dans le cadre de travaux menés sur différentes installations hydroélectriques d’EDF en Haute-Ariège. Des travaux de grande ampleur, qui ont été l’occasion d’utiliser des méthodes inédites et qui ont même conduit à faire une surprenante découverte. En effet, des obus et des cartouches de la Seconde Guerre Mondiale ont été découverts dans les sédiments du barrage de Campauleil.


 

10 millions d’euros investis en 2014

Un plan de rénovation de plusieurs installations d’EDF est actuellement mené dans les Pyrénées, et devrait conduire à près de 90 millions d’euros d’investissements d’ici à 2020. La seule année 2014 a fait l’objet de 10 millions d’euros d’investissements, auxquels il est possible d’ajouter entre 5 et 6 millions d’euros de retombées indirectes pour l’économie locale.

Plusieurs grands projets de rénovation ont été menés durant l’année, principalement dans la vallée de l’Oriège, dans le Sud du département des Hautes-Pyrénées. Par exemple, des travaux ont été menés sur les barrages de Campauleil, de Goulours, sur l’usine du Teich, ainsi que sur la conduite forcée d’Orlu. Le déploiement d’un système de surveillance à distance « e-exploitation » sur l’ensemble des centrales hydroélectriques a débuté et la rénovation de la conduite forcée d’Aston devrait débuter dans les prochains mois.

Des travaux parfois réalisés dans des conditions difficiles, puisque certains chantiers se situaient en haute montagne ou se trouvaient dans des zones peu accessibles. Une base de vie a par exemple été installée à 1.300m d’altitude pour les intervenants du chantier d’Orlu. A Campauleil, EDF a dû acquérir des terrains et mettre au point des conventions avec les communes pour créer un sentier d’accès sur la rive droite.

L’utilisation inédite d’un robot développé par EDF

Les travaux de requalification électrique de la centrale d’Orlu (mise en service dans les années 1960) et été menés par EDF et RTE et divisés en deux campagnes sur la conduite forcée d’Orlu et sur le barrage de Campauleil. D’une durée de deux ans, ces travaux ont nécessité d’arrêter ces installations en 2014.

Pour refaire la peinture intérieure de la conduite forcée d’Orlu, un robot peintre a été développé par EDF. La conduite, d’un diamètre de 1,50m, d’une longueur de 2.147 mètres et d’un dénivelé de 987 mètres, souffrait de la corrosion et de l’usure liées au passage de l’eau.

L’utilisation de ce robot nécessite d’importants travaux de conception et de paramétrage (notamment pour disposer une couche régulière de peinture de 500 microns) mais a pour principal avantage de renforcer la sécurité des intervenants sur le chantier. Ce robot, aujourd’hui certifié CE, est unique et capable d’intervenir à la fois aux étapes de sablage, de nettoyage et de peinture.

Un soin particulier a été porté à l’environnement dans le cadre de ce chantier, puisque le sable, l’eau et la peinture récupérés pendant les travaux ont fait l’objet d’une analyse et d’une dépollution.

La découverte d’obus et de cartouches de la Seconde Guerre Mondiale

Le barrage de Campauleil a quant à lui fait l’objet de travaux importants visant à mettre en place un nouveau dispositif d’évacuation des crues. Fin 2013, près des deux tiers de la structure existante ont été démolis et les structures métalliques ont été évacuées. Un évacuateur « en touches de piano » mis au point par EDF a ensuite été installé pour multiplier par quatre la capacité d’évacuation d’eau.

Afin de mener à bien ces travaux, il a été nécessaire de vider la retenue d’eau, ce qui a conduit à faire une surprenante découverte au printemps. En effet, une centaine de cartouches et 24 obus de la Seconde Guerre Mondiale ont été découverts dans les sédiments du barrage. Le service de déminage de la protection civile de Toulouse est intervenu pour retirer ces explosifs.

Aujourd’hui, le barrage est remis en eau et la retenue reprend sa forme habituelle. Au total, la vallée de l’Oriège alimente en électricité la moitié du département de l’Ariège. Les travaux sur les installations hydroélectriques des Pyrénées devraient durer jusqu’en 2020.

 

En savoir plus

 → Fin des grands travaux d’EDF en Haute Ariège: 10 millions d’euros d’investissement en 2014 (Ariège News)

→ Découverte insolite sur le chantier EDF du barrage de Campauleil: 24 obus et une centaine de cartouches de la seconde guerre mondiale (Ariège News, mai 2014)

→ EDF a investi 10 M€ dans la vallée de l’Oriège

Guyane : le barrage de Petit-Saut fête ses 20 ans

BARRAGE DE PETIT SAUTGrâce à ses 116 MW de puissance, le barrage de Petit-Saut alimente en énergie renouvelable deux tiers des foyers guyanais. Mis en activité en 1994, le barrage évite depuis la combustion annuelle de 120.000 tonnes de fioul.


 

La plus grande retenue d’eau de France

Mardi 18 Novembre 2014, le barrage de Petit Saut en Guyane a fêté officiellement ses 20 ans. Mis en service en 1994 sur le fleuve Sinnamary, il est haut de 45m et long de 740m. Sa production hydroélectrique permet de couvrir 60 à 70% de la consommation d’électricité du département.

La demande en électricité augmentait de façon exponentielle en Guyane dans les années 1980, tirée par une croissance démographique et un dynamisme économique. Les besoins en énergie du département ont augmenté de 300% entre 1976 et 1983, selon les estimations d’EDF, avec notamment l’arrivée du Centre Spatial Guyanais. La consommation électrique a continué à croître après cela : elle a doublé ces vingt dernières années, avec notamment la démocratisation des climatiseurs électriques.

Lorsque le barrage fut inauguré en 1994, il représentait donc une réponse nécessaire, avec l’avantage d’une production durable et locale, source d’emplois. Petit-Saut représente 15 millions d’euros de revenus pour les collectivités locales et génère 2 millions d’euros d’activité économique indirecte chaque année.

25 ans de recherche au Laboratoire Environnement de Petit-Saut

La retenue d’eau du barrage s’étend sur 310km². Un lac artificiel de cette taille induit évidemment des changements dans l’écosystème local, d’autant plus en milieu tropical. Mais EDF, avant même le début de la construction en 1989, s’est inquiété de mesurer les impacts négatifs potentiels que la construction du barrage pourrait entraîner. C’est à cette fin qu’a été créé le Laboratoire Environnement de Petit-Saut, financé par EDF et géré indépendamment par le bureau d’études privé Hydréco.

Ce laboratoire d’hydrobiologie et d’hydrochimie accueille des équipes de recherche universitaires et également des organismes de recherche français et étrangers. Leurs observations permettent de mieux comprendre l’impact environnemental des barrages sur le long terme. Les chercheurs s’interrogent sur les effets de l’inondation des forêts ou encore sur les conséquences de l’avancée de l’eau de mer dans l’estuaire suite à la diminution du débit du fleuve. Le laboratoire est aujourd’hui une référence internationale de l’hydroélectricité en milieu tropical.

Il a également permis d’éclairer d’autres problématiques, comme les conséquences de l’orpaillage sur la qualité de l’eau. Les recherches ont démontré que le Sinnamary contient des taux anormalement élevés de mercure à cause de son utilisation par les orpailleurs pour amalgamer l’or. Ce métal est un neurotoxique et il contamine les poissons du fleuve.

Quel impact en matière d’émissions de gaz à effet de serre ?

Les derniers résultats du suivi écologique du barrage ont été exposés lors de la conférence publique du 18 novembre 2014 à Cayenne, par le président du Comité, Robert Delmas ainsi que quatre autres chercheurs, biologistes, chimistes et physiciens issus du CNRS, du Muséum d’Histoire Naturelle et du Laboratoire Hydréco. Entre autre, les équipes ont mesuré précisément l’impact de la construction du barrage en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

Le calcul est complexe. En effet, la majorité des émissions provient de la décomposition de la matière organique piégée sous l’eau après l’inondation de la vallée. Lors des premières années suivant le remplissage du barrage, des quantités importantes de méthane et de CO2 s’échappent dans l’atmosphère. Cependant, les chercheurs indiquent que le maximum d’émission a été atteint vers 1995, avec environ 800 tonnes de méthane par jour.

Depuis ces émissions ont baissé, et avec ses capacités de production de 116 MW, le barrage de Petit-Saut produit une énergie renouvelable alimentant deux tiers des ménages du littoral guyanais. Grâce à sa production hydroélectrique, le barrage de Petit-Saut permet d’éviter la combustion de 120.000 tonnes de fioul par an en moyenne.

En savoir plus

Le Barrage de Petit Saut (edf.com)

L’aéroport Nice Côte d’Azur alimenté à 100% par de l’énergie renouvelable dès 2015

avion - © EDF - Mélanie GuérinNice Côte d’Azur est actuellement le deuxième aéroport de France. Il traite quelque 11 millions de passagers par an et génère une consommation annuelle de 45 GWh, soit la consommation d’une ville de 30.000 habitants. Depuis plusieurs années, la direction de l’aéroport a engagé une politique ambitieuse de transition énergétique visant à réduire ses émissions de CO2 et à maîtriser sa consommation énergétique. Une évolution notable se produira dès 2015, puisque l’aéroport sera alimenté à 100% avec de l’électricité issue de sources d’énergie renouvelables.


 

Objectif : neutralité carbone

L’aéroport Nice Côte d’Azur est l’un des plus gros consommateurs d’énergie des Alpes Maritimes (45 GWh par an). En faisant le choix de consommer exclusivement de l’électricité renouvelable issue de la production hydraulique française, à compter du 1er janvier 2015, l’aéroport fait figure de véritable pionnier en France.

“Je me réjouis que notre décision s’inscrive avec un peu d’avance dans la politique de transition énergétique pour la croissance verte, déclare Dominique Thillaud, le Président du Directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur. Le fait que Provence Alpes Côte d’Azur soit une des toutes premières régions françaises en matière de production d’électricité par énergie renouvelable est aussi pour nous un motif de satisfaction”.

C’est EDF qui a été désigné pour délivrer une production hydraulique de 45 GWh annuels à l’aéroport Nice Côte d’Azur. L’aéroport verra ainsi ses émissions de CO2 baisser de 60%.

Aéroport Nice Côte d’Azur : un pionnier en matière de gestion des émissions de CO2

Dès 2011, l’aéroport Nice Côte d’Azur avait intégré le programme Airport Carbon Accreditation et obtenu une certification de niveau 1, attestant que les gestionnaires de la plateforme s’étaient engagés à déterminer les sources d’émissions directement liées à son activité. Il s’agissait là d’une première étape visant à aboutir à une parfaite neutralité carbone d’ici 2018.

Les trois niveaux suivants ont trait à la mise en place de programmes spécifiques de réduction des gaz à effet de serre. Ainsi, depuis plus de trois ans, l’aéroport travaille, en collaboration avec EDF, à développer différentes actions portant sur la maîtrise de la demande d’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Un projet d’extension des zones d’embarquement du terminal 2 de l’aéroport est à l’étude. Les nouveaux bâtiments, à énergie positive, devraient produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment – une première pour un aéroport en France. Par ailleurs, depuis le mois d’octobre, l’aéroport teste un modèle de bus électrique à recharge ultra-rapide, qui récupère de l’énergie à chaque arrêt pour rejoindre l’arrêt suivant. Ces bus, uniques en leur genre, transporteront leurs premiers passagers début 2015 également.

En savoir plus

→ Le site officiel de l’Aéroport Nice Côte d’Azur