2015, année des énergies renouvelables en Allemagne?

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Voilà plusieurs années maintenant que l’Allemagne a décidé de prendre un virage à 180 degrés pour mener à bien sa transition énergétique. Le gouvernement d’Angela Merkel a notamment décidé de faire de la sortie du nucléaire le fer de lance de sa nouvelle politique énergétique, tout en accordant de fortes subventions aux énergies renouvelables. Alors que ces énergies propres ont permis de couvrir, en 2015, un tiers de la consommation d’électricité, la domination du charbon et le prix de l’électricité nuancent pourtant ces résultats. Zoom sur la politique énergétique allemande.


 

La forte progression des énergies renouvelables

L’année 2015 a été une bonne année pour le secteur des énergies propres en Allemagne. Selon les chiffres publiés par le think tank Agora Energiewende, le renouvelable a permis de couvrir un tiers de la consommation d’électricité outre-Rhin.

De manière plus globale, la part du renouvelable dans la consommation d’électricité a progressé de 4,8 points en 2015 : éolien, solaire, biomasse et hydroélectricité représentent désormais 32,5% de l’électricité consommée en Allemagne (contre 27,3% en 2014 et 17% en 2010).

Ces performances sont notamment à mettre sur le compte de la forte progression de l’énergie éolienne, précise le think tank spécialisé dans l’analyse de la transition énergétique. La production d’électricité d’origine éolienne a en effet bondi de 50% sur les 12 derniers mois, en raison des vents forts qui ont soufflé sur le pays en début et en fin d’année 2015.

Entre retour du charbon et hausse des prix de l’électricité

À la suite de l’accident nucléaire de Fukushima, le développement des énergies renouvelables est devenu une priorité pour le gouvernement Merkel. La chancelière a décidé de faire passer la part des énergies renouvelables à 50% de la consommation d’électricité à l’horizon 2030, puis à 80% en 2050. La poursuite de ces objectifs a eu pour effet de favoriser le retour en force du charbon dans le mix allemand (pour compenser la fermeture des centrales nucléaires) et de tirer les prix de l’électricité vers le haut.

En effet, le gouvernement n’a eu d’autres choix que de favoriser le développement des énergies renouvelables à grand renfort de soutien public. L’électricité renouvelable était ainsi fortement subventionnée, et prioritaire dans l’alimentation du réseau électrique allemand. Un subventionnement qui pesait au final sur la facture des particuliers et des entreprises.

L’Allemagne a ainsi commencé à réduire graduellement son soutien aux renouvelables : l’intérêt étant d’amener les énergies propres à trouver leur place naturelle sur le marché. Les effets de cette décision n’ont pas tardé à se faire sentir : la fédération des énergies renouvelables BEE affirme qu’en 2015 le niveau des nouvelles capacités installées devrait avoir sensiblement baissé par rapport à 2014.

Autre critique récurrente : la place dominante du charbon dans le mix énergétique allemand. Alors que les gouvernements du monde entier axent leurs actions sur la décarbonisation de leur économie, Berlin reste trop attachée à cette énergie fossile polluante.

“Finalement seules une douzaine de centrales seront fermées à moyen terme, alors qu’il faudrait un vrai calendrier du retrait du marché de toutes les centrales”, déplore Hermann Falk, directeur de la fédération des énergies renouvelables BEE.

En savoir plus

→ 1/3 de l’électricité consommée produite par les renouvelables en 2015 (Le Matin)

→ Les renouvelables progressent en Allemagne, mais s’inquiètent pour l’avenir (Romandie)

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