L’AIE dresse un tableau de la situation énergétique mondiale en 2040

Equipes de la DOAAT à Cap AmpèreDans un rapport publié le mercredi 12 novembre 2014, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) tente de prévoir les grandes composantes de la situation énergétique mondiale à horizon 2040. Si certaines bonnes nouvelles sont à noter, la lutte contre le réchauffement climatique est loin d’être gagnée, avec une augmentation de la température mondiale qui pourrait atteindre 3,6 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.


 

Le nucléaire et les énergies renouvelables en bonne forme

De prime abord, il convient de résumer les grandes dynamiques mises en lumière par ce rapport. Premièrement, cette étude renforce l’idée selon laquelle le nucléaire est une énergie d’avenir. Capable de fournir de l’énergie en abondance et sans intermittence, l’atome est en effet cité par l’agence internationale comme l’un des principaux moyens de lutter contre les émissions à effet de serre. Avec une puissance installée qui devrait grimper de 60 % à l’échelle mondiale au cours des 25 prochaines années pour passer de 392 gigawatts (GW) en 2013 à plus de 620 GW en 2040, l’atome a de beaux jours devant lui. À noter toutefois que cette croissance sera portée à hauteur de 45% par la seule Chine, alors que le nucléaire devrait baisser de 10% en Europe sur la même période.

Parallèlement, près de la moitié de la hausse prévue de la production électrique sera normalement couverte par les énergies vertes. En effet, à l’échelle mondiale, la part relative de l’éolien et du photovoltaïque devrait être multipliée par quatre. Dans l’Union Européenne, l’énergie éolienne sera, selon le rapport, à même d’assurer 20% des besoins en électricité d’ici 25 ans. In fine, les énergies renouvelables représenteront en 2040 un tiers de la production électrique mondiale.

Le poids des énergies fossiles toujours palpable

L’AIE met également en relief un phénomène à double-tranchant : l’absence de pénurie des sources d’énergies fossiles d’ici 2040. En effet, aucune pénurie de pétrole ou de gaz n’est à prévoir pendant les 25 prochaines années selon l’agence. Cette situation est majoritairement liée à l’essor du gaz et du pétrole non-conventionnels.

Autre évolution notable : l’énergie fossile la plus polluante, à savoir le charbon, est en train de vivre ces dernières années de croissance. En résumé, le mix énergétique mondial sera composé de quatre groupes à peu près égaux : le pétrole, le gaz, le charbon et les autres sources d’énergies, qu’elles soient vertes ou peu polluantes en matière de gaz à effet de serre (le nucléaire par exemple). Une évolution qui permettrait donc de suivre l’augmentation de la consommation d’énergie mondiale, de l’ordre de 37% d’ici 2040.

Malheureusement, l’agence, qui fait partie de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), prévoit aussi que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et de la température ne cessera pas. Cette hausse serait portée à 60% par la seule Asie. Comme un symbole, la Chine ravira le titre de premier consommateur de pétrole mondial aux États-Unis vers 2030. Reste à voir en quoi les récents engagements pris par la Chine, aux côtés des Etats-Unis , pourront changer la donne après 2030…

Échéances et objectifs pour la lutte contre le réchauffement climatique

L’agence, qui fait partie de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), rappelle dans son rapport que l’objectif international de cantonner la hausse de la température mondiale à 2 degrés Celsius est plus que jamais d’actualité. En ce sens, les auteurs du rapport on écrit : « cet objectif de 2 degrés requiert des actions urgentes afin de ramener le système énergétique sur une voie plus sûre ». Fatih Birol, l’un des principaux auteurs du rapport, tempère tout de même ces propos en expliquant que la croissance mondiale se dirige vers des modèles de moins en moins énergivores.

Selon le GIEC, le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, il est nécessaire de ne pas dépasser le seuil des 1.000 gigatonnes de CO2 après 2014 afin de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés. Il convient donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 40% entre 2014 et 2050. Reste à voir si de nouvelles mesures concrètes seront prises d’ici la conférence de l’ONU sur le climat de Paris fin 2015.

En savoir plus :

→ Selon l’AIE, la température sur terre pourrait grimper de 3,6 degrés d’ici à la fin du siècle (Le Monde)

Le poids de l’énergie dans les émissions mondiales de CO2 (Infographie)

Si le mix électrique français est largement « décarbonné », en raison de la part importante du nucléaire et de l’hydraulique, la production d’électricité est l’une des principales sources d’émissions de CO2 au plan mondial.


 

La production d’énergie est à l’origine de 60% des émissions mondiales de CO2. Environ 40% des émissions de CO2 liées à l’énergie sont causées par la production d’électricité, alors que le secteur des transports est responsable de 20%.

« Décarboner » la production d’électricité est donc un enjeu déterminant pour réduire les émissions de CO2 mondiales, sachant que 67% des énergies utilisées pour produire de l’électricité sont fossiles et donc fortement émettrices des gaz à effet de serre.

Les énergies non fossiles, qui n’émettent pas ou peu de CO2, occupent seulement 33% du mix électrique mondial : 16 % de l’électricité mondiale est d’origine hydroélectrique, 14% est produite par le nucléaire et 3% est issue des nouvelles énergies renouvelables.

Le potentiel de réduction des émissions de CO2 dans la production d’électricité étant conséquent, les modes de production d’électricité propres doivent être développés en priorité pour préserver l’environnement et limiter le phénomène de réchauffement climatique.

poids de l'énergie dans les émissions de CO2 - © EDF

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Le poids de l’électricité dans les enjeux énergétiques globaux (Infographie complète)

Comment est produite l’électricité dans le monde ? (Infographie)

Si les énergies fossiles permettent de produire les deux tiers de l’électricité mondiale, la part des différentes sources d’énergie dans le mix électrique peut varier très fortement d’un pays à l’autre.


 

Grâce à l’importance de ses parcs nucléaires et hydrauliques, la France est l’un des pays qui produit le moins d’électricité à partir des énergies fossiles (et donc parmi ceux qui émettent le moins de CO2).

Un mix qui contraste fortement avec celui de la Chine, qui produit près de 80% de son électricité dans des centrales thermiques.

Le cas chinois n’est cependant pas isolé. Même aux États-Unis et au sein de l’Union Européene, la majorité de l’électricité est toujours produite à partir des énergies fossiles.

67% de l’électricité mondiale provient aujourd’hui des centrales thermiques, même si d’autres sources d’énergie se développent (énergies nouvelles, hydraulique, nucléaire…).

Comment est produite l'électricité dans le monde

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Électricité dans le monde: production et émissions de CO2 (Infographie complète)

Le poids de l’électricité dans les enjeux énergétiques globaux (infographie)

D’ici 2050, selon l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), la demande d’énergie mondiale sera multipliée par 1,5 (et l’électricité par 2) en raison de l’augmentation de la population et de la très forte croissance de la consommation énergétique des pays en voie de développement.


 

Cette explosion de la demande en énergie aura un fort impact environnemental : 60 % des émissions mondiales de CO2  sont liées au secteur de l’énergie – dont 40 % sont liées à l’électricité.

Dans ce contexte, la part des énergies non fossiles, c’est-à-dire non émettrices de CO2 (nucléaire et énergies renouvelables), dans le mix énergétique mondial est capital. Si on veut espérer limiter le réchauffement climatique, il faudrait inverser le mix mondial, aujourd’hui à 60 % fondé sur le charbon et le gaz, pour qu’il devienne majoritairement non émetteur de CO2 (hydraulique et autres ENR, nucléaire…).

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→ Infographie sur Le poids de l’électricité dans les enjeux énergétiques globaux (PDF)

La répartition des sources d’énergie en France et dans le monde

Centrale CCG de Martigues - © EDF - Jean-Luc PetitPlus de 80% de l’énergie produite dans le monde provient des matières fossiles. La France en est cependant moins dépendante, principalement en raison de son important parc nucléaire. De son côté la part des nouvelles énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial est encore très faible : 1%.


 

Le mix énergétique primaire désigne la répartition de la production d’énergie primaire par source d’énergie. Il ne doit pas être confondu avec le mix électrique  qui désigne seulement la répartition des sources de production d’électricité (voire l’article et l’infographie ci-dessous).

La production d’énergie primaire dans le monde 

En 2010, d’après les derniers chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 12.717 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) ont été produites dans le monde (contre 12.292 Mtep en 2009).

Avec une part de 32,4%, le pétrole est la plus importante source d’énergie mondiale, devant le charbon (27,3%) et le gaz naturel (21,4%). Au total, les énergies fossiles permettent donc de produire 81,1% de l’énergie mondiale.

Les autres sources d’énergies les plus importantes sont les biocarburants et les déchets (10%) et le nucléaire (5,7%).

La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial est donc encore très limitée : 2,3% pour l’hydraulique et 0,9% pour les énergies nouvelles (géothermie, solaire, éolien…).

En 2010, 30.326 millions de tonnes de CO2 ont été émises dans le monde, soit près du double qu’en 1973 (15.367 millions de tonnes).

Si les énergies fossiles dominent le mix énergétique de la plupart des pays du monde, on observe tout de même certaines disparités. En raison de la taille de son parc nucléaire, qui lui permet de produire 75% de son électricité, la France est moins dépendante des énergies fossiles et émet moins de CO2 que la plupart des pays européens.

La répartition des sources d’énergie en France

D’après les chiffres publiés, 266,4 Mtep ont été consommés en France en 2011 : 117 Mtep d’électricité primaire, 83 Mtep de pétrole, 40 Mtep de gaz naturel, 17 Mtep d’énergies renouvelables thermiques et de déchets et 10 Mtep de charbon.

Les énergies fossiles permettent de produire la moitié (49,7%) de l’énergie consommée en France. Dans le détail, 31% de l’énergie primaire consommée provient du pétrole, 15% du gaz et 3,7% du charbon.

44 % de l’énergie consommée en France provient de la production d’électricité primaire. Les 6% restants sont issues de l’incinération des déchets, des biocarburants et des énergies renouvelables thermiques (bois, déchets de bois, pompe à chaleur, solaire thermique).

La France produit environ 1,1% de l’énergie primaire mondiale et 16,2% de l’énergie primaire de l’UE : elle a produit 139 Mtep en 2011, essentiellement issu de sa production d’électricité nucléaire (115 Mtep). L’hexagone produit environ 15% de l’énergie nucléaire mondiale.

Le taux d’indépendance énergétique de la France n’est cependant que de 53,5% sachant que les matières fossiles consommées en France sont importées. Ces importations expliquent la lourdeur de la facture énergétique du pays : plus de 60 milliards d’euros.

Pour rappel, en France, environ 44% de l’énergie est consommé dans le secteur du bâtiment et du tertiaire, 32% dans le secteur des transports, 21% dans le secteur de l’industrie et 3% dans le secteur agricole.

En savoir plus

Key World Energy Statistics 2012 (AIE, en anglais)

Chiffres clés de l’énergie 2012 (Commissariat général au développement durable)

Electricité dans le monde: production et émissions de CO2 (Infographie)

A l’échelle de la planète, les énergies fossiles (charbon, fioul et gaz) sont largement majoritaires dans la production d’électricité (67%) et posent un défi en matière de réchauffement climatique.


 

Les énergies utilisées pour produire l’électricité – le mix électrique de chaque pays – a un impact sur l’environnement.

Grâce à un mix électrique composé à 90 % d’énergies non fossiles (nucléaire et énergies renouvelables), la France a une production d’électricité qui n’émet quasiment pas de CO2. Elle est donc au total l’un des pays les moins émetteurs de CO2 , tous usages confondus.

À l’inverse, les pays ayant une majorité d’électricité produite à partir d’énergies fossiles (charbon, fioul, gaz), comme les États-Unis et la Chine, sont globalement plus émetteurs de CO2.

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→ Infographie sur L’électricité dans le monde (PDF)