4 centrales photovoltaïques verront le jour en Vendée d’ici 2017

centrale solaire - ©EDF - PETIT JEAN LUCLe développement de l’énergie solaire a longtemps été freiné par des coûts de développement élevés. Désormais sur le chemin de la croissance, le photovoltaïque apparait comme une énergie proche de la parité réseau (être rentable sans subvention). À l’heure où le redécoupage territorial renforce les compétences environnementales des collectivités, certains départements se tournent vers cette énergie pour renforcer leur politique énergétique. C’est par exemple le cas de la Vendée, qui vient d’annoncer la future construction de 4 fermes solaires.


 

60 hectares reconvertis en zone de production photovoltaïque

La Société d’Économie Mixte (SEM) Vendée Énergie a présenté, le 5 janvier dernier, quatre projets de centrales photovoltaïques pour ce département situé dans la région des Pays de la Loire. Ces quatre unités de production renouvelables ont été remportées dans le cadre d’un appel à projets gouvernemental portant sur la construction de centrales solaires de grande puissance.

Ces centrales verront le jour d’ici 2017. Elles seront déployées sur d’anciens centres d’enfouissement technique de déchets, dans les communes d’Avrillé, de Givrand, de la Roche-sur-Yon et de Talmont-Saint-Hilaire. Une démarche vertueuse qui permettra de réhabiliter quelque 60 hectares de terrains en les recouvrant par 106.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques de fabrication française (produits à Châtellerault dans la Vienne).

“Ce sont des projets entièrement français”, précise Alain Leboeuf, président du Syndicat Départemental d’Energie et d’Equipement de la Vendée. Le fabricant VMH Énergie s’est également engagé à récupérer les 62.000 panneaux lorsqu’ils arriveront en fin de cycle, d’ici une vingtaine d’années.

Grâce à une puissance installée totale de 18,2 MW, ces quatre centrales permettront de produire annuellement 22,7 GWh d’électricité verte : un volume qui permettra de répondre aux besoins en énergie électrique de plus de 13.400 foyers vendéens.

Le solaire pour renforcer le mix énergétique de la Vendée

Les travaux pour ces projets solaires devraient débuter fin 2016. Vendée Énergie espère ainsi une mise en service au dernier trimestre 2017. Une fois leur production lancée, ces quatre centrales viendront parfaire le mix énergétique renouvelable de la Vendée : “lors de leurs mises en service, elles apporteront 15,5 % de puissance photovoltaïque en plus à notre département”, explique Alain Leboeuf.

Actuellement, les énergies renouvelables représentent 10% du mix électrique vendéen. Elles couvrent les besoins de 40.000 foyers. Soucieux de son engagement dans la transition énergétique, le département s’est fixé un ambitieux objectif de développement : produire 50% de son électricité grâce au renouvelable d’ici 2025.

C’est en 2013 que la Vendée se lance dans l’énergie solaire, avec la construction de la centrale de Foussais-Payré. Un second projet est actuellement sur les rails : la plus grosse centrale photovoltaïque au sol du Grand Ouest (19.000 panneaux solaires) qui devrait voir le jour cette année sur la commune du Poiré-sur-Vie.

Dans le cadre du développement de ses structures photovoltaïques, la Vendée s’était initialement fixée un premier pallier de 53.000 foyers alimentés grâce au solaire d’ici 2020. Un objectif qui devrait être atteint… dès 2018.

En savoir plus

→ Bientôt quatre nouvelles centrales solaires au sol (Conseil Départemental de la Vendée)

→ Vendée : 4 grandes centrales solaires pour 2017 (France 3 Pays de la Loire)

Zambie : l’énergie solaire en réponse à la crise énergétique

BOSTWANA, PROGRAMME NATIONAL D'ELECTRIFICATION RURALEFrappée par une nouvelle panne d’électricité d’ampleur nationale fin décembre dernier, la Zambie fait face depuis plusieurs mois à une crise énergétique sans précédent en raison du faible niveau des eaux qui affecte sa production hydroélectrique. Une situation insoutenable sur le long terme qui entrave le bon développement économique et social de ce pays d’Afrique australe et lui impose une réorientation de son mix électrique vers des sources d’énergie plus abondantes.


 

Un nouveau black-out national

Le 22 décembre dernier, l’ensemble du pays, à l’exception des deux provinces du Sud et de l’Ouest, a été plongé dans le noir. Ce délestage a perturbé l’ensemble des services du pays, notamment les réseaux de télécommunication, et fortement handicapé la production industrielle nationale.

Dans un communiqué, la compagnie d’électricité nationale Zesco a indiqué que les pannes étaient survenues “dans les deux principales centrales électriques, à savoir celles de Kafue Gorge et de Kariba North Bank, à l’interconnexion avec le Zimbabwe“.

La Zambie dépend à 95% de ses barrages hydrauliques pour son approvisionnement en électricité, et connaît actuellement une sévère crise énergétique en raison d’une faible pluviométrie et de la diminution des réserves d’eau. Il s’agit ici du second délestage d’une telle ampleur en moins d’un mois. Le 11 décembre dernier, la même situation s’était déjà produite à cause d’une panne technique et la fourniture d’électricité n’avait été rétablie que le lendemain.

Un déficit énergétique dangereux pour l’économie

Ces pannes à répétition pèsent logiquement sur le moral des populations et l’activité économique des entreprises zambiennes. Le secteur minier, par exemple, qui absorbe à lui seul 50% de la consommation énergétique nationale, est aujourd’hui en grande difficulté suite à l’obligation de réduction de sa consommation de 30% afin d’éviter l’arrêt total de ses activités.

La First Quantum Minerals Ltd, premier investisseur étranger dans le secteur minier, a même annoncé au gouvernement le licenciement prochain d’environ 1090 employés si son approvisionnement énergétique n’était pas rétabli rapidement. 360 de ces postes pourraient être supprimés dans la mine de cuivre de Sentinelle, située à Kalumbila. Un site qui peut produire jusqu’à 300.000 tonnes de métal par an, mais qui ne fonctionne qu’à la moitié de ses capacités de production en raison d’un manque d’énergie évalué à 80 MW.

L’énergie manquante aurait dû être acheminée grâce à une ligne de transmission qui n’a toujours pas été mise en service. “Nous demandons au gouvernement de vite mettre en service la ligne qui acheminera l’énergie de Lusaka jusqu’à Kalumbila. Nous pouvons encore éviter les pertes d’emplois qui ont été annoncées“, a déclaré Joseph Chewe, secrétaire général de l’Union des mineurs de la Zambie.

L’énergie solaire au secours d’une hydroélectricité défaillante

Le gouvernement zambien prévoit toutefois de remédier à cette situation de pénurie dès 2016 via la mise en service au premier trimestre de la centrale thermique de Maamba, et la concrétisation d’un programme de développement de l’énergie photovoltaïque ambitieux. Le président zambien Edgar Lungu envisage en effet de mettre en place, au cours de cette année, plus de 1,5 GW d’énergie solaire afin de réduire sa dépendance à l’énergie hydroélectrique, dont 600 MW dans les plus brefs délais.

Un premier appel d’offres portant sur le développement de deux centrales photovoltaïques de 50 mégawatts à Lusaka, avait été lancé au mois d’octobre dernier. Onze compagnies ont déjà été préqualifiées dans ce cadre selon un communiqué publié le mardi 29 décembre dernier par le groupe Industrial Development Corporation Zambia Limited (IDC), une société d’investissement détenue en propriété exclusive par le gouvernement.

Parmi les compagnies qualifiées figurent la société chinoise Shanghai Electric Power/Avic, le groupe français EDF Energie Nouvelle, le norvégien Scatec Solar, Access Eren Zambia 1, le consortium sud-africain Mulilo Zambia PV1, et le groupe italien Enel Green Power.

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→ 11 compagnies candidates pour le premier projet d’énergie solaire de Zambie (French.people.cn)

→ Zambie : le délestage quasi national du mardi dernier a été causé par une sous-station (Agence ECOFIN)

→ Zambie : la crise énergétique menace plus d’un millier d’emplois dans le secteur minier (Agence ECOFIN)

Centrale solaire sur toiture: Eau de Paris a de grandes ambitions

En novembre dernier, Eau de Paris a annoncé l’adoption d’un ambitieux plan climat-énergie. L’opérateur public en charge de la production et de la distribution de l’eau dans Paris compte notamment éviter annuellement l’émission de 4.500 tonnes équivalent CO2 grâce à la production d’énergie totalement renouvelable. Afin de contribuer à l’atteinte de cet objectif, Eau de Paris a annoncé la construction d’une centrale photovoltaïque en toiture dans le Val de Marne, qui devrait devenir à terme la plus grande installation de ce type en Île-de-France.


 

La plus grande centrale solaire sur toiture d’Île-de-France

Le département du Val de Marne devrait accueillir, d’ici 2018, la plus grande centrale photovoltaïque sur toiture d’Île-de-France. Eau de Paris, régie publique de production et de distribution d’eau, ambitionne en effet de déployer une centrale solaire de 12.000 mètres carrés sur la toiture du réservoir d’eau potable de la commune de Haÿ-les-Roses.

Après des travaux d’étanchéité prévus pour fin 2016, Eau de Paris lancera un vaste chantier afin de recouvrir plus de la moitié de la surface du toit de ce réservoir avec des panneaux photovoltaïques. Près de 10.000 modules devraient être installés en 2017. Lorsqu’elle sera mise en service, cette centrale solaire devrait produire 1.600 Mwh d’électricité par an. De quoi répondre aux besoins électriques de quelques 500 foyers tricolores.

Cette électricité totalement respectueuse de l’environnement, sera en effet injectée directement sur le réseau électrique local. Avec les 700 mètres carrés de panneaux solaires déjà installés sur la façade du réservoir, Eau de Paris permettra d’éviter l’émission de 92 tonnes équivalent CO2 chaque année.

Une démarche en faveur de la transition écologique

“On avait une étanchéité de toiture à refaire alors on s’est dit autant en profiter pour la refaire en solaire! La question des dérèglements climatiques a un impact sur notre production d’eau. On veut faire notre part pour lutter contre ces dérèglements”, a expliqué Célia Blauel, la présidente d’Eau de Paris.

L’installation des panneaux solaires sur la toiture d’un des réservoirs d’eau de Haÿ-les-Roses va nécessiter un investissement de 2,3 millions d’euros. En plus des 3 millions nécessaires aux travaux d’étanchéité. Un coût que la régie de distribution d’eau compte amortir grâce à la revente à EDF de l’électricité produite.

Pour les 6 prochaines années, Eau de Paris a décidé de consacrer une part de 55 millions d’euros de son plan pluriannuel d’investissement à l’accompagnement de la transition écologique sur le territoire. À ce titre, l’étude de l’installation de panneaux solaires devrait devenir systématique pour la société. Une démarche d’autant plus responsable qu’Eau de Paris “a un potentiel fort sur [son] patrimoine”.

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→ L’Haÿ-les-Roses va briller en champion du photovoltaïque (Le Parisien)

→ La plus grande centrale photovoltaïque sur toiture en Ile-de-France (Enerzine)

La plus grande centrale solaire d’Europe inaugurée en Gironde

Mis en avant

C’est à Cestas, dans le département de la Gironde, que la plus grande et la plus puissante centrale photovoltaïque d’Europe a été inaugurée au début du mois de décembre. Développée et exploitée par le producteur d’énergie renouvelable Neoen, cette centrale permet aujourd’hui de constater que le solaire est une énergie renouvelable compétitive, au même titre que l’éolien. Zoom sur un projet aux mensurations hors normes.


 

260 hectares, 300 MW de puissance, 1 million de panneaux

Il y a un an, le site n’était qu’une étendue de pinède abîmée par la terrible tempête qui a touché le Sud-Ouest de la France en janvier 2009. Aujourd’hui, après 10 mois de travaux, il s’agit de la plus importante centrale photovoltaïque d’Europe. Et d’une nouvelle preuve du savoir-faire tricolore en matière d’énergie respectueuse de l’environnement.

Située à quelques kilomètres au sud de Bordeaux, la centrale photovoltaïque de Cestas est aujourd’hui reconnue comme étant la plus grande ferme solaire du continent européen. Une distinction que lui valent ses 260 hectares (soit l’équivalent de 350 terrains de football) qui accueillent quelques 983.500 panneaux photovoltaïques raccordés au réseau électrique d’EDF par plus de 4.000 kilomètres de câbles.

Mais il s’agit également de la plus puissante installation solaire d’Europe : composé de 25 centrales de 12 MW, le parc photovoltaïque de Cestas affiche en effet une puissance totale record de 300 MW. Soit la puissance d’une centrale à charbon ou le tiers d’une tranche nucléaire.

L’exploitant de cette nouvelle installation solaire table ainsi sur une production annuelle de 350 GWh d’électricité. Un volume prévisionnel qui devrait permettre de couvrir les besoins en énergie électrique de quelque 300.000 Français (soit l’équivalent de la population d’une ville comme Bordeaux).

Le photovoltaïque n’est plus seulement une énergie d’appoint

Le raccordement de la centrale photovoltaïque de Cestas au réseau électrique permet de conforter la région Aquitaine dans son rôle de leader du secteur de l’énergie solaire. Grâce à la production de cette nouvelle installation, l’Aquitaine devrait d’ailleurs dépasser la barre du milliard de GWh d’électricité solaire produit.

D’un coût total de 360 millions d’euros, la centrale de Cestas a également permis de faire progresser la capacité de production solaire française de 22% par rapport à la même période en 2014. Le solaire affiche désormais une part de 1,7% du mix électrique de la France contre 1,4% il y a un an.

Xavier Barbaro, le PDG de Neoen, explique que la centrale de Cestas est capable de produire “trois à quatre fois plus d’électricité que d’autres centrales solaires construites en France” grâce à l’orientation est/ouest de ses panneaux solaires. Il s’agit en effet d’une organisation qui permet de resserrer les panneaux afin d’obtenir une puissance par hectare plus importante, mais également “de produire plus tôt le matin et plus tard le soir”.

L’énergie solaire semble donc sur le point d’entrer dans une nouvelle phase de développement. “On peut faire du photovoltaïque sur le toit des maisons mais il ne faut pas s’interdire non plus de faire des centrales de grande taille sur des espaces comme ici, plats et près d’une ligne haute tension. Il y a en France énormément de foncier disponible, de grandes friches industrielles, des terrains pollués, des sites abimés par la tempête et partiellement reboisés”, estime M. Barbaro.

Un contrat d’achat de l’électricité produite a été passé avec RTE sur une période de 20 ans au tarif de 105 euros le MWh. “Au-delà on sera capables de baisser ce prix et livrer une électricité qui sera extrêmement compétitive, du même ordre que l’éolien (87 euros le kWh)”, a également déclaré le PDG de Neoen. “Le photovoltaïque aujourd’hui n’est plus une énergie d’appoint mais peut livrer des volumes importants de manière compétitive”.

En savoir plus

→ Gironde: Inauguration de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe à Cestas (20 Minutes)

→ Énergie solaire : la plus grande centrale d’Europe inaugurée près de Bordeaux (Boursorama)

→ Inauguration de la plus grande centrale photovoltaïque d’Europe à Cestas (Gironde) (Le Moniteur)

Wattway : quand la route devient productrice d’énergie solaire

Biodiversité dans le Poitou-CharentesLa société française Colas, filiale du groupe Bouygues spécialisée dans l’entretien des infrastructures routières, a présenté officiellement le mardi 13 octobre dernier, un nouveau type de revêtement électrogène pour les chaussées. Un nouveau prototype de route solaire capable à la fois de produire de l’électricité renouvelable à grande échelle et de résister aux intempéries et autres aléas de la circulation.


 

Des cellules solaires incorporées à la route

Baptisé Wattway, le nouveau dispositif développé par la société Colas en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines), se présente sous forme de dalles intégrant des cellules photovoltaïques et adaptées à une installation rapide sur la chaussée.

Comme l’explique Colas dans un communiqué, elles sont “enrobées dans un substrat multicouche composé de résines et de polymères, suffisamment translucides pour laisser passer la lumière du soleil et assez résistantes pour supporter la circulation des poids lourds“.

Épaisses de quelques millimètres seulement, ces dalles comprennent des cellules photovoltaïques de 15 centimètres de côté constituant une très fine feuille de silicium polycristallin, et sont capables de résister aux passages répétés des voitures et camions. Elles offrent également une bonne adhérence aux pneus et se collent directement à la route réduisant ainsi les coûts d’installation.

En outre, une portion de route équipée de ces dalles ne nécessiterait pas plus d’entretien qu’une voirie traditionnelle et durerait entre de 15 à 20 ans. Le dispositif Wattway pourrait servir par exemple à alimenter les éclairages publics, les panneaux lumineux de signalisation, les tramways ou les véhicules électriques par système d’induction.

Une source d’énergie renouvelable, locale et abondante

Projet inédit en France qui n’est pas sans rappeler ceux des sociétés SolaRoad aux Pays-bas et Solar Roadways aux États-Unis, Wattway permettra de produire une énergie locale directement injectée dans le réseau de proximité.

Comme l’explique la société Colas, dans les zones urbaines, cette technologie apportera “une énergie renouvelable au plus près des lieux où la consommation d’électricité est la plus élevée et où la demande est en croissance constante“. Dans les régions isolées, où la faible densité de population rend les coûts de raccordement au réseau électrique prohibitifs, la route solaire “permettra de créer des infrastructures de production d’énergie locales et pérennes, en circuit court“.

Autre avantage, avec l’étendue du réseau routier actuel, la technologie Wattway dispose d’un potentiel de développement considérable et pourrait même de manière hypothétique, assurer l’indépendance énergétique de la France.

En effet, selon l’Ademe, 4m² de route solaire suffiraient pour alimenter, hors chauffage, un foyer moyen ; et 1 km linéaire de dalles, une ville de 5 000 habitants. Un rendement significatif qui à l’échelle nationale permettrait de produire l’équivalent de la consommation d’électricité française avec seulement 25% du réseau routier exploités.

Testées actuellement au sein du Campus scientifique et technologique de Colas situé à Magny-les-Hameaux dans les Yvelines, ces dalles devraient être appliquées dans un premier temps à des sites pilotes de 20 m2 à 100 m2. Elles pourraient être commercialisées dès le mois de janvier prochain et disponibles à un coût de 6 euros/watt-crête installée.

En savoir plus

→ Des routes photovoltaïques en France (RFI)

→ Wattway : pleins phares sur la future « route solaire » (Connaissance des Energies)

→ Wattway, la route solaire de Colas pour produire de l’électricité (Futura-Sciences)

COP 21 : l’Inde mise sur l’énergie solaire

EDF EN, PARC PHOTOVOLTAIQUE DE CATALINA SOLAR, CALIFORNIE, USA - @EDF - NEEMA FREDERICQuelques jours seulement après la publication des engagements brésiliens, l’Inde, économie émergente de poids et pays très émetteur de gaz à effet de serre, a évoqué elle aussi son avenir énergétique et sa volonté de miser sur l’énergie solaire pour réduire à terme ses émissions de CO2. Des engagements prometteurs, qui restent toutefois conditionnés à la concrétisation des aides financières et technologiques promises par les pays développés, dans le cadre du fonds vert pour le climat.


 

Développer l’énergie solaire pour limiter le recours au charbon

A défaut de contribution officielle remise à la Convention-cadre des Nation unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Premier ministre indien, Narendra Modi, a souhaité cette semaine démontrer toute la bonne volonté de son gouvernement en matière de lutte contre le réchauffement de la planète. Ce dernier a en effet annoncé un objectif ambitieux de développement dans la filière solaire dont il entend multiplier par cinq la capacité de production dans les années à venir.

Bénéficiant d’un potentiel énergétique solaire significatif, l’Etat de Rajasthan, dans le nord-est de l’Inde par exemple, symbolise aujourd’hui le dynamisme de cette nouvelle filière industrielle indienne et les promesses de cette politique nationale de développement. Plusieurs parcs solaires ont vu le jour ces dernières années et de nombreuses entreprises locales s’équipent désormais en panneaux photovoltaïques.

Le solaire donne des revenus constants et un bon rendement. Ici, la principale matière première, c’est le soleil“, explique Ramakant Tibrewala, président du groupe agroalimentaire Roha Dyechem. Avec un investissement de 800 millions de roupies (11 millions d’euros), Tibrewala a pu implanter 67 rangées de panneaux solaires dans un parc de 10.000 hectares, partagé avec quatre autres entreprises locales. L’homme d’affaire espère connecter son parc au principal réseau électrique dans les prochaines semaines, et produire ainsi plus de 25 MW.

Les perspectives de développement de la filière solaire sont donc prometteuses et joueront très certainement un rôle primordial dans la régulation des émissions de gaz à effet de serre, actuellement en constante augmentation. Pour rappel, l’Inde est toujours le 3ème plus gros pollueur au monde en matière d’émissions de CO2. En cause : le développement croissant de centrales à charbon bon marché, dans un pays où plus de 300 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité.

La volonté d’un accord sur le financement

Si la prise de position gouvernementale en faveur des renouvelables paraît donc encourageante – à seulement quelques mois du grand rendez-vous de Paris pour le climat -, les investissements toujours massifs dans le charbon en Inde viennent atténuer quelque peu le propos.

En effet, malgré l’enthousiasme du président Barack Obama, jugeant positivement l’engagement “agressif” de Modi pour les énergies propres, l’Inde refuse toujours de s’engager sur un calendrier et un objectif de réduction des émissions de CO2 plus précis. Le pays estime que les efforts doivent être consentis en priorité par les pays industrialisés, dont les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont bien supérieures à celles des pays en développement.

Lors d’une rencontre avec le président américain et les représentants français et britannique, lundi 28 septembre, en marge de l’Assemblée Générale de l’ONU, Narendra Modi a ainsi demandé à ce que le futur accord sur le changement climatique aide les pays en développement à accéder à des financements et à la technologie.

Nous attendons avec impatience un résultat complet et concret à Paris avec un agenda positif pour lutter contre le changement climatique qui se concentre aussi sur l’accès aux financements et à la technologie pour le monde en développement, notamment les pays pauvres et les petits Etats insulaires” a-t-il déclaré.

Les pays développés – émetteurs historiques des gaz à effet de serre – sont donc une nouvelle fois rappelés à leurs obligations d’aide et de financement envers les pays en développement et émergents. Ces derniers réclament notamment que soit précisée la façon dont les pays industrialisés comptent débloquer les 100 milliards de dollars par an promis d’ici 2020 pour le financement de la transition vers des énergies propres et renouvelables.

En savoir plus

→ L’Inde joue la carte du solaire avant la conférence de Paris sur le climat (Le Parisien)

→ L’Inde rencontre les Etats Unis avant les discussions de Paris sur le changement climatique (Actualités News Environnement)