Zambie : l’énergie solaire en réponse à la crise énergétique

BOSTWANA, PROGRAMME NATIONAL D'ELECTRIFICATION RURALEFrappée par une nouvelle panne d’électricité d’ampleur nationale fin décembre dernier, la Zambie fait face depuis plusieurs mois à une crise énergétique sans précédent en raison du faible niveau des eaux qui affecte sa production hydroélectrique. Une situation insoutenable sur le long terme qui entrave le bon développement économique et social de ce pays d’Afrique australe et lui impose une réorientation de son mix électrique vers des sources d’énergie plus abondantes.


 

Un nouveau black-out national

Le 22 décembre dernier, l’ensemble du pays, à l’exception des deux provinces du Sud et de l’Ouest, a été plongé dans le noir. Ce délestage a perturbé l’ensemble des services du pays, notamment les réseaux de télécommunication, et fortement handicapé la production industrielle nationale.

Dans un communiqué, la compagnie d’électricité nationale Zesco a indiqué que les pannes étaient survenues “dans les deux principales centrales électriques, à savoir celles de Kafue Gorge et de Kariba North Bank, à l’interconnexion avec le Zimbabwe“.

La Zambie dépend à 95% de ses barrages hydrauliques pour son approvisionnement en électricité, et connaît actuellement une sévère crise énergétique en raison d’une faible pluviométrie et de la diminution des réserves d’eau. Il s’agit ici du second délestage d’une telle ampleur en moins d’un mois. Le 11 décembre dernier, la même situation s’était déjà produite à cause d’une panne technique et la fourniture d’électricité n’avait été rétablie que le lendemain.

Un déficit énergétique dangereux pour l’économie

Ces pannes à répétition pèsent logiquement sur le moral des populations et l’activité économique des entreprises zambiennes. Le secteur minier, par exemple, qui absorbe à lui seul 50% de la consommation énergétique nationale, est aujourd’hui en grande difficulté suite à l’obligation de réduction de sa consommation de 30% afin d’éviter l’arrêt total de ses activités.

La First Quantum Minerals Ltd, premier investisseur étranger dans le secteur minier, a même annoncé au gouvernement le licenciement prochain d’environ 1090 employés si son approvisionnement énergétique n’était pas rétabli rapidement. 360 de ces postes pourraient être supprimés dans la mine de cuivre de Sentinelle, située à Kalumbila. Un site qui peut produire jusqu’à 300.000 tonnes de métal par an, mais qui ne fonctionne qu’à la moitié de ses capacités de production en raison d’un manque d’énergie évalué à 80 MW.

L’énergie manquante aurait dû être acheminée grâce à une ligne de transmission qui n’a toujours pas été mise en service. “Nous demandons au gouvernement de vite mettre en service la ligne qui acheminera l’énergie de Lusaka jusqu’à Kalumbila. Nous pouvons encore éviter les pertes d’emplois qui ont été annoncées“, a déclaré Joseph Chewe, secrétaire général de l’Union des mineurs de la Zambie.

L’énergie solaire au secours d’une hydroélectricité défaillante

Le gouvernement zambien prévoit toutefois de remédier à cette situation de pénurie dès 2016 via la mise en service au premier trimestre de la centrale thermique de Maamba, et la concrétisation d’un programme de développement de l’énergie photovoltaïque ambitieux. Le président zambien Edgar Lungu envisage en effet de mettre en place, au cours de cette année, plus de 1,5 GW d’énergie solaire afin de réduire sa dépendance à l’énergie hydroélectrique, dont 600 MW dans les plus brefs délais.

Un premier appel d’offres portant sur le développement de deux centrales photovoltaïques de 50 mégawatts à Lusaka, avait été lancé au mois d’octobre dernier. Onze compagnies ont déjà été préqualifiées dans ce cadre selon un communiqué publié le mardi 29 décembre dernier par le groupe Industrial Development Corporation Zambia Limited (IDC), une société d’investissement détenue en propriété exclusive par le gouvernement.

Parmi les compagnies qualifiées figurent la société chinoise Shanghai Electric Power/Avic, le groupe français EDF Energie Nouvelle, le norvégien Scatec Solar, Access Eren Zambia 1, le consortium sud-africain Mulilo Zambia PV1, et le groupe italien Enel Green Power.

En savoir plus

→ 11 compagnies candidates pour le premier projet d’énergie solaire de Zambie (French.people.cn)

→ Zambie : le délestage quasi national du mardi dernier a été causé par une sous-station (Agence ECOFIN)

→ Zambie : la crise énergétique menace plus d’un millier d’emplois dans le secteur minier (Agence ECOFIN)

En Ariège, le crowdfunding se met au service de l’hydroélectricité

AMENAGEMENTS HYDROELECTRIQUES DE L'UP CENTRE, GEH LOT-TRUYÈREMoyen de financement à la mode pour de nombreuses start-up en manque de capitalisation, le financement participatif sur internet ou “crowdfunding” se développe progressivement dans le secteur énergétique. Dans les Pyrénées par exemple, la société ariégeoise CEM, spécialisée dans la petite-hydroélectricité, a validé au début du mois de décembre le financement de son nouveau projet de centrale hydraulique via la plateforme Bulb in Town. Une grande première dans le secteur de l’hydroélectricité en France.


 

Une nouvelle centrale hydraulique en Ariège

La société CEM, PME familiale propriétaire de six ouvrages en Ariège et associée à une quinzaine d’autres dans les Alpes, a finalisé la semaine dernière son nouveau projet hydroélectrique près de Saint-Girons dans l’Ariège. Cette future centrale baptisée Moulin de Mourlasse et dotée d’une puissance d’un mégawatt, viendra agrémenter d’ici le mois d’octobre 2016 le potentiel de production hydraulique ariégeois.

C’est une centrale de 1 mégawatt qui produit 4,4 GWh, un système au fil de l’eau, c’est-à-dire que l’eau coule en permanence, elle rentre par le barrage puis est restituée à la sortie de la turbine“, explique sur Ariège News Martial Estèbe, gérant de la société.

Surfant sur la vague de la COP21 et désireuse d’offrir aux particuliers un moyen de s’engager pleinement pour une énergie propre et durable, la société CEM s’est lancée dans ce cadre, dans une campagne de financement participatif sur la plateforme consacrée aux projets locaux Bulb in Town. Très en vogue ces dernières mois, ces campagnes de crowdfunding ou crowdinvesting (dons contre actions) permettent à la fois d’impliquer directement les populations dans des projets énergétiques et d’apporter une nouvelle source de financement aux entreprises locales.

Une campagne de financement participatif inédite dans l’hydroélectricité

Le montant total du projet s’élève à 3,7 millions d’euros. La banque nous a consenti un prêt de 2,7 millions d’euros à la condition que nous puissions apporter les fonds supplémentaires“, explique dans un communiqué Martial Estebe, président de la CEM.

Des fonds qu’il aura finalement trouvé en moins de 45 jours auprès de 46 particuliers ariégeois désireux d’investir dans l’hydroélectricité et qui auront prêté en moyenne 20.000 euros pour un investissement minimal de 1000 euros. Au total, un million d’euros aura été récolté, soit le montant maximal autorisé pour une entreprise sur ce site de conseil en investissement participatif.

Cette levée de fonds indispensable pour amorcer le reste du financement auprès des banques, a également donné la possibilité aux gens d’investir sur un projet de développement durable” ajoute M. Estebe, qui au-delà du réseau des proches, a surtout permis aux salariés de s’associer au projet.

Un investissement sécurisé pour les particuliers

Si la société CEM peut se féliciter d’un tel engouement, elle aura su convaincre ses potentiels investisseurs en leur garantissant un retour sur investissement plus que confortable.

Ils devraient en effet récupérer 1,6 fois leur mise de départ au bout des sept premières années d’exploitation, selon les prévisions de la compagnie, et cela grâce à un contrat de rachat de l’électricité produite signé avec le groupe EDF sur les vingt prochaines années. Il garantit la revente de 100 % de l’électricité produite (4399 mégawatt-heure par an) à l’énergéticien au tarif moyen de 0.091 euro par kilowattheure, soit un montant total de 6,8 millions d’euros.

Fort de ce succès, le jeune chef d’entreprise ne compte pas en rester là, et envisage déjà de développer ce type de financement pour de nouveaux projets, donnant ainsi accès à des projets autour des énergies renouvelables pour les investisseurs privés.

Pour rappel, le groupe EDF EN avait lancé le 15 juin dernier sa première campagne de crowdfunding en partenariat avec les collectivités territoriales pour le financement du projet éolien du Bois de Belfays, initiative de six communes du massif vosgien. Cette campagne qui se déroulait sur la plateforme Lendosphère offrait la possibilité à n’importe quel particulier de verser entre 50 et 1.000 euros sur les 100.000 recherchés pour financer les études de dimensionnement des fondations des futures éoliennes.

En savoir plus

→ Crowdfunding: en 45 jours, la CEM, une PME ariégeoise spécialisée dans l’hydroélectricité lève 1 M€ (Ariège News)

→ 1 million d’euros en crowdfunding pour construire une centrale hydroélectrique en Ariège (Usine Digitale)

→ Des particuliers financent un barrage en Ariège (Le Figaro)

Etats-Unis : 77 GW d’hydroélectricité encore inexploités

LES AMENAGEMENTS HYDRAULIQUES DU BEAUFORTAINRapidement intégrée au réseau électrique et non-émettrice de CO2, l’énergie hydraulique s’impose aux Etats-Unis comme un moyen efficace d’atteindre les objectifs 2020 du gouvernement en matière d’énergies renouvelables et de lutter ainsi contre le changement climatique. Le Département américain de l’énergie a en effet publié un rapport dans ce sens destiné à quantifier le potentiel hydraulique inexploité, et à évaluer la portée et la variabilité des approvisionnements hydroélectriques aux Etats-Unis. Un rapport qui fait état de perspectives de développement considérables pour la filière hydraulique, via l’optimisation des installations existantes et l’aménagement des nombreuses rivières toujours inexploitées.


 

L’hydroélectricité, une composante indispensable du mix électrique américain

Selon le rapport du département américain de l’énergie (DOE), la filière hydroélectrique fournit environ 7% de l’approvisionnement en électricité des États-Unis, soit l’équivalent de l’alimentation de plus de 20 millions de foyers. Elle a connu une forte croissance durant la dernière décennie, représente plus de 55.000 emplois directs à travers le pays, et évite le rejet de 20 millions de tonnes de C02 par an.

Ce rapport souligne la diversité du parc hydroélectrique de notre pays, montre son énorme contribution à la constitution d’un mix énergétique américain propre, et pointe des perspectives de croissance très prometteuses pour l’avenir“, a déclaré David Danielson, secrétaire adjoint pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, lors de la Conférence nationale annuelle de l’association Hydropower.

Avec une industrie en pleine expansion et la poursuite des investissements, l’hydroélectricité demeure l’une des sources d’énergie renouvelable les plus efficientes et fiables, et constitue de ce fait un outil indispensable pour renforcer notre approvisionnement en énergie verte“, a-t-il ajouté.

La production d’électricité hydraulique, de par sa réactivité et sa flexibilité, joue en effet un rôle déterminant dans la fourniture d’électricité et dans la stabilité du réseau électrique national. Elle permet notamment aux opérateurs et fournisseurs de répondre rapidement aux fluctuations de la demande d’électricité et constitue de ce fait un atout essentiel dans la production énergétique de nombreux États américains.

Plus de 50 projets hydroélectriques de pompage-turbinage (STEP) permettant notamment de stocker l’énergie renouvelable produite par intermittence (solaire, éolien) sont actuellement en cours de négociation dans le cadre du plan de développement de la filière hydraulique aux Etats-Unis. Ils devraient à terme accroître davantage la flexibilité de la production hydroélectrique et par conséquent, la stabilité du réseau.

Un potentiel inexploité considérable

Le DOE met également l’accent sur la structuration progressive de la filière industrielle hydroélectrique américaine. Plus de 170 entreprises sont aujourd’hui présentes dans 38 états différents et produisent les composants indispensables à l’exploitation hydraulique (turbines, générateurs, transformateurs, conduites forcées, vannes, etc.). Autant d’acteurs qui devraient pouvoir profiter dans l’avenir des 77 GW de puissance hydraulique encore inexploités aux Etats-Unis.

En effet, selon une évaluation du laboratoire nationale de recherche “Oak Ridge” membre du DOE, plus de 90% des barrages en activité aux Etats-Unis ne sont utilisés que pour des services de régulation de l’approvisionnement en eau ou de contrôle de la navigation intérieure, et manquent d’équipements de production d’électricité.

Plus de 50.000 barrages non motorisés à ce jour représenteraient un potentiel de 12 GW de capacités en électricité renouvelable, tandis que les 100 plus grandes installations du pays pourraient fournir 8 GW de puissance cumulée supplémentaire. Les centrales électriques pourraient être ajoutées aux infrastructures existantes à un coût inférieur à la création de nouvelles structures de barrage, permettant ainsi d’alimenter des millions de foyers et d’éviter des millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone chaque année.

Les nouvelles pistes de développement de la filière hydroélectrique préconisées dans ce rapport se composent ainsi à la fois de projets d’équipements des barrages existants mais non producteurs d’électricité, et de l’aménagement des rivières et cours d’eau encore non exploités.

En savoir plus

→ Report is first to quantify U.S. hydropower supplies (Fierce Energy)

→ Hydropower resource assesment and characterization (Energy.gov)

 

En Ariège, EDF poursuit son engagement pour valoriser les ressources hydrauliques

AMENAGEMENT HYDRAULIQUE DE LAPARAN, ARIEGE - @EDF - CONTY BRUNOLe projet de loi de transition énergétique prévoit de porter à 32% la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique française d’ici 2030. Parmi les ressources que le gouvernement entend valoriser, l’eau est au premier plan, avec notamment le développement de la petite hydroélectricité. Dans certains territoires, à l’instar de l’Ariège, la production hydraulique au sein de petites centrales joue déjà un rôle prépondérant, notamment en matière de dynamisme industriel.


 

L’Ariège, un territoire fortement lié à la production hydraulique

Aujourd’hui, Midi-Pyrénées est la troisième région productrice d’hydroélectricité. Comme l’indiquait le cinquième baromètre des énergies renouvelables, cette région a produit en 2013 plus de 50% de sa consommation électrique grâce aux énergies renouvelables. Et la filière hydraulique, historiquement ancrée dans ces territoires, n’y est sans doute pas étrangère.

Un constat encore plus probant si l’on se penche sur le cas de l’Ariège, qui abrite pas moins de 5% des installations hydroélectriques de petite puissance françaises. Le département compte à ce jour pas moins de 150 centrales (16 grandes, 134 petites). “L’histoire économique de l’Ariège est étroitement liée à celle de la valorisation de la force hydraulique, explique Paul-Louis Maurat, président de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège. Le textile, les papeteries n’auraient pas pu se développer s’il n’y avait pas eu d’eau”.

Parmi les micro-centrales hydroélectriques que compte l’Ariège, 90% sont des sociétés d’exploitation qui n’appartiennent pas à un groupe, 89% sont des sociétés privées, et le reste appartient à des collectivités. Seules 10% d’entre elles sont historiquement couplées à des sites industriels. Face à ce constat, la Chambre de commerce et d’industrie escompte un rapprochement entre les différents exploitants afin de répondre de manière optimale aux objectifs de la transition énergétique.

Quel rôle pour EDF en Ariège ?

Il s’agit désormais de structurer une véritable filière hydroélectrique ariégeoise, de mettre en relation des entreprises sous-traitantes du secteur avec des donneurs d’ordres, à l’instar d’EDF. “Nous travaillons depuis quelques années avec EDF autour de l’hydroélectricité et nous avons réalisé un inventaire des sous-traitants qui sont en capacité de répondre aux demandes d’EDF”, indique Nicolas Couvreur, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie.

En 2014, EDF a ainsi investi quelque 10 millions d’euros dans le cadre de travaux menés sur différentes installations hydroélectriques en Ariège. Il s’agissait, pour la plupart, de travaux de grande ampleur, menés notamment sur les barrages de Campauleil, de Goulours, sur la conduite forcé d’Orlu ou au niveau de l’usine du Teich. Au total, les retombées sur le tissu économique local sont estimées à environ 4 millions d’euros.

“EDF et l’hydroélectricité en Ariège, c’est plus de 60 ans d’histoire, déclare Christian Caussidéry, directeur de l’agence EDF Vallées des Pyrénées. Aujourd’hui, c’est 16 grands barrages qui fournissent 1.600 GW/h chaque année, de quoi alimenter 5 fois l’Ariège”. Pour lui, l’objectif prioritaire consiste ainsi à “renforcer la sous-traitance locale” dans le cadre des marchés annuels d’EDF.

En savoir plus

→ Hydro : l’Ariège a une carte à jouer (La Dépêche du Midi)

A la découverte de l’atelier du Service de Réparation Hydraulique de Lau Balagnas

Les Centrales hydroélectriques dans les Pyrénées (Val d'Azun et Luz Pragnères)Début avril 2015 et à l’occasion de la Semaine de l’Industrie, les élèves de deux lycées professionnels de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, sont allés visiter l’atelier du Service de Réparation Hydraulique de Lau Balagnas, dans leur département. L’occasion pour eux de mieux connaître l’hydroélectricité en France et les services de cet atelier, et pour nous de faire le point sur la politique de maintenance des infrastructures hydroélectriques d’EDF.


 

Faire découvrir à des lycéens le monde de l’hydraulique

Dans le cadre de la Semaine de l’Industrie, qui a pour objectif de faire découvrir ce secteur aux jeunes et aux demandeurs d’emploi, une quarantaine de lycéens de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées (65), ont eu la chance de visiter l’atelier du Service de Réparation Hydraulique (SRH) d’EDF de Lau Balagnas.

Situé dans ce même département, cet atelier de maintenance a plusieurs fonctions. Il constitue tout d’abord une base d’intervention pour EDF. Mais surtout, c’est à l’atelier de Lau Balagnas, modernisé en 2012, que sont réparées ou entretenues des turbines, et tout particulièrement les turbines Pelton.

Les élèves des deux lycées professionnels participant à cette visite exceptionnelle ont pu donc observer les différentes facettes du travail de maintenance de l’atelier du Service de Réparation Hydraulique le plus proche de chez eux. Plus largement, ce déplacement était l’occasion pour eux de mieux connaître ou de découvrir le monde de l’hydroélectricité.

L’atelier de Réparation Hydraulique, un maillon de la chaine de maintenance EDF

L’atelier de Réparation Hydraulique de Lau Balagnas constitue un maillon de l’important dispositif de maintenance, de surveillance et d’intervention qui entoure nos centrales hydroélectriques. En effet, le SRH est, avec le Centre d’Ingénierie Hydraulique (CIH) et la Division Technique Générale (DTG) l’une des entités du Groupe de Maintenance Hydraulique (GMH) de l’Unité de Production Sud-Ouest.

L’atelier de SRH de Lau Balagnas constitue en quelque sorte un « bras armé » du Service de Réparation Hydraulique (SRH) d’EDF dans le Sud-Ouest. Trois autres ateliers de ce type existent en France, à Albertville (Savoie, 73), Pont de Claix (Isère, 38) et Mallemort (Bouches-du-Rhône, 13). L’Etat-major du SRH est quant à lui situé à Grenoble et pilote ces différents ateliers.

Tous ces dispositifs répondent à deux objectifs essentiels pour EDF : garantir la sûreté des infrastructures et produire de l’électricité renouvelable de manière performante et compétitive. EDF dispose d’un patrimoine hydraulique important, qu’il est nécessaire de bien entretenir pour accroitre sa fiabilité et sa durée de vie.

Le soin porté par EDF à l’entretien de ses infrastructures

Les centrales hydroélectriques et les barrages français sont donc étroitement contrôlés et soigneusement entretenus par EDF, ce qui permet à la France de disposer de 12% d’électricité d’origine hydraulique. Les ateliers de réparation ont fait l’objet de rénovations ces dernières années, avec l’agrandissement de l’atelier de Lau Balagnas en 2012 et la modernisation de celui de Mallemort en 2015.

Par ailleurs, plusieurs chantiers de travaux sont en cours sur des barrages et des centrales hydroélectriques. C’est le cas par exemple du complexe de Tignes-Malgovert, dont le chantier est récemment entré dans sa troisième phase suite, entre autres, à la rénovation de ses conduites forcées.

A la tête de plus de 25.000 gigawatts installés en France, EDF est le premier fournisseur d’énergie hydraulique de l’Union Européenne.

En savoir plus

→ Semaine de l’Industrie : l’atelier de réparation hydraulique d’EDF de Lau Balagnas (65) a accueilli les lycéens de Tarbes (EDF)

→ GMH Sud-Ouest : Le Groupe de Maintenance Hydraulique de l’Unité de Production Sud-Ouest (EDF, 2007)

→ Service de Réparation Hydraulique : des experts de l’hydraulique au service de la performance (EDF Unité de Production Alpes, 2011)

Le Royaume-Uni va être alimenté en énergie verte norvégienne

Vues de Londres - @EDF - VAUTRIN LAURENT Le fournisseur d’électricité britannique National Grid et son homologue norvégien Statnett viennent d’annoncer leur volonté d’installer 730 kilomètres de câble sous la Mer du Nord d’ici à 2021. L’objectif de ce très grand projet est principalement d’approvisionner le Royaume-Uni en hydroélectricité scandinave pour répondre à la demande croissante du pays en énergie. Une interconnexion sous-marine, la plus longue au monde, permettra aux Britanniques d’acheter de l’électricité verte et renforcera la place de la Norvège comme fournisseur d’énergie incontournable en Europe.


 

730 km de câble sous-marin pour relier la Norvège et le Royaume-Uni

En 2021, des dizaines de milliers de foyers du Royaume-Uni seront alimentés en énergie verte… venue de Norvège ! C’est en tout cas ce que viennent d’annoncer le fournisseur d’énergie britannique National Grid et son équivalent norvégien Statnett. Réunies à Oslo la semaine dernière, les deux entreprises ont confirmé leur projet de dérouler un câble sous la Mer du Nord pour relier les deux pays.

Ce câble, d’une longueur de 730 kilomètres reliera à partir de 2021 les villes de Kvilldal (où est implantée la plus puissante centrale hydroélectrique de Norvège), et de Blyth, en Angleterre. Il disposera d’une puissance de 1,4 gigawatt, ce qui devrait permettre d’alimenter 750.000 foyers britanniques en électricité.

Après un premier projet rejeté en 2013 par les autorités britanniques, deux ans de travail ont été nécessaires aux deux entreprises pour mettre au point ce nouveau projet, d’après le secrétaire d’Etat britannique à l’énergie, Ed Davey.

La Norvège et le Royaume-Uni ne sont pas encore connectés pour échanger de l’électricité. Toutefois, des pipelines relient déjà les deux pays pour approvisionner les britanniques en gaz et en pétrole de la Mer du Nord. L’occasion pour Ed Davey de rappeler que la Norvège constitue « l’un des principaux partenaires [du Royaume-Uni] sur le plan énergétique ».

Importer de l’électricité verte et moins chère

Le coût du projet est estimé à deux milliards d’euros mais devrait permettre aux consommateurs britanniques d’économiser 3,5 milliards de livres (près de 4,8 milliards d’euros) sur 25 ans en achetant de l’électricité moins chère.

Ce câble permettra également au Royaume-Uni de rester alimenté en énergie verte lorsque le vent n’est pas suffisant pour faire tourner les éoliennes du pays. Toutefois, les Britanniques souhaitent que cette interconnexion ne soit pas à sens unique : si un jour le Royaume-Uni parvient à produire plus d’électricité qu’il n’en consomme, ce câble sous-marin devrait permettre d’exporter de l’énergie vers la Norvège.

La Norvège peut se permettre d’exporter de grandes quantités d’électricité car elle bénéficie d’importantes capacités de production hydrauliques. D’ailleurs, un projet d’installation d’un câble de 500 kilomètres entre la Norvège et l’Allemagne est également en projet.

Un projet qui semble gagnant-gagnant donc, puisque la Norvège pourra exporter plus facilement ses surplus d’énergie, et que le Royaume-Uni disposera d’un meilleur accès à une électricité d’origine renouvelable.

Cette volonté d’assurer un bon approvisionnement en électricité s’explique par le fait que, dans les prochaines années, la demande d’électricité (par ailleurs produite de plus en plus par des sources intermittentes comme l’éolien et le solaire) du Royaume-Uni devrait fortement augmenter. La cinquième puissance mondiale anticipe donc pour se prémunir contre le risque de coupures.

Le pays dispose déjà d’interconnexions électriques avec la France, l’Irlande et les Pays-Bas et, le mois dernier, National Grid a annoncé sa volonté de dérouler un câble de 140 kilomètres et d’un gigawatt pour relier le Sud de l’Angleterre à la Belgique.

En savoir plus

→ Norwegian green energy to power UK homes (BBC News, en anglais)

→ UK draws on Norwegian green power with €2bn cable (Financial Times, en anglais)