Voitures électriques : les ventes progressent de 64% en 2015

voiture electrique - ©EDFEn France comme dans le monde, le secteur des transports est aujourd’hui responsable d’un quart des émissions de dioxyde de carbone. Face à cette situation, la mobilité électrique semble plus que jamais nécessaire pour lutter contre la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique. Malgré la baisse des cours du pétrole et les craintes liées à l’autonomie limitée des batteries rechargeables, de plus en plus de conducteurs se laissent séduire par les moyens de transport respectueux de l’environnement. Les véhicules électriques continuent ainsi de se démocratiser, notamment en France où les ventes ont progressé de 64% sur l’année 2015.


 

10.561 voitures électriques en plus sur les routes françaises

Le marché de la voiture électrique ne se sera jamais aussi bien porté qu’en 2015. Selon les statistiques publiées début janvier par le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), ce ne sont pas moins de 17.266 véhicules électriques neufs qui ont été immatriculés l’année dernière en France.

Les ventes de voitures à motorisation électrique progressent ainsi de 64% par rapport à 2014, année au cours de laquelle 10.561 unités ont été mises en circulation sur les routes hexagonales. L’électromobilité représente désormais une part de marché de 0,9% (contre 0,59% l’année dernière).

La Zoé, citadine électrique du constructeur automobile Renault, est le véhicule électrique le plus plébiscité par les Français. Avec 10.407 immatriculations en 2015, ce modèle se place en effet sur la première place du podium des ventes de voitures propres. Mieux, la Renault Zoé se hisse à la 41ème place des voitures préférées des Français, toute motorisation confondue.

Le marché des voitures hybrides a également connu une forte progression en 2015. Avec 61.619 immatriculations, les ventes de véhicules à motorisations essence/électricité progressent de 43,5% (et représentent 3,2% de part de marché).

La forte progression des ventes “confirme que les véhicules électriques rentrent dans les moeurs et prennent leur place sur le marché”, a déclaré Joseph Beretta, le président de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France). Même son de cloche du côté des professionnels, qui se disent optimistes pour 2016 en raison du renforcement des dispositifs d’incitation à l’achat des véhicules propres.

Le gouvernement abaisse le seuil d’éligibilité au superbonus de 10.000 euros

Le gouvernement français a instauré en avril 2015 un superbonus de 10.000 euros pour les personnes qui se débarrassent d’un vieux véhicule diesel de plus de 14 ans pour acheter une voiture électrique. Face au succès de cette mesure, le ministère de l’Écologie a décidé d’abaisser le seuil à 10 ans à partir du 1er janvier 2016.

“Concrètement, cela va tripler le parc éligible”, estime Philippe Buros, directeur commercial France de Renault. Les deux tiers des personnes ayant acheté un modèle électrique à la marque au losange auraient d’ailleurs bénéficié de ce superbonus.

D’autres mesures devraient permettre au secteur de l’électromobilité de se renforcer en France en 2016 : exonération fiscale de la carte grise pour les véhicules propres dans certains départements, autorisation de circulation lors des pics de pollution… Les infrastructures de recharge se développent également : 10.000 points ont ouvert fin 2015.

“Toutes les conditions sont réunies pour qu’on continue à faire une croissance importante sur 2016″, se réjouit M. Burros. Surtout que la croissance du marché de l’électromobilité s’inscrit dans le cadre d’un prix du pétrole extrêmement faible.

Malgré des chiffres réduits par rapport au neuf, le marché de l’occasion se développe. Il a même doublé depuis 2013. En 2015, sur un marché total de 5,5 millions d’unités, 3.730 voitures électriques usagées ont retrouvé un nouveau propriétaire.

En savoir plus

→ Voitures électriques: +64% en 2015 en France malgré la baisse du pétrole (TV5Monde)

→ Renault ZOE : la voiture électrique se vend bien en France (Breezcar)

Le gouvernement dévoile les lauréats de l’appel à projets ITE EMR

éolienne-mer - ©EDF - Philippe EranianLa ministre de l’Environnement, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, a rendu public le mardi 22 décembre dernier les résultats de l’appel à projets “Instituts pour la Transition Energétique (ITE) édition 2015″ destiné à favoriser la recherche et le développement technologique des énergies marines renouvelables sur le territoire français. Les dix laboratoires de recherche et entreprises sélectionnés ici se partageront plus de quatre millions d’euros de subventions publiques délivrées au titre du programme des investissements d’avenir.


 

La France, futur leader des énergies marines renouvelables

La France bénéficie d’un fort potentiel pour le développement des énergies marines renouvelables du fait de sa situation géographique en métropole comme en Outre-mer. Vent en mer, houle et vagues, courants de marée, gradient de température entre surface et profondeur, ces énergies marines sont abondantes sur les rivages continentaux et insulaires et peuvent être valorisées à l’échelle nationale.

L’exploitation de ce potentiel au service de la transition énergétique et de la croissance bleue nécessite toutefois un accompagnement pour amener ces technologies à maturité et structurer les filières industrielles dans les secteurs de l’énergie hydrolienne, de l’éolien marin posé ou flottant, de l’énergie houlomotrice et de l’énergie thermique des mers. Cet accompagnement est destiné à faire de la France le leader des énergies marines en Europe dans les années à venir.

Pour cela, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) a lancé en juillet 2015 un appel à projets sur les énergies marines renouvelables dans le cadre de l’action Instituts pour la Transition Energétique du Programme des Investissements d’Avenir.

Soutenir la recherche et l’innovation

Mené en collaboration avec l’institut de recherche France Energies Marines, cet appel à projets a pour objectifs de constituer un socle de compétences technologiques solide pour le FEM et d’acquérir des données stratégiques pour le développement de l’ensemble de la filière et la réduction du coût de l’énergie.

Comme le précise le ministère de l’environnement dans son communiqué, “les projets lauréats sont portés par des membres de FEM (industriels ou organismes de recherche), ou par des consortiums associant des PME et des laboratoires de recherche à statut public non membres de FEM. Ils représentent un investissement total de 9,689 millions d’euros et un montant total d’aides du Programme Investissement d’Avenir de 4,084 millions d’euros“.

Les principales thématiques couvertes par ces projets sont la caractérisation des sites, la modélisation et l’évaluation des impacts environnementaux, et le développement des technologies.

Parmi les lauréats, on retrouve entre autres le projet HYD2M/PHYSIC/THYMOTE destiné à modéliser les différents aspects complémentaires de la ressource hydrolienne au Raz Blanchard, le groupe Eolink et son nouveau concept d’éolienne flottante de grande taille, ou encore le projet 3MDDTA et son logiciel de modélisation 3D des parcs hydroliens marins.

Un nouvel appel à projets EMR en 2016

Après le succès de cette première édition, un nouvel appel à projets d’un montant de trois millions d’euros sera lancé par l’ANR au premier trimestre 2016, sur le même modèle de partenariat entre l’Etat et France Énergies Marines.

Il permettra de compléter le panel de projets sur les thématiques à enjeux fort pour la recherche dans le domaine et l’industrialisation des technologies. Au total, une enveloppe de 10 millions d’euros sur trois ans a été prévue pour soutenir le développement des énergies marines renouvelables.

Pour rappel, l’institut FEM est bâti autour d’un large partenariat public-privé qui fédère l’ensemble des acteurs du secteur des Energies Marines Renouvelables. Il regroupe à l’heure actuelle plus de 30 acteurs parmi lesquels des industriels (EDF, DCNS, etc.), des structures académiques et scientifiques (universités de Nantes et de Caen), et des collectivités territoriales (régions Bretagne, Pays de la Loire).

En savoir plus

→ EMR : les lauréats de l’appel à projets pour la transition énergétique dévoilés (Le Marin)

→ Energies marines renouvelables : dix candidats sont lauréats de l’appel à projets ITE (Actu-Environnement)

→ Énergies marines renouvelables : 10 projets lauréats de l’appel à projets ITE EMR 2015 (Communiqué de presse)

Le chinois CGN investit 1 milliard d’euros dans le solaire en France

toit d'une serre chauffée par énergie solaire  - EDF © Gilles HuguetLe groupe chinois CGN Europe Energy (CGN-EE) a annoncé le mercredi 9 décembre dernier la signature d’un accord avec la PME girondine Inovia Concept Développement (ICD) pour un investissement de plus d’un milliard d’euros dans un projet de production d’énergie solaire. Créée en 2013 et spécialisée dans les énergies renouvelables, la filiale du groupe nucléaire chinois CGN espère via ce nouveau partenariat installer et développer un gigawatt de capacités de production photovoltaïques dans l’Hexagone d’ici 2020.


 

Une production minimale d’un gigawattheure d’ici cinq ans

Le bureau d’études et de gestion financière ICD, spécialisé dans les projets photovoltaïques agricoles (investissement et exploitation), a officialisé la semaine dernière un important partenariat avec la compagnie China General Nuclear power, homologue d’EDF en Chine.

Selon les termes de cet accord d’investissement, la société girondine commercialisant des hangars agricoles recouverts de panneaux solaires, s’engage à atteindre un objectif de production annuelle de 1 GW dans les 5 prochaines années, soit l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire.

La compagnie nucléaire chinoise déjà très engagée dans les énergies renouvelables en Chine, multiplie les investissements depuis son arrivée à la Défense et compte sur un développement rapide de son parc de production renouvelable. L’objectif de 1 GW annoncé est ici un minimum que la société française se devra d’assurer, voire de dépasser.

Comme l’explique Wei Lu, PDG de CGN-EE, “nous voulons atteindre les 500 MW (la moitié de l’objectif-NDLR) d’ici deux ans avec notre partenaire ICD. Nous sommes une entreprise d’Etat chinoise et nous voulons aller vite. Le contrat global est prévu sur 5 ans mais nous souhaitons aller plus vite si nécessaire. Et nous ferons appel à d’autres partenaires le cas échéant“.

Des hangars agricoles photovoltaïques par milliers

Pour y parvenir, la société ICD devra accélérer son développement et revoir à la hausse ses prévisions de construction de centrales photovoltaïques. Les prévisions actuelles font état de 500 constructions de hangars et toitures solaires pour un montant avoisinant les 96 millions d’euros en 2016 avec une montée en puissance rapide pour atteindre l’objectif du contrat. Près de 10.000 constructions environ seront toutefois nécessaires pour atteindre l’objectif de 1 GW.

Dans les faits, ICD sera chargée de réaliser les études techniques et de faire construire les bâtiments qui accueilleront les panneaux solaires, ainsi que d’en assurer la maintenance. CGN, quant à lui, financera les travaux et gérera l’installation et la revente de l’électricité à EDF.

Chaque agriculteur pourra ainsi bénéficier d’un hangar photovoltaïque d’une valeur de 70.000 euros pour un investissement de seulement 8.000 euros. CGN-EE en sera la propriétaire pendant trente ans et l’investissement sera amorti par la revente de l’électricité produite, l’exploitant devenant ensuite propriétaire.

La réalisation de ces projets devrait permettre la création de plus d’un centaine d’emplois directs au sein de la société ICD et de 3.000 emplois indirects dans le secteur du bâtiment et des énergies renouvelables.

CGN, un partenaire de longue date

Si cet investissement marque l’entrée de CGN dans la filière solaire française, il n’en est pas pour autant à sa première collaboration. Le groupe chinois est un partenaire historique du français EDF dans la filière nucléaire.

C’est la première fois qu’on entre dans le solaire en France. Nous sommes déjà dans l’éolien. C’est très important pour nous. La France est très sûre pour les investissements, le tarif de rachat de l’électricité est stable et nous avons un partenaire de confiance“, ajoute Wei Lu.

Les deux groupes construisent deux réacteurs EPR à Taishan en Chine, et ont conclu avec le gouvernement britannique le 21 octobre dernier, une série d’accords en vue d’une décision finale d’investissement dans le projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Dans les renouvelables, CGN-EE a également fait l’acquisition récemment, auprès d’Eolfi, d’un portefeuille éolien d’environ 80 MW, baptisé “Fujin”.

En savoir plus

→ Le numéro 1 chinois du nucléaire veut investir un milliard dans le solaire en France (L’Usine Nouvelle)

→ Le Chinois CGN investit 1 milliard dans le solaire en France (Reuters)

→ Qui est Inovia, la start-up qui a séduit le géant chinois de l’énergie CGN ? (Green Univers)

La France et la Chine s’engagent pour un accord climatique “contraignant”

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zone urbaine Chine - ©EDF - BOURGEOIS PHILIPPEAfin de boucler sa tournée internationale sur le climat, le président français était en Chine au début de la semaine, où il s’est entretenu avec son homologue Xi Jinping. Les deux chefs de l’Etat ont affiché leur “détermination à œuvrer ensemble” pour le succès de la COP21 et parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant.


 

Mécanisme de suivi des engagements et volonté de transparence

Confrontée à de graves problèmes de pollution atmosphérique, la Chine semble peu à peu s’ouvrir à la cause environnementale et renforce depuis quelques mois son action en faveur du climat.

Après avoir publié l’an dernier une contribution prometteuse, fixant son pic d’émissions de CO2 en 2030, le gouvernement chinois a cette semaine accepté de s’engager auprès de la France sur un projet d’accord contraignant pour le climat, chose à laquelle il s’était toujours refusé jusqu’à présent.

La déclaration commune signée ce lundi entre François Hollande et son homologue chinois Xi Jinping fait en effet état de nouvelles exigences imposant un mécanisme de révision des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre tous les cinq ans.

Cette révision périodique est indispensable pour revenir progressivement vers la trajectoire compatible avec la limitation à deux degrés du réchauffement de la planète“, a fait valoir à cette occasion le président français.

Les deux pays se disent ainsi “favorables à ce qu’une revue complète ait lieu tous les cinq ans sur les progrès accomplis” et plaident pour l’instauration d’un “dialogue facilitateur” permettant de recenser ces progrès dès 2017-2018 et renforcer la lutte contre le réchauffement avant même 2020.

Un tel mécanisme permettrait donc aux 196 parties prenantes dans le cadre de l’accord global attendu, d’actualiser régulièrement leurs contributions déterminées au niveau national.

La Chine, un allié de poids pour le climat

La France, organisatrice de la COP21, espère donc qu’une telle clause fera partie du premier accord universel sur les changements climatiques qu’elle souhaite voir signé en décembre à Paris, et compte pour cela sur l’influence de son nouvel allié.

La Chine, plus gros pollueur à l’échelle mondiale et chef de fil des 134 pays en développement et émergents du G77, jouit d’une position privilégiée de par son statut mixte de pays émergent et de pays industrialisé, et devrait certainement peser dans la balance lors des négociations à venir.

Paris et Pékin ont par ailleurs affiché leur entente sur le financement de l’adaptation des pays les plus vulnérables au réchauffement climatique ou la mise en place d’un marché du carbone. Ils appellent pour cela à consacrer le principe de responsabilités communes mais différenciées pour limiter la hausse de la température mondiale en-dessous de 2°C.

Une déclaration qui pousse à l’optimisme

Si le succès de ces négociations n’est toujours pas garanti, le soutien chinois constitue toutefois pour François Hollande un pas en avant significatif vers la conclusion d’un accord ambitieux.

La signature de cette déclaration “ne veut pas dire que la conférence de Paris va forcément être un succès. L’échec est toujours possible. Mais les conditions du succès ont été posées à Pékin aujourd’hui“, a déclaré le président français.

De son côté, le président chinois a estimé que cette déclaration commune, qui comporte 21 points, montrait “l’engagement commun de faire réussir la conférence de Paris“.

A ce jour, les objectifs nationaux de réduction des GES transmis à l’ONU par 155 des 195 pays participant à la COP21, font envisager un réchauffement de la planète d’environ 2,7°C. Soit bien plus que les seuils de 1,5 °C à 2 °C évoqués lors de la dernière session de négociations organisée à Bonn.

En savoir plus

→ Paris et Pékin veulent un accord “contraignant” à la COP 21 (La Tribune)

→ La Chine et la France s’engagent avant la COP21 (Capital)

→ COP21 : la Chine et la France s’engagent contre le réchauffement climatique (Boursier)

19,3% de la consommation électrique française couverte par le renouvelable

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Si l’on se fie au panorama de l’électricité renouvelable récemment publié par la société RTE, la croissance du parc renouvelable français poursuit la tendance débutée en 2014. Une croissance tirée par les énergies éoliennes et photovoltaïques, qui devrait permettre d’atteindre à 95,5% les objectifs que poursuit le gouvernement français pour l’échéance 2020. Retour sur un an de croissance verte dans le secteur électrique français.



La progression du renouvelable dans le mix électrique français

La société RTE, qui gère le réseau de transport d’électricité français, a publié lundi 12 octobre son traditionnel panorama de l’électricité renouvelable. Cette étude révèle qu’entre le 1er juillet 2014 et le 30 juin 2015, les énergies renouvelables ont permis de couvrir 19,3% de la consommation électrique en France métropolitaine. Le volume d’électricité renouvelable produit sur cette période s’est élevé à quelques 91,3 TWh.

Grâce à une puissance installée de 1.913 MW tout au long de ces 12 mois, ce sont les filières éoliennes et photovoltaïques qui ont le plus contribué à la croissance du renouvelable dans notre mix électrique. Ces deux sources représentent désormais un tiers des capacités de production renouvelable de l’Hexagone.

Au moment de la rédaction de son panorama, RTE a estimé la puissance installée du parc de production d’électricité renouvelable à 42.582 MW. Fin juin, la puissance du parc éolien s’élevait à 9.769 MW (dont 1.093 MW raccordés depuis le 1er juillet 2014) alors que le solaire affichait 5.072 MW (dont 820 MW supplémentaires).

RTE précise également que la filière des bioénergies (bio-gaz, bois-énergie, valorisation des déchets ménagers…) affichait une puissance de 1.693 MW pour une production de 5,6 TWh d’électricité (en croissance de 6% par rapport à la période précédente). Enfin, malgré une importante part dans le mix électrique tricolore (12,9%), le parc hydraulique ne connait pas d’évolution significative depuis la fin des années 90.

Vers l’atteinte des objectifs français en matière de renouvelable ?

C’est à travers la loi sur la transition énergétique, adoptée cet été, que la France s’est fixée d’ambitieux objectifs en termes de déploiement des énergies vertes. Il s’agira notamment d’atteindre une part de 40% d’électricité renouvelable dans le mix énergétique d’ici 2030.

Pour atteindre ces objectifs, la France compte notamment déployer une puissance éolienne de 19.000 MW d’ici 2020. Un objectif intermédiaire qu’il sera peut-être compliqué d’atteindre en raison d’un rythme actuel de développement jugé insuffisant. RTE estime en effet que le secteur éolien est pénalisé par la lenteur de développement des projets ainsi que par l’incertitude juridique qui règne autour du tarif de rachat bonifié.

Du côté du déploiement de l’énergie solaire, les résultats sont encourageants. Le photovoltaïque a en effet connu une croissance suffisamment forte pour pousser le gouvernement à augmenter ses objectifs pour 2020 : il s’agit désormais de viser une puissance installée de 8.000 MW (5.400 MW à l’origine). Enfin, l’hydroélectricité a quasiment atteint son objectif de 30.000 MW.

Selon les résultats du panorama publié par RTE, la France est donc en bonne voie pour atteindre ses objectifs de 2020. Si l’on considère la puissance du parc actuel et les projets en attente, le contrat sera rempli à 95,5% !

En savoir plus
→ 19,3 % de la consommation électrique française couverte par les ENR sur 1 an (La France Agricole)
→ En France, l’éolien a du retard et le solaire de l’avance (Le Monde)
→ Energies renouvelables : la France est dans les temps (Construction Cayola)

L’approvisionnement électrique français sécurisé jusqu’en 2020

Poste électrique et lignes de départ à l'usine hydraulique de Rizzanese - ©EDF Bruno ContySelon les dernières prévisions publiées par le gestionnaire du réseau électrique français RTE concernant l’équilibre offre et demande d’électricité sur la période 2015-2020, la France devrait retrouver des marges de sécurité confortables de 4.800 MW lui permettant de garantir la stabilité du réseau dans toutes conditions. Une amélioration significative donc, qui s’explique notamment par l’activation par les producteurs et les opérateurs d’effacement de nouveaux leviers d’action mis en place en 2014, mais aussi par une baisse de la consommation électrique et par une augmentation des capacités de production.


 

De nouvelles capacités de production disponibles

Si le matelas de sécurité électrique de la France a bel et bien retrouvé de l’épaisseur, c’est avant tout grâce au maintien et au développement des capacités de production électrique. En effet, sur les 4,8 GW de marge évoqués par RTE, près de 3,8 GW résulteraient des opérations de dépollution des centrales au fioul non conformes, et du maintien en activité des centrales à gaz. Ces dernières ne devraient pas être remises sous cocon cet hiver. 

Les énergies renouvelables, en poursuivant leur dynamique de croissance, contribuent également au rétablissement des marges de sécurité électrique de la France. L’éolien terrestre devrait croître de 1.000 MW par an jusqu’en 2020, et les premières capacités d’éolien offshore (1000 MW) seront installées courant 2019. La filière photovoltaïque devrait voir sa capacité de production croître de 3.500 MW.

Le recours croissant à l’effacement

En parallèle, les effacements de marché se développent et compenseront en partie l’érosion des effacements tarifaires (liés à la fin des tarifs réglementés Jaune et Vert). “La capacité globale d’effacement est estimée à plus de 3.000 MW/an jusqu’en 2020, sans tenir compte de l’effet du mécanisme de capacité qui pourrait faire émarger des capacités supplémentaires“, a souligné RTE.

L’effacement est une pratique qui consiste pour un consommateur (particulier ou entreprise) à réduire temporairement et volontairement sa consommation de courant pour soulager les tensions du réseau électrique, notamment pendant les périodes de pointe. Une prime de 16 euros par mégawattheure (MWh) effacé est attribuée aux opérateurs d’effacement chez les particuliers pendant les heures pleines (de 7 heures à 23 heures) et de 2 euros/MWh le reste du temps, selon un arrêté édité en 2014.

L’effet du mécanisme de capacité

Le marché de capacités oblige quant à lui, chaque fournisseur à apporter la preuve qu’il peut approvisionner tous ses clients lors des pointes de consommation. Il incite ces fournisseurs à accompagner leurs clients pour mieux consommer en réduisant leur pointe de consommation. Il contraint les producteurs d’électricité à s’engager à l’avance sur la disponibilité et le fonctionnement de leurs centrales. Enfin, il favorise le développement d’offres d’effacement de consommation efficaces et respectueuses de l’environnement.

Ce marché prévoit une rémunération supplémentaire aux exploitants qui peuvent garantir que leurs centrales pourront produire de l’électricité un “instant t”, et permet avant tout de sécuriser l’approvisionnement électrique lors des pics de consommation, très fréquents en hiver en France.

Les producteurs d’électricité sont ainsi incités financièrement à conserver des moyens de production disponibles pour répondre à des augmentations ponctuelles de la consommation, en dépit du fait que certaines de leurs centrales ne seraient plus rentables sans ces incitations. Ces même producteurs doivent s’engager en contrepartie sur la disponibilité et le fonctionnement de leurs centrales sur une période donnée.

Les fournisseurs devront dans ce cadre recenser et faire certifier tous leurs moyens de production, et leur portefeuille de consommateurs. Ils ont jusqu’au 15 octobre pour faire certifier par RTE les moyens de production qui seront disponibles en 2017, quand le dispositif sera pleinement opérationnel.

En savoir plus

→ Electricité: la France retrouve des marges de sécurité jusqu’en 2020 (Techniques de l’Ingénieur)

→ Offre-demande d’électricité : la France retrouve des marges de sécurité (Enerzine)