Un aéroport 100% écologique aux Galapagos

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EDF offre son assistance technique au JaponLa petite île de Baltra (27 km²) fait partie de l’archipel des Galápagos, un ensemble d’îles célèbre pour une faune et une flore uniques, reconnues au patrimoine mondial de l’Unesco. L’équilibre fragile de la biodiversité remarquable de l’archipel, situé à 1.170 km à l’ouest des côtes équatoriennes, s’était détérioré au fil des décennies. Mais grâce à une prise de conscience des autorités locales, en 2010, les Galápagos pu être retirées de la liste de l’Unesco des patrimoines mondiaux en péril. L’aéroport de Baltra, exemplaire sur le plan environnemental, symbolise à lui seul les efforts accomplis.


 

Quand le métal se met au vert

D’abord il y a eu Darwin. Le célèbre naturaliste anglais devait trouver sur l’archipel un véritable laboratoire grandeur nature dont la biodiversité allait bouleverser les travaux. Carlos Valle, chef du département de biologie à l’Université San Francisco de Quito précise d’ailleurs à ce sujet à l’AFP : « S’il était prouvé que Newton s’est inspiré de la chute des pommes pour formuler sa théorie sur la gravitation, on pourrait aussi dire que les îles enchantées (Galapagos) ont été décisives au moment de l’élaboration de la théorie évolutionniste de Darwin». Rien que cela.

Les îles paradisiaques de l’archipel des Galápagos devaient pourtant subir l’influence de l’homme et de sa nature parfois belligérante. C’est ainsi qu’il y a 70 ans, au cœur de la seconde guerre mondiale, Baltra devenait une base militaire américaine. L’île fut occupée par les Forces Armées américaines de 1942 à 1947 qui trouvèrent à Baltra un appui dans la zone sensible de Panama, décisive après l’attaque subie à Pearl Harbor.

Ainsi à la fin de la guerre, certaines espèces de l’île, dont les iconiques iguanes, avaient déserté un territoire devenu impropre à leur mode de vie. Plus tard, l’aéroport de Seymour, nommé ainsi en hommage à un lord britannique du XVIIIe siècle, naissait sur l’asphalte et les vestiges de la base militaire.

L’aéroport de Seymour est désormais une base aérienne 100% écologique et les reptiles préhistoriques sont revenus grâce aux efforts accomplis par les autorités équatoriennes. Le retour des iguanes illustre parfaitement la volonté de redonner à l’île sa beauté originelle. Et Seymour, l’un des trois aéroports qui dessert les Galápagos, a su profiter de ce virage. Le géant de métal s’est ainsi vu transformer en 2011 pour devenir aujourd’hui un aéroport écologique alimenté par énergies renouvelables. Ezequiel Barrenechea, président de Corporacion América, entreprise argentine qui a obtenu la concession de l’aérogare, semble d’ailleurs s’en réjouir : «Nous sommes passés d’un endroit où il y avait l’armée et des avions (de guerre) à un aéroport 100% écologique».

Du soleil et du vent

Aujourd’hui l’aéroport écologique de Seymour fait figure d’exemple dans le contexte de la transition énergétique, faisant au passage un pied de nez aux hydrocarbures puisque sa structure repose sur les anciens cylindres de la base qui servaient à l’acheminement du pétrole.

Le pari n’a pas été chose facile précise Ezequiel Barrenechea : « Construire aux Galapagos, c’est déjà en soi très difficile, car tout doit être apporté du continent par bateau, mais construire de manière durable, c’est encore plus compliqué, partout dans le monde. Si vous additionnez les deux difficultés, alors vous obtenez une réussite importante, en termes d’ingénierie ».

Le rêve est pourtant devenu réalité. Un chantier de 40 millions de dollars débutait ainsi en 2011, consistant dans un premier temps à démanteler l’ancienne aérogare et à recycler près de 80% des matériaux. Un chantier colossal toujours soucieux de préserver la biodiversité locale et achevé en 2013. Tout a été pensé pour respecter au mieux l’environnement et s’inscrire dans une logique de transition énergétique : seule la salle des machines dispose d’air conditionné, l’aéroport ne fonctionne que le jour…

Mais l’atout écologique indéniable réside dans le fait que l’aéroport est alimenté par des énergies renouvelables. Ce sont ainsi des panneaux solaires et trois éoliennes qui viennent alimenter en besoin énergétique l’aérogare de 6.000 m². Des efforts récompensés par le passage quotidiens d’iguanes, qui ne s’y trompent pas, sur les pistes d’atterrissage. Du personnel spécialement formé s’occupe d’ailleurs des animaux en transit afin de leur faire regagner leur milieu de vie habituel en tout sûreté.

Si de par son aspect extérieur, les 400.000 passagers annuels ne peuvent distinguer Seymour d’un aéroport classique, il n’en reste pas moins un véritable exemple écologique. Il a d’ailleurs obtenu en 2014 la plus haute certification existante pour les constructions durables, le Leed Gold, décerné par l’USGBC (Conseil de la construction durable des Etats-Unis), faisant de l’édifice le seul aéroport du monde à avoir reçu cette distinction.

En savoir plus

→ Un aéroport 100% vert au beau milieu des iguanes (20minutes)

→ Énergies renouvelables: l’aéroport le plus écologique du monde est situé aux îles Galapagos (Huffingtonpost)

→ Au milieu des iguanes des Galapagos, un aéroport 100% vert (Libération)

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