Le Nicaragua fait sa transition énergétique

ELECTRIFICATION DES COMMUNES DE L'INTERIEUR DU HAUT MARONI - @EDF - Eranian PhilippeLe Nicaragua est un pays d’Amérique centrale traditionnellement dépeint comme dépourvu de ressources énergétiques. Il importe la totalité des hydrocarbures qu’il consomme et sa production énergétique en est fortement dépendante. Cependant, l’avènement des énergies renouvelables a changé la donne. Le pays regorge de ressources énergétiques « vertes » : rivières, forts vents, fort taux d’ensoleillement et bassin volcanique propice à la géothermie. Le Nicaragua est en phase de produire la moitié de son électricité grâce aux énergies renouvelables et souhaite atteindre 94% à l’horizon 2027.


 

Au Nicaragua, plus de 40% de l’électricité est d’origine renouvelable

Depuis 2005, le Nicaragua s’est engagé dans une dynamique de développement intensif des énergies renouvelables. A l’aide d’une politique de crédits d’impôt, le gouvernement a attiré les grandes entreprises internationales et les investissements dans les énergies vertes ont explosé. Avant 2005, 25% de la production d’électricité provenait d’énergies renouvelables. Cette part approche aujourd’hui la moitié, avec 40,2% en 2012 et des taux de croissance annuelle élevés.

Cette politique possède un triple avantage pour le pays. Tout d’abord, elle lui permet de répondre à la forte croissance de la demande en électricité, dans un contexte de développement démographique et économique. La consommation d’électricité ne peut aller que croissante, les 5,9 millions d’habitants du pays n’ayant consommé que 4 TWh en 2012. C’est l’équivalent de 646 kWh par habitant, contre près de 7.500 kWh par habitant en France (67 millions d’habitants et 500 TWh consommés).

Il y a quelques années, les coupures de courant étaient une réalité quotidienne pour les habitants du Nicaragua. Le manque d’électricité et son prix trop élevé empêchaient une activité économique prospère. Les énergies renouvelables ont permis de donner un nouveau souffle.

Ensuite, substituer les énergies renouvelables aux hydrocarbures dans la production d’électricité permet au pays de rééquilibrer sa balance commerciale. Selon le gouvernement, depuis 2005, le Nicaragua a économisé 228 millions de dollars sur sa facture de pétrole importé. Ces économies sont bien sur théoriques, puisque la consommation d’énergie continue de grimper et que le besoin en hydrocarbures n’a pas diminué fortement. On note toute de même une diminution de la consommation d’hydrocarbures pour la production d’électricité sur la période récente.

Pour finir, les énergies renouvelables permettent au pays de limiter ses émissions de CO2 et d’avoir une croissance plus durable. Le Nicaragua veut être un leader en la matière et l’objectif fixé par le gouvernement est une production électrique à 94% renouvelable à l’horizon 2027.

Géothermie et biomasse : utiliser les ressources naturelles du territoire

Cet objectif n’est pas forcément irréaliste si l’on se fie au rapport de l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA). Ce rapport, paru en janvier 2015, estime qu’il est possible pour le pays d’augmenter sa puissance électrique de 4.500 MW en quelques années grâce aux énergies renouvelables. Cela représenterait un triplement de la production et pourrait faire passer la part du renouvelable dans le mix électrique à 80%.

« Le secteur des énergies renouvelables a de beaux jours devant lui au Nicaragua, à la fois pour les grandes infrastructures et pour les projets de petite taille » annonce le rapport. Le gouvernement a lancé à l’automne dernier un programme d’investissement de 4 milliards de dollars sur quinze ans et les nouveaux projets commencent à affluer.

La première source d’énergie renouvelable du Nicaragua est la géothermie (suivie de la biomasse et de l’hydraulique). L’exploitation de la chaleur du sous-sol a permis de produire 13,9% de l’électricité du pays en 2012. Ce secteur s’est beaucoup développé récemment, avec l’ouverture de nouvelles centrales, les 19 volcans du Nicaragua fournissant potentiellement plus d’énergie que nécessaire. Récemment, l’entreprise américaine Ram Power a investi 400 millions de dollars pour construire une centrale près du volcan Telica.

La biomasse est la seconde source d’énergie du pays. La bagasse, résidu de la transformation de la canne à sucre, dont le Nicaragua est un grand producteur, se trouve être un très bon combustible. 454 GWh d’électricité ont été produit en utilisant la biomasse en 2012, et le gouvernement nicaraguayen souhaite augmenter significativement ce chiffre.

Hydroélectricité et éolien : des secteurs en croissance

L’hydroélectricité est la troisième énergie renouvelable du pays, représentant plus de 10% du mix électrique. La Banque Européenne de Développement a récemment octroyé un emprunt de 130 millions d’euros pour financer la construction d’un nouveau barrage sur le Rio Grande de Matagalpa. La centrale hydroélectrique de Tumarin devrait ajouter ses 253 MW de puissance au réseau avant la fin de cette année. Des études de faisabilité sont en train d’être réalisées pour la construction d’un autre barrage de 100 MW.

Le secteur qui se développe le plus rapidement est cependant l’éolien. Si sa part dans le mix électrique reste encore relativement faible, le taux de croissance annuel du secteur est impressionnant : 22% entre 2002 et 2012. Le grand parc éolien d’Amayo, sur les rives du gigantesque lac Nicaragua, est aujourd’hui complété par plusieurs petits parcs en développement.

La raison d’une telle croissance est à chercher dans les conditions météorologiques exceptionnelles de cette partie du pays. Javier Pentzke, directeur du parc d’Amayo, explique : « Vous avez une grande ouverture ici, depuis le lac jusqu’à la mer des Caraïbes, c’est comme un tunnel. » Le vent y est donc fort et continu, optimal pour une bonne production d’électricité.

Le prochain défi pour le pays sera d’améliorer son réseau pour pouvoir incorporer ces nouvelles capacités de production et apporter le courant là où la population en a besoin. Les infrastructures sont encore de mauvaise qualité et très inégalement réparties. Cependant, selon le rapport de l’IRENA, le défi sera facilité par le fait que des infrastructures solaires de petite taille peuvent être déployées sur le territoire pour alimenter les zones rurales isolées. Le taux d’ensoleillement élevé du Nicaragua fait du solaire une énergie rentable dans ces circonstances.

En savoir plus

rapport EDF-Observ’ER-Fondation Energies pour le monde sur le Nicaragua (pdf)

→ Nicaragua’s Renewable Energy Revolution Picks Up Steam (npr.org)

→ Nicaragua On Course To Become Renewable Powerhouse (oilprice.com)

Un atelier EDF rénové pour améliorer les performances du parc hydroélectrique

Groupe d'Exploitation Hydraulique ( GEH )  Maurienne et Service de RÈparation Hydraulique (SRH) de l'UnitÈ de production ( UP ) AlpesLe Service de Réparation Hydraulique (SRH) d’EDF bénéficie maintenant d’un nouvel atelier entièrement rénové. L’atelier de Mallemort (Bouches-du-Rhône), avec ses nouvelles machines numériques, a été inauguré Vendredi 13 Mars 2015. Spécialisés dans la remise en état de turbines, les ateliers comme celui de Mallemort sont essentiels pour assurer la performance et la sûreté du parc hydroélectrique.


 

L’hydroélectricité : plus que des centrales, un réseau d’expertise

En France, environ 12% de l’ensemble de l’électricité consommée est produite par l’énergie hydraulique. Plus de 25.000 GW de barrages et de centrales hydrauliques sont installés sur le territoire. Un tel parc nécessite d’importants travaux de maintenance. La sécurité et l’efficacité de la production en dépendent.

Pour cette raison, EDF a développé en interne ses propres structures. Le groupe peut ainsi intervenir dans les plus brefs délais et en bénéficiant de l’efficacité de professionnels qui connaissent bien leurs machines. Derrière la partie visible de l’iceberg que sont les centrales, un important réseau de services de réparation et maintenance s’active pour entretenir le millier de groupes de production hydroélectrique présents sur le territoire. 

Un fonctionnement optimal des unités de production nécessite un maintien en état irréprochable des outils. Chaque année EDF investit 400 millions d’euros pour l’entretien de ce parc. Et le groupe investit également dans la modernisation de ses outils de maintenance, pour que les équipes puissent intervenir toujours plus rapidement, plus efficacement et dans de meilleures conditions de sécurité.

Rénovation de l’atelier de Mallemort

La modernisation de l’atelier de réparation hydraulique EDF de Mallemort (Bouches-du-Rhône) vient de s’achever. Vendredi 13 mars 2015, l’atelier rénové a été inauguré, en présence de Madame le Maire de Mallemort.

Cet atelier a été créé en 1967, à l’origine pour la maintenance des centrales situées sur la Durance et le Verdon. Ses 15 agents (techniciens-soudeurs, techniciens machines-outils, ingénieurs-mécaniciens et chargés d’affaires) œuvre aujourd’hui principalement pour les unités de production hydraulique EDF du Centre et de la Méditerranée, mais sont susceptibles d’intervenir sur l’ensemble du territoire.

La modernisation de l’atelier vise à améliorer la performance industrielle, pour réduire la durée d’indisponibilité des machines. Le parc hydraulique français est le premier outil de production mobilisé en cas de pointe de consommation, il contribue à la flexibilité du réseau français. Il doit donc être le plus disponible possible.

En plus d’une rénovation des machines existantes, l’atelier de Mallemort a acquis de nouvelles machines-outils à la pointe de la technologie et un outil numérique pour contrôler le tour vertical. Ces améliorations rendront le travail des agents plus aisé et plus précis. L’atelier bénéficie également d’un nouveau local métrologie et d’un hangar de stockage.

L’atelier de Mallemort fait partie du Service de Réparation Hydraulique (SRH), Division Production Ingénierie Hydraulique (DPIH). Ce service compte un total de 117 employés, répartis dans 4 ateliers (Albertville, Pont de Claix et Lau Balagnas sont les trois autres) et un service administratif à Grenoble. Le SRH possède une expertise reconnue et est une composante clé de l’outil de maintenance du parc hydraulique.

L’état-major de Grenoble fait la communication avec l’ensemble du groupe, pilote les projets et soutient les ateliers. Les ateliers rénovent les pièces, notamment des turbines, cœur des centrales hydroélectriques, mais aussi les vannes, robinets et paliers.

Un gain de performance et de sécurité pour le SRH d’EDF

L’atelier de Mallemort est spécialisé dans les turbines Francis de grandes dimensions, utilisées dans les centrales de moyenne chute (entre 30 et 300 mètres de hauteur de chute d’eau). Ces turbines s’usent avec la friction de l’eau et des sédiments. Mais le maintien d’un bon profil est essentiel à leur performance.

Rénover une turbine consiste à remettre du métal là où la turbine présente des impacts, à polir et à meuler pour remettre en profil. Ces opérations de précision sont minutieuses, les calculs d’hydrodynamisme étant précis et les vibrations de la turbine devant être limitées au maximum.

Les techniciens passent de nombreuses heures à souder, polir et usiner les pièces pour les remettre en état le plus rapidement possible. Leur confort et leur sécurité est une priorité pour EDF. Pour cette raison, l’atelier de Mallemort a vu ses boxes de soudage, ses bureaux et ses vestiaires rénovés, pour un meilleur cadre de travail.

Le SRH va donc pouvoir continuer d’assurer ses missions de maintenance avec des performances et une sécurité améliorées. Cela tombe bien puisque le parc s’est agrandi, avec la nouvelle centrale de Rondeau (38) qui a démarré sa production en février 2015. Et cet croissance  du parc devrait continuer (notamment pour la petite hydroélectricité comme au Rondeau) si l’on en croit les déclarations de la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, qui soutient l’hydraulique comme source d’électricité à zéro émission de CO2 pour la transition énergétique

En savoir plus

Communiqué de Presse d’EDF (energie.edf.com)

Présentation du SRH (webtv.edf.com)

A Chamonix, une centrale hydroélectrique unique en France

LE CENTRALE HYDRAULIQUE DE KEMBS SUR LE RHINLa centrale des Bois est l’une des seules centrales hydroélectriques au monde qui exploite les torrents souterrains issus de la fonte des glaces. Ce site, enfoui sous la Mer de Glace de Chamonix, permet de produire assez d’électricité pour 50.000 habitants. Mais le recul du glacier pose la question de l’avenir du site, qui pourrait cesser son activité d’ici vingt ans au rythme de fonte actuel.


 

Une centrale dans les profondeurs de la montagne

La Mer de Glace à Chamonix est le plus grand glacier de France. Long de 10 kilomètres et s’étendant sur 35 km2, il contient 4 milliards de m3 de glaces. A la belle saison, la fonte de la glace libère de grandes quantités d’eau. Pour utiliser cette ressource et alimenter en électricité la station de Chamonix et ses centaines de milliers de touristes, EDF a mis en place une installation unique en France.

Sous la Mer de Glace, totalement invisible depuis la surface, un ensemble de tunnels captent l’eau de la fonte des glaces pour faire tourner des turbines. « On court-circuite l’eau de fonte du glacier sur quelques kilomètres pour capter son énergie puis l’eau retourne ensuite dans la rivière un peu plus loin sans avoir été transformée » a expliqué François- Régis Chevreau, responsable de l’équipe d’exploitation, au journal Le Parisien.

Le débit de la rivière sous la montagne est impressionnant: jusqu’à 15 tonnes d’eau à la seconde qui se déversent à 290 km/h sur les turbines génératrices de courant. A cette vitesse un mètre cube d’eau peut générer assez d’électricité pour faire fonctionner un radiateur pendant une heure. 

Cette centrale souterraine, creusée au cœur de la montagne, ne fonctionne que de mai à octobre. Mais elle produit 115 MWh par an, soit la consommation de 50.000 habitants. L’hiver, la centrale est en maintenance. Les équipes doivent en effet lutter contre la glace qui tend à remplir la grotte et à bloquer les systèmes de captage.

Un défi technologique

La centrale des Bois, construite au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, demande un entretien important. L’eau de fonte du glacier charrie avec elle beaucoup de sables, graviers et roches. Même si elle est filtrée, ces matières solides endommagent rapidement les turbines, qui doivent être changées tous les ans.

Le principal défi technologique est cependant posé par le réchauffement climatique lui-même. Le glacier fond plus vite qu’il ne se reconstitue. Déjà, en 2011, EDF a été obligé de lancer de grands travaux pour remonter les puits de captage de près d’un kilomètre, car les premiers, plus en aval, s’étaient retrouvés à l’air libre.

Entre 2003 et 2009, la Mer de Glace  a reculé de près de 30 mètres par an. Le site des Bois, recouvert à l’origine par des dizaines de mètres de glace, commençait alors à manquer d’eau. EDF a donc investi 25 millions d’euros pour creuser une nouvelle galerie de captage, située 800m plus en amont, sous 100 mètres de glace.

L’opération a été délicate puisqu’il a d’abord fallu localiser le torrent souterrain dans lequel se déversent les eaux du glacier. La recherche a pris un an et demi : « On a utilisé des mesures sismiques, des radars, des colorants traceurs pour suivre le cheminement des eaux de fonte, et même des sourciers ! » témoigne un responsable de l’opération.

De l’électricité à 2 centimes le kWh pour Chamonix

Les travaux ont été effectués en 2011 et devraient garantir la production hydroélectrique pour encore vingt ans. Mais le recul de la Mer des Glaces est une réalité, et l’avenir de la centrale n’est pas assuré au delà…

Pour l’instant la production continue, à l’avantage du consommateur. En effet, même si les coûts de maintenance sont élevés, le kilowattheure de la centrale des Bois est bon marché (environ 2 centimes d’euro). Et ce sans aucune gène pour les visiteurs ni dégradation de l’environnement puisque le site est totalement enfoui.

En règle générale, l’hydroélectricité est une énergie très compétitive, ce qui, combiné avec ses qualités environnementales, en fait un atout certain pour la transition énergétique. C’est la raison pour laquelle la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royale, souhaite renforcer les capacités de production hydroélectriques, notamment via la construction ou la réhabilitation de petites unités de production.

En savoir plus

Une centrale… sous la glace (Le Parisien)

Sous la glace, la lumière… (Le JDD)

La fonte des glaces contraint EDF à de grands travaux à Chamonix (Les Echos)

Toulouse : le Centre de Conduite Hydraulique fête ses 10 ans

Lâchers d'eau à Serre-Ponçon vers les ouvrages de la Durance - @EDF - DIAS JEAN-LIONELOn ne soupçonne pas toujours leur existence mais ils sont pourtant indispensables pour réguler la production d’électricité : les hommes et les femmes du Centre de Conduite Hydraulique (CCH) de Toulouse surveillent et pilotent en permanence les installations hydroélectriques des Pyrénées et du Massif Central. Au total, ce ne sont pas moins de 39 centrales hydroélectriques et 4.320 MW de puissance qui sont gérés depuis le CCH de Toulouse. Immersion dans ce centre qui vient de fêter ses 10 ans.


 

Un CCH à quoi ça sert ?

Malgré la recherche et les progrès considérables effectués ces dernières années en matière de stockage de l’énergie, l’électricité produite ne peut être stockée, sauf exceptions (les STEP en sont une, dans les régions qui présentent des dénivelés importants). Par conséquent, il est nécessaire d’anticiper et d’adapter en temps réel la production électrique nationale à la consommation du pays.

En hiver par exemple, la consommation d’électricité est environ 40% supérieure à celle de l’été, ce qui nécessite notamment de solliciter une puissance de 20 GW de plus. A cela s’ajoutent par ailleurs les fluctuations de la consommation durant la journée, avec des pics vers 8h et 19h en hiver.

EDF s’est donc dotée de plusieurs Centres de Conduite Hydraulique (CCH) en France pour superviser les installations hydroélectriques et les piloter afin d’assurer un niveau de production d’électricité au plus proche de la demande instantanée. En effet, la production issue des barrages est, avec celle des centrales thermiques, la plus facile à moduler, grâce aux lâchers d’eau. Ces CCH sont situés à Toulouse pour le Massif Central et les Pyrénées, Lyon pour les Alpes, Sainte-Tulle pour le Sud-Est et Kembs pour le Rhin.

En plus de faire fluctuer à distance la production, ces centres de contrôle hydrauliques permettent de maîtriser et de coordonner le débit de l’eau dans les différentes vallées. Enfin, une autre mission de ces CCH est de veiller au bon fonctionnement des centrales et des barrages.

16 opérateurs pour réguler la production des centrales hydroélectriques des Pyrénées et du Massif Central

C’est pour ajuster la production aux variations de la demande sur le marché de l’électricité que le CCH de Toulouse pilote 24h sur 24 et 7 jours sur 7 les barrages et les centrales hydroélectriques du Sud-Ouest et du Massif Central. Aujourd’hui ce centre gère 4 320 MW de puissance répartie entre 39 centrales hydroélectriques situées dans 9 vallées différentes.

L’action de ce centre permet de valoriser la ressource en ne produisant que l’électricité nécessaire pour répondre à la demande, permettant ainsi de réduire les pertes. Une action au quotidien, donc, mais aussi en temps de crise : le CCH de Toulouse a par exemple contribué en juin 2013 à réguler les crues exceptionnelles qui ont touché les Pyrénées.

Les missions du CCH de Toulouse requièrent à la fois une connaissance parfaite de la gestion de l’eau et du fonctionnement des équipements hydrauliques d’EDF sur l’ensemble du territoire d’intervention, mais aussi une capacité de réactivité et de coordination importante. Les 16 opérateurs du CCH agissent depuis Toulouse grâce à des moyens informatiques et de télécommunication sécurisés.

Initialement, plusieurs CCH se partageaient la gestion de la ressource hydroélectrique du Sud-Ouest : Brive pour la Dordogne et la Truyère, Le Pouget pour le Tarn et l’Orb et Sabart pour les Pyrénées. Ces trois centres ont été regroupés en un seul il y a 10 ans pour former l’actuel CCH de Toulouse.

En savoir plus

→ Le CCH de Toulouse : les Hommes de l’ombre au cœur de l’action (EDF Vie des Sites)

→ Centre de Conduite Hydraulique de Toulouse (EDF)

→ Le CCH de Toulouse (EDF)

→ Plaquette Unité de Production Sud-Ouest (EDF)

L’hydroélectricité, une fillière importante pour l’économie des Pyrénées

AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES ISERE : PIZANCON, LA VANELLE, BEAUMONT-MONTEUXL’hydroélectricité représente un vivier d’emplois et de développement économique important pour les territoires. Les collectivités locales des Pyrénées, où sont produits un cinquième de l’hydroélectricité française, sont conscientes de cet enjeu : elles ont organisé l’Hydromeeting pour mettre en relation les acteurs de la filière et préparer l’avenir. La transition énergétique s’appuie sur l’énergie hydraulique, en tant que source de production propre et seule option de stockage électrique à grande échelle pour stabiliser les réseaux.


 

Les chiffres de l’hydroélectricité rappelés à l’Hydromeeting

Le jeudi 11 décembre 2014 s’est tenu à Tarbes la deuxième édition de l’Hydromeeting. Organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie, ce rassemblement des acteurs de la filière de l’hydroélectricité en région Midi-Pyrénées a été l’occasion de revenir sur la place stratégique de l’énergie hydraulique dans le mix électrique français. 65 producteurs et 115 entreprises prestataires étaient présents à cette réunion, les Pyrénées représentant une région clé pour la production hydroélectrique.

Plus de 25.000 GW de centrales hydrauliques sont installés en France. Ils permettent de produire près de 65.000 GWh d’électricité, dont 20% dans les Pyrénées. Au niveau national, le secteur hydroélectrique représente plus de 10.000 emplois directs et 7.000 emplois induits. Son chiffre d’affaires total dépasse 4 milliards d’euros, dont 1,1 milliard est reversé à l’Etat (721 millions en 2012) et aux collectivités territoriales (380 millions en 2012). 

L’hydroélectricité est donc un vivier d’emplois et une opportunité de développement économique pour les territoires. Dans les Pyrénées, les 80 producteurs du secteur font vivre 300 entreprises fournisseurs et prestataires de services. Ces emplois ne sont pas délocalisables, car ancrés dans les territoires par les richesses naturelles. Ils permettent de maintenir l’activité dans les vallées, notamment les plus reculées.

Un secteur pilier pour la transition énergétique

Dans les Pyrénées, EDF exploite 133 ouvrages. D’une capacité de production de 800 MW, ces installations couvrent l’équivalent de la consommation d’un million de ménages. 500 agents sont mobilisés pour entretenir et faire fonctionner ces installations. Les barrages ne servent pas seulement à produire de l’électricité mais contribuent à l’irrigation des cultures, au tourisme et à la stabilité du débit d’eau, qu’il s’agisse de sécurité anti-inondation en cas de pluies intenses ou de soutien à l’étiage en cas de sécheresse.

« L’hydroélectricité s’inscrit dans la très longue histoire des énergies renouvelables, avec d’excellents rendements. C’est l’énergie la plus abondante et la seule que l’on soit capable de stocker, ce qui permet de soutenir l’ensemble du réseau électrique lors des pics de consommation » a expliqué Christian Caussidery, directeur d’agence chez EDF, lors de l’Hydromeeting.

Utilisant simplement la force motrice de l’eau, la production hydroélectrique utilise une énergie qui se renouvèle en continue, au fil des pluies et de la fonte des neiges, et qui n’émet pas de CO2. Les lacs de barrage et les STEP peuvent stocker l’eau et faire varier la production électrique en fonction des besoins. A l’heure où les réseaux électriques doivent compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien, l’hydroélectricité fournit une solution propre et complémentaire.

Conscients de cette réalité, les pouvoirs publics ont misé sur l’énergie hydraulique. Les capacités de production doivent être augmentées de 3.000 MW à l’horizon 2020 par rapport à 2006. Le secteur de l’hydroélectricité possède un véritable potentiel de développement économique pour les territoires, notamment grâce aux programmes de rénovation des installations existantes.

EDF investit 100 millions d’euros dans les Hautes-Pyrénées 

Le cadre législatif a changé et est devenu plus stricte du point de vue écologique. Si cela veut dire que la création de nouveaux ouvrages va être limitée, cela signifie également que les anciens ouvrages doivent être mis en conformité et rénovés pour une production plus efficace et plus respectueuse de l’environnement. Sur la période 2013-2018, l’agence de l’eau a estimé que 540 ouvrages devront subir des travaux.

Dans ce contexte, les opérateurs ont déjà commencé à investir. La Société Hydro-Electrique du Midi prévoit 30 millions d’euros d’investissement en 2015. EDF pour sa part a programmé 100 millions d’euros de travaux dans les Hautes-Pyrénées jusqu’en 2019. Cette manne va profiter grandement aux territoires puisque les travaux mobilisent de nombreuses entreprises locales.

Pour s’assurer que les contrats bénéficient bien aux acteurs locaux, EDF a créé le programme Une Rivière, Un Territoire. Ce programme aide au développement économique de proximité avec un apport d’expertise et de soutien, pour faire émerger des projets innovants et valoriser les compétences locales. Il dispose d’un fonds de financement qui peut allouer des prêts participatifs ou investir dans des entreprises locales pour permettre la réalisation des projets.

En savoir plus

→ L’hydroélectricité, moteur de l’économie locale (La Dépêche)

→ CCI : 2ème édition de Hydromeeting, les rencontres d’affaires de l’hydroélectricité pyrénéenne (tarbes-info.com)

Le Pogramme Une Rivière, Un Territoire (energie.edf.com)

Hydroélectricité : 2014, une « année exceptionnelle » en Ariège

AMENAGEMENT HYDRAULIQUE DE LAPARAN, ARIEGE - @EDF - CONTY BRUNOL’année 2014 a constitué, pour reprendre les termes de Stéphane Lemasson, directeur EDF Hydraulique Aude-Ariège, une « année exceptionnelle ». En effet, ce ne sont pas moins de 10 millions d’euros qui ont été investis dans le cadre de travaux menés sur différentes installations hydroélectriques d’EDF en Haute-Ariège. Des travaux de grande ampleur, qui ont été l’occasion d’utiliser des méthodes inédites et qui ont même conduit à faire une surprenante découverte. En effet, des obus et des cartouches de la Seconde Guerre Mondiale ont été découverts dans les sédiments du barrage de Campauleil.


 

10 millions d’euros investis en 2014

Un plan de rénovation de plusieurs installations d’EDF est actuellement mené dans les Pyrénées, et devrait conduire à près de 90 millions d’euros d’investissements d’ici à 2020. La seule année 2014 a fait l’objet de 10 millions d’euros d’investissements, auxquels il est possible d’ajouter entre 5 et 6 millions d’euros de retombées indirectes pour l’économie locale.

Plusieurs grands projets de rénovation ont été menés durant l’année, principalement dans la vallée de l’Oriège, dans le Sud du département des Hautes-Pyrénées. Par exemple, des travaux ont été menés sur les barrages de Campauleil, de Goulours, sur l’usine du Teich, ainsi que sur la conduite forcée d’Orlu. Le déploiement d’un système de surveillance à distance « e-exploitation » sur l’ensemble des centrales hydroélectriques a débuté et la rénovation de la conduite forcée d’Aston devrait débuter dans les prochains mois.

Des travaux parfois réalisés dans des conditions difficiles, puisque certains chantiers se situaient en haute montagne ou se trouvaient dans des zones peu accessibles. Une base de vie a par exemple été installée à 1.300m d’altitude pour les intervenants du chantier d’Orlu. A Campauleil, EDF a dû acquérir des terrains et mettre au point des conventions avec les communes pour créer un sentier d’accès sur la rive droite.

L’utilisation inédite d’un robot développé par EDF

Les travaux de requalification électrique de la centrale d’Orlu (mise en service dans les années 1960) et été menés par EDF et RTE et divisés en deux campagnes sur la conduite forcée d’Orlu et sur le barrage de Campauleil. D’une durée de deux ans, ces travaux ont nécessité d’arrêter ces installations en 2014.

Pour refaire la peinture intérieure de la conduite forcée d’Orlu, un robot peintre a été développé par EDF. La conduite, d’un diamètre de 1,50m, d’une longueur de 2.147 mètres et d’un dénivelé de 987 mètres, souffrait de la corrosion et de l’usure liées au passage de l’eau.

L’utilisation de ce robot nécessite d’importants travaux de conception et de paramétrage (notamment pour disposer une couche régulière de peinture de 500 microns) mais a pour principal avantage de renforcer la sécurité des intervenants sur le chantier. Ce robot, aujourd’hui certifié CE, est unique et capable d’intervenir à la fois aux étapes de sablage, de nettoyage et de peinture.

Un soin particulier a été porté à l’environnement dans le cadre de ce chantier, puisque le sable, l’eau et la peinture récupérés pendant les travaux ont fait l’objet d’une analyse et d’une dépollution.

La découverte d’obus et de cartouches de la Seconde Guerre Mondiale

Le barrage de Campauleil a quant à lui fait l’objet de travaux importants visant à mettre en place un nouveau dispositif d’évacuation des crues. Fin 2013, près des deux tiers de la structure existante ont été démolis et les structures métalliques ont été évacuées. Un évacuateur « en touches de piano » mis au point par EDF a ensuite été installé pour multiplier par quatre la capacité d’évacuation d’eau.

Afin de mener à bien ces travaux, il a été nécessaire de vider la retenue d’eau, ce qui a conduit à faire une surprenante découverte au printemps. En effet, une centaine de cartouches et 24 obus de la Seconde Guerre Mondiale ont été découverts dans les sédiments du barrage. Le service de déminage de la protection civile de Toulouse est intervenu pour retirer ces explosifs.

Aujourd’hui, le barrage est remis en eau et la retenue reprend sa forme habituelle. Au total, la vallée de l’Oriège alimente en électricité la moitié du département de l’Ariège. Les travaux sur les installations hydroélectriques des Pyrénées devraient durer jusqu’en 2020.

 

En savoir plus

 → Fin des grands travaux d’EDF en Haute Ariège: 10 millions d’euros d’investissement en 2014 (Ariège News)

→ Découverte insolite sur le chantier EDF du barrage de Campauleil: 24 obus et une centaine de cartouches de la seconde guerre mondiale (Ariège News, mai 2014)

→ EDF a investi 10 M€ dans la vallée de l’Oriège